Le voyant rouge

Si les Québécois sentent leur identité fragile à ce point, ce n'est pas à Jean Charest, quoi qu'il dise ou fasse, qu'ils confieront la tâche de la protéger.

Décidément, le cynisme de Pratte n'a plus de limite. (Vigile)


Défense de l'identité, promotion de la nation, plus de pouvoirs pour le Québec, défense du français: les recommandations préliminaires du groupe de travail du Parti libéral du Québec sur l'identité et le fédéralisme ont décidément un accent nationaliste prononcé. Lors du conseil général du PLQ en fin de semaine, plusieurs militants ont fait savoir aux dirigeants de la formation qu'ils ne souhaitaient pas suivre les péquistes et les adéquistes sur ce terrain-là. Ils ont raison.


«J'aimerais allumer un petit voyant sur le tableau de bord du PLQ, a dit l'un d'eux. Ce document pourrait être le manifeste de l'ADQ ou du PQ. Est-ce que nous nous identifions toujours comme les défenseurs du fédéralisme?»
«Nous n'avons rien à gagner politiquement en nous embarquant avec le PQ et l'ADQ dans une discussion identitaire. Ils seront toujours gagnants dans ce débat-là.»
À la traîne dans l'électorat francophone, le Parti libéral a constaté, comme le PQ, que Mario Dumont avait su profiter du malaise des Québécois au sujet des accommodements dits raisonnables. C'est ce qui a mené Pauline Marois à lever le tabou qui pesait sur le «nous». Et c'est pourquoi les libéraux sont tentés de se lancer, à leur tour, dans la surenchère identitaire.
Le PLQ commettrait là une grave erreur. Bien sûr, le parti doit défendre les valeurs et l'identité québécoises. Mais il ne se différenciera pas de ses adversaires s'il cultive ou profite de la méfiance de certains à l'endroit des minorités. Si les Québécois sentent leur identité fragile à ce point, ce n'est pas à Jean Charest, quoi qu'il dise ou fasse, qu'ils confieront la tâche de la protéger. Par conséquent, les libéraux doivent proposer au Québec une autre avenue, celle de l'ouverture déterminée aux autres, de la croissance de l'immigration (essentielle à notre prospérité) et d'une véritable corvée nationale visant à faciliter l'intégration économique, sociale et culturelle des immigrés.
Une stratégie perdante dans l'électorat francophone? Nous pensons au contraire que peu de francophones seraient restés insensibles à l'anecdote racontée vendredi soir par le premier ministre Charest, au sujet de sa visite dans une école multiethnique de Sherbrooke. Les adultes, a-t-il relaté, étaient tous conscients de la présence d'enfants parlant 22 langues différentes. Mais les jeunes, eux, ne voyaient rien là d'exceptionnel. «Nous avons le choix du regard que nous portons sur notre société, a souligné M. Charest avec émotion. Nous devons nous inspirer de ces enfants qui, eux, ne voyaient pas leurs différences.»
Alors que s'ouvre la consultation publique du gouvernement sur les taux d'immigration des prochaines années, le Parti libéral du Québec doit continuer de défendre, contre vents et marées, sa volonté d'augmenter le nombre d'immigrants. Il doit aussi s'efforcer d'apaiser les esprits dans la controverse sur les accommodements raisonnables. Le Parti québécois serait lui-même fidèle à ses principes en emboîtant le pas à ces démarches. C'est bien sûr une route plus difficile à parcourir que celle du populisme. Mais c'est la route que dictent les intérêts du Québec.
Parlant des valeurs libérales vendredi soir, Jean Charest a cité Claude Ryan. Les libéraux devraient méditer cette autre phrase de M. Ryan: «Quand il agit en harmonie avec ses convictions profondes, le Parti libéral n'hésite pas à faire sauter certains mythes. Il tient de sa longue tradition une foi profonde dans les valeurs de raison et d'intelligence en politique.»
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André Pratte876 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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