Le choix d’Alexandre

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Le libéralisme est historiquement une valeur de gauche


Quelle excellente nouvelle que celle de l’arrivée d’Alexandre Taillefer dans le paysage politique québécois ! L’homme d’affaires qui s’est fait connaître du grand public avec l’émission Dans l’œil du Dragon prend aujourd’hui un risque de plus. Il choisit d’investir son temps et ses efforts dans la campagne électorale du Parti libéral du Québec.



Bien entendu, sa décision ne fait pas l’unanimité. Certains le traitent même d’opportuniste, mais ce sont ceux-là même qui donnaient le PLQ comme défait il n’y a pas si longtemps... Faudrait qu’ils se décident.



Des affinités claires



Au fil des dernières années, Alexandre Taillefer a fait des dons à tous les partis politiques, exception faite de Québec solidaire. Ceux qui s’en surprennent ne connaissent pas beaucoup d’hommes et de femmes d’affaires. C’est pourtant coutume chez les entrepreneurs de semer les appuis à droite et à gauche au gré des intérêts, des amitiés, mais aussi pour s’assurer de ne pas faire de jaloux.



En sautant aussi franchement sur la glace, monsieur Taillefer vient s’identifier clairement pour la suite des choses. Il choisit son camp, mais ça ne devrait pas vraiment être une surprise. On voit mal Alexandre Taillefer, l’homme du numérique et l’investisseur visionnaire, expliquer que l’avenir commence par l’érection de nouvelles frontières, la renégociation de toutes les ententes de commerce dont le Québec bénéficie et la construction d’un nouveau pays. 



Quand Alexandre Taillefer dit que les positions progressistes de Philippe Couillard le rejoignent, il exprime tout haut ce que de nombreux libéraux pensent tout bas.



Parce que ce progressisme, il existe et il anime les troupes libérales. Quand on pointe la supposée austérité du doigt pour discréditer les propos de monsieur Taillefer, on se trompe largement. 



Le Québec de dernières années est bien loin d’avoir vécu les différentes mesures d’austérité mises en place à l’étranger. Est-ce qu’on a vu chez nous une baisse de 25 % du salaire des fonctionnaires comme c’était le cas en Roumanie ? Non. Est-ce qu’on a réduit de 10 % les budgets des ministères comme en Italie ? Non. Est-ce qu’on a vu un ralentissement important de l’économie et de la consommation ? Re-non. 



Ce qu’on a vu au Québec, c’est plutôt la mise en place de mesures responsables de contrôle des dépenses. Et ces mesures sont celles qui permettent aujourd’hui au gouvernement d’équilibrer son budget, d’avoir plus de flexibilité, de proposer des mesures en faveur des familles et de financer des projets nécessaires à la poursuite du développement du Québec.



L’avenir du PLQ



En faisant son annonce, Alexandre Taillefer a également affirmé qu’il souhaitait « influencer le parti et le ramener plus proche des grandes valeurs qui l’ont motivé dans les années 60 et 70 ». 



Eh bien BRAVO !



Tous les partis politiques devraient avoir la chance de pouvoir compter sur des militants qui croient qu’ils peuvent faire une différence et faire avancer les choses. Auriez-vous préféré une organisation sclérosée qui refuserait l’arrivée de sang nouveau, qui craindrait les débats et qui choisirait le statu quo ?



Les libéraux ont toujours accepté de brasser des idées. Ils font la part belle à leur aile jeunesse, ils accueillent des propositions ambitieuses et sont prêts à rêver un Québec plus vert, plus novateur et plus performant.



Pour la petite histoire, les valeurs dont parle Alexandre Taillefer sont celles des libertés individuelles, du développement économique, de l’identification au Québec, de la justice sociale, du respect de la société civile, de l’attachement à la démocratie, de l’appartenance canadienne et de l’équité intergénérationnelle.



Quand un entrepreneur de la trempe d’Alexandre Taillefer choisit de se faire le défenseur de ces valeurs et qu’il veut les ramener au centre du débat public, c’est une excellente nouvelle. 



Par-dessus tout, il faut y voir la preuve qu’on peut encore intéresser des candidatures de qualité à la politique et que le cynisme n’a, en fin de compte, pas totalement gagné la partie.