Le Bloc invite le ROC à laisser les Québécois discuter entre eux

8629d2e0bd2ebe3dd6862f69d2f36a72

De la pertinence du Bloc...


Le Bloc québécois entend bien utiliser le débat sur la laïcité pour se faire valoir en campagne électorale cet automne. Et d’ici là, il invite le Canada anglophone à ne pas s’immiscer dans cette joute qui ne concerne, à son avis, que le Québec.


Le Bloc a placé une publicité sur un large panneau publicitaire d’Ottawa disant « Quebec knows what’s right for Quebec. Thank you. » (Le Québec sait ce qui est bon pour le Québec. Merci). L’affiche est située à la jonction de l’autoroute permettant de se rendre à Toronto et de la voie conduisant à l’aéroport d’Ottawa, deux chemins que la plupart des députés fédéraux non-Québécois sont susceptibles d’emprunter chaque semaine.


Cette affiche s’accompagne d’une campagne publicitaire sur les réseaux sociaux et d’une lettre ouverte envoyée aux médias anglophones. Le Bloc y retrace les démarches de sécularisation du Québec, de la sortie de l’église catholique des hôpitaux et écoles pendant la Révolution tranquille à la déconfessionnalisation des commissions scolaires.


« L’arrivée de nouveaux arrivant de plusieurs différentes confessions a fait revivre le débat, peut-on y lire. […] Les Québécois n’ont pas demandé à l’église catholique de se tenir à l’écart des affaires de l’État et dans la sphère privée pour faire plus d’espace aux autres confessions à la place. »


Un cheval de bataille ?


Le Bloc québécois se réjouit d’être le seul parti politique fédéral à appuyer la loi du gouvernement de François Legault sur la laïcité. « Le seul parti qui n’est pas divisé quant à la loi sur la laïcité au Québec, c’est le Bloc québécois et le Bloc québécois se trouve à avoir une position qui est partagée par 65-70 % des Québécois », a fait valoir le chef, Yves-François Blanchet, en conférence de presse. « Ça permet d’avoir des positions campées, et les Québécois pourront faire leur choix. »


En fait, au Parti libéral, tous semblent d’accord avec Justin Trudeau pour s’opposer à la loi 21. C’est plutôt du côté du Parti conservateur et du NPD, officiellement opposés à la loi, que des voix québécoises discordantes se font entendre.


Le député conservateur Alain Rayes a déclaré cette semaine que « le gouvernement de la CAQ a été élu de façon tout à fait légitime. C’était une promesse. Et il a toute la légitimité pour la réaliser. Et moi à titre personnel, je pense que c’est un projet dans lequel, que le gouvernement est capable de trouver un compromis acceptable pour que les gens puissent se sentir bien dans tous les sens. »


Au NPD, Pierre Nantel a soutenu au Devoir que la position de son chef Jagmeet Singh n’engageait que lui personnellement et pas le parti.


M. Blanchet compte-t-il faire de la laïcité un sujet central de la campagne électorale bloquiste cet automne ? « Ce n’est pas un cheval de bataille qu’on va choisir, c’est un cheval de bataille que l’actualité nous impose, répond-il. […] Mais clairement, le dossier de la laïcité sera important. »


« Au bout d’un certain nombre d’années, ajoute-t-il, et alors que l’Assemblée nationale du Québec est enfin dans une position pour régler un débat qui dure depuis de nombreuses années, je pense que les Québécois seront extrêmement contrariés si Justin Trudeau et Ottawa empêchent la conclusion et l’adoption d’une loi québécoise sur la laïcité. »


M. Blanchet demande à Ottawa de ne pas utiliser de fonds publics pour financer une éventuelle contestation judiciaire de la loi 21, même pas par le truchement du Programme de contestation judiciaire. En coulisses, une source libérale a récemment indiqué au Devoir que le gouvernement n’avait pas l’intention de le faire puisqu’il n’arrive presque jamais qu’Ottawa s’implique en première instance dans la contestation d’une loi provinciale s’il n’est pas question de partage de compétences. Toutefois, les ministres libéraux ont rappelé que le Programme de contestation judiciaire est autonome et décide par lui-même des causes qu’il finance.