Langues officielles: le bilinguisme de servilité fait des progrès au Québec

L’unilinguisme anglais progresse partout au Canada et le bilinguisme est à sens unique

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Jusques à quand encore ?

Le bilinguisme retarde de quatre ans et demi l'apparition de diverses formes de démence montrent des études récentes dans la revue Neurology. On savait déjà que ceux qui parlent régulièrement plus d’une langue repoussent l'apparition de la maladie d'Alzheimer de plusieurs années. Parler plus d'une langue semble favoriser le développement de la zone du cerveau responsable du raisonnement et de l'attention.
Des informations comme celles-là publiées régulièrement devraient stimuler le bilinguisme chez les Canadiens de souche anglo-saxonne. Pourtant, il recule partout dans le reste du Canada en général et dans les institutions fédérales en particulier. Les Québécois francophones sont, eux, de plus en plus bilingues. Comme les immigrants, ils apprennent l’anglais pour pouvoir se trouver un emploi. Mais les «Canadians of british extraction» ne voient pas de raison d’apprendre une autre langue et, en particulier, la prétendue deuxième langue officielle du pays.
Le mépris
Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, dans son septième rapport annuel constate des évidences. L’unilinguisme anglais progresse partout au Canada et le bilinguisme est à sens unique. Les francophones deviennent de plus en plus bilingues (pour servir leur maître anglais dans leur langue?) et les anglophones, de plus en plus unilingues. Sans doute, en partie, pas mépris pour le peuple de valet soumis.
Fraser met en cause des décisions du gouvernement Harper pour l’érosion constante du bilinguisme qu’il observe dans les institutions fédérales. Le fait est qu’il n’y a plus aucune raison, aucune motivation politique à Ottawa de favoriser l’usage du français. Les conservateurs ont fait leur deuil du Québec. Ils savent qu’ils peuvent se faire élire et gouverner sans problème tout en se fichant totalement du Québec francophone en déclin démographique. L’immigration fait son œuvre au Québec.
Le triomphe du chinois
Le reste du Canada sait que la menace de séparation du Québec est disparue à jamais avec l’échec du référendum de 95 et l’extermination du Bloc Québécois par les électeurs francophones aux dernières élections fédérales. Le Canada anglais est convaincu que le Québécois francophone vieillissant se complait dans sa médiocrité confortable, indifférent à son avenir en tant que peuple. Pourquoi alors accommoder cette minorité en voie de disparition? Les sinophones vont bientôt être plus nombreux qu’eux au pays.
Même au Parlement fédéral, c’est en anglais que ça se passe. On exclut le français des séances d’information des parlementaires sur des projets de loi. Aux Communes de nombreuses questions posées en français reçoivent une réponse en anglais du gouvernement Harper. Pourquoi pas. Tout le monde comprend l’anglais! Le commissaire Frazer constate que le français est ignoré quand il n’est pas carrément méprisé à Air Canada, à Postes Canada, à la Défense nationale et à l'Agence des services frontaliers. La situation était déjà pathétique lorsque j’étais correspondant à Ottawa à la fin des années 80. Alors, j’imagine comment ça doit être maintenant.
L'aplatventrisme
Mais qu’on se rassure le bilinguisme est scrupuleusement respecté au Québec. Les anglophones sont toujours ici assurés d’obtenir un service empressé et impeccable dans leur langue. Que voulez-vous c’est une manifestation de notre serviabilité et de notre servilité empressées. Un Canadien français «aplatventriste» dort dans de nombreux Québécois, particulièrement chez les plus âgés et les moins éduqués: «Moé, messieur j’chu fier d’ête bilingue/ Proud to be bilingual. How can I help you Sir?»
Graham Fraser rêve en couleur lorsqu’il demande au gouvernement Harper, à l'approche du 150-ième anniversaire de la Confédération, d’encourager le bilinguisme institutionnel ailleurs qu’au Québec et autant en faveur des Francos que des Anglos.
Que voulez-vous que Fraser fasse d’autre? Il est le commissaire aux langues officielles. Il doit faire semblant de croire que le Canada est un pays bilingue.


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