Le Couillard couillonné

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Couillard a subventionné Bombardier au détriment des intérêts québécois

La saga Bombardier est très loin d’être terminée, et Dieu sait qu’elle a été chargée en moments burlesques. Et ce n'est pas parce qu'on rit que c'est drôle...


Octobre 2015, le gouvernement Couillard a offert son soutien financier à Bombardier pour le nouveau modèle CSeries, de 100 à 150 sièges. L’investissement gouvernemental dépassait le milliard de dollars américains. Cet « exemple de bonne transaction », pour reprendre les mots de Philippe Couillard, est survenu peu après la vente du Cirque du Soleil (2015) et peu avant celle Rona (qualifiée par la ministre Anglade de « transaction bénéfique pour le Québec ») et de St-Hubert. Or, le gouvernement n’a pas jugé bon d’exiger que le siège social de Bombardier reste au Québec avant de sortir le chéquier...


Rappelons que le gouvernement n’obtenait alors aucune action dans Bombardier, mais plutôt 49,5 pour cent des parts d’une nouvelle société en commandite, majoritairement sous le contrôle de l’entreprise privée.


Le géant de l’aéronautique a par la suite annoncé la coupure de 7000 emplois, qualifiée par le premier ministre de signe d’une « nouvelle phase de croissance ». Puis, en mars 2017, ce fut la controversée hausse de la rémunération de ses hauts dirigeants, ajoutant l’insulte à l’injure.


Puis, septembre 2018, l’État américain impose des tarifs de 219,63 pour cent sur les avions de Bombardier, accusant l’entreprise d’avoir bénéficié de subventions, donc d’avoir pu vendre des avions à un prix anticoncurrentiel.


Or, d’ici quelques semaines, Bombardier remettra à la multinationale européenne Airbus le contrôle des CSeries pour 0 dollar, perdant son grand projet d’avenir. Pendant que les actions de Bombardier s’appréciaient de 160 pour cent, le placement québécois dans la CSeries a connu une perte de 58 pour cent. Lisez Michel Girard aujourd’hui, qui explique bien comment tout ça s’est passé.


La solution aurait pourtant été fort simple : acheter directement une partie des actions de Bombardier, plutôt que d’une société en commandite. Non seulement le Québec aurait pu bénéficier de la hausse de l’action de l’entreprise, mais l’État aurait aussi pu avoir voix au chapitre dans les décisions du géant du Québec Inc. Au lieu de cela, nous avons jeté de l’argent par les fenêtres. Bombardier a véritablement traité l’État québécois comme un bar ouvert. Ce n’est pas la première fois, et ce ne sera probablement pas la dernière.






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Simon-Pierre Savard-Tremblay174 articles

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Simon-Pierre Savard-Tremblay est sociologue de formation et enseigne dans cette discipline à l'Université Laval. Blogueur au Journal de Montréal et chroniqueur au journal La Vie agricole, à Radio VM et à CIBL, il est aussi président de Génération nationale, un organisme de réflexion sur l'État-nation. Il est l'auteur de Le souverainisme de province (Boréal, 2014) et de L'État succursale. La démission politique du Québec (VLB Éditeur, 2016).