Le feu au c...

Par André Doré

Québec 2007 - la question nationale

Eh bien oui, j'ai le feu au c... ! Je suis tanné d'entendre les enfantillages des représentants des partis politiques, qui nous rebattent les oreilles avec ce que le voisin a fait ou n'a pas fait, ce qu'il devrait faire ou ne pas faire!
Ça me décourage, moi qui ai vu un parti politique jadis proposer un projet de société et se présenter avec un programme sans avoir peur de le rendre public, programme que nous étions prêts à défendre parce qu'il était solide et plein de bon sens.
C'était en 1970! C'était en 1976! Alors que nous n'avions pas peur de présenter notre option souverainiste, alors que nous savions ce que nous voulions être... On a déjà pointé une arme à feu sur moi au cours d'une campagne électorale: nous avions des convictions!
Depuis, l'option souverainiste a été diluée, elle a été mise en veilleuse. On ne l'a pas expliquée alors que nous avions des dizaines d'enseignants dans le Parti québécois au début des années 70. Nous avons manqué à notre devoir, nous avons été naïfs. Quels types de stratèges avons-nous engagés? Des amateurs!
Et encore aujourd'hui... Nous n'avons rien enseigné à nos enfants dans nos écoles. L'histoire et le français? Un fiasco.
Où est le projet, le rêve?
Entre-temps, de l'autre côté, nous avons eu des démagogues, des vendus (oui, il faut le dire), des carriéristes qui ont veillé sur leurs petits intérêts personnels et qui ont oublié les gens ordinaires. Quelle misère! Quel désastre!
Aujourd'hui, comme militant de la première heure, alors qu'à 16 ans déjà je distribuais des tracts presque en cachette, tracts qu'on allait cueillir dans un garage local en faveur du Ralliement pour l'indépendance nationale, le RIN, je me rends compte qu'on a oublié l'objectif. Ou peut-être qu'on l'a caché,
que nous en avions peur, que nous en avions honte.
J'ai travaillé pendant 25 ans au gouvernement du Canada. Je pense que j'ai fait plus que tous les politiciens réunis pour rapatrier un peu de nos impôts payés au gouvernement fédéral. C'est ce que j'ai mentionné, il y a longtemps, à mon ex-collègue péquiste François. J'ai été plus efficace que n'importe quel d'entre eux!
Voilà aujourd'hui qu'on nous présente une autre campagne électorale et qu'on nous sollicite de toute part. Mon parti -- du moins ce qui était mon parti jusqu'à aujourd'hui -- n'est même pas foutu de présenter un programme, un vrai, avec des points précis, des choses qu'on voudrait voir réaliser. Un projet de société! Un rêve! Gêné de présenter une plate-forme solide, celui qui devrait être mon chef n'est même pas à la hauteur.
Pour la première fois, je vois un Jean Charest que je n'aime pas... et qui attire pourtant mon vote. Un Mario Dumont qui a le courage de ses convictions, qui n'hésite pas à dire que tous les citoyens du Québec devraient être égaux et devraient se conformer aux lois: pas de cagoules, pas de passe-droits pour des raisons de religion.
Aujourd'hui, en cette campagne électorale, on me compte parmi les indécis. Et, pour la première fois, j'annulerai probablement mon vote.
Quand verrons-nous se former une solidarité qui nous permettra de viser un objectif commun? Quand serons-nous suffisamment forts pour nous tenir debout devant les épouvantails à la Dion? Quand serons-nous suffisamment fiers de ce que nous sommes, de nous affirmer?
J'abandonne! En effet, je crois que ce jour ne viendra pas. Et ce ne sera pas la première fois dans l'histoire qu'un peuple aura refusé de survivre et qu'il se sera suicidé. Oui, suicidé, littéralement. Par manque de conviction. Par manque d'honneur. Par manque de courage. Par manque de fierté. Par manque de leadership.
André Doré, Mont-Laurier


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