La réduction d'une langue: Anglaid

Tribune libre

Il y a quelques minutes je lisais dans Le Devoir d’aujourd’hui, jeudi le 7 mai 2009, à la page A 7, un texte de Daniel Grenier dont le titre est La réduction d’une langue au sujet d’un livre de Michel Brûlé, Anglaid. Je n’ai pas lu ce bouquin de Michel Brûlé.
Toutefois, le ton et l’intolérance manifeste exprimés par Daniel Grenier se disant doctorant en études littéraires à l’UQAM, me donne envie justement de lire cet ouvrage. La langue française, manifestement en déclin au Québec, surtout dans la région de Montréal, a besoin de tous ceux qui veulent la défendre, bec et ongles si nécessaire. Cet ’’écrivain’’ doctorant semble oublier une chose très importante et pourtant essentielle dans la langue principale d’une ethnie, en l’occurrence , la nôtre : le bilinguisme généralisé est l’antichambre de l’assimilation. L’expérience de maints pays colonisés en fait foi. Le colonisateur, ici l’anglo-saxon, fait tout ce qu’il peut pour forcer le colonisé à parler sa langue.
M. Daniel Grenier, autoproclamé doctorant, aurait intérêt à s’instruire en histoire. Il aurait aussi intérêt à lire L’histoire criminelle des Anglo-Saxons (de Normand Rousseau, éditions Louise Courteau). Il apprendrait qu’au-delà de l’histoire tronquée que les anglophones racontent d’eux-mêmes et qu’ils veulent nous enseigner (via le gouvernement collabo de Charest), ils sont dans l’Histoire réelle, les envahisseurs les plus meurtriers que la terre ait connue. M. Daniel Grenier, suivant en ça les réflexes évidents de colonisé défend lui aussi la langue de l’oppresseur.
Je ne discute pas ici des qualités littéraires de Anglaid que je ne connais pas comme je l’ai mentionné au début de cette lettre mais du ton réducteur et des idées étroites de colonialisme véhiculés par ce doctorant. Heureusement que ce monsieur ressent une petite montée nationaliste lorsque qu’il marche sur la rue Ste-Catherine et qu’il n’entend que de l’anglais. Ça, ce n’est que le début. Attendez que la proportion dans tout le Québec du français soit en dessous de l’anglais, et ça ne saurait tarder avec des gens comme M. Grenier, on va se faire cracher dessus ouvertement et ce sera notre condamnation à mort. Je ne suis pas contre le fait d’apprendre une autre langue, au contraire.
En voyageant à travers le monde j’ai pu apprendre des rudiments d’allemand, de chinois et de viêtnamien. Ça ne m’a rien enlevé de ma langue maternelle sauf qu’être obligé d’apprendre la langue du conquérant dans mon propre pays pour travailler est un scandale, un génocide culturel encouragé par les plus soumis de mes compatriotes colonisés.
Ivan Parent

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Pianiste pendant une trentaine d'années, j'ai commencé
à temps partiel d'abord à faire du film industriel, de la vidéo et j'ai
fondé ma compagnie "Les Productions du LOTUS" Les détails seront visibles sur mon site web.
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6 commentaires

  • Jean-François-le-Québécois Répondre

    10 mai 2009

    @ Sylvain Racine:
    Je ne suis pas un «boomer», non. Je suis de la même génération que toi, mais je ne partage pas ton opinion.
    Nous serions donc colonisés? Mais, le référendum de 1995 nous a été volé, rien de moins! Environ 30 000 personnes, qui n'auraient pas dû voter, ont pu le faire cette journée-là, grâce à une magouille orchestrée notamment par Jean Chrétien et feu Jean Pelletier!

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    9 mai 2009

    Brûlé se défend ; Dhavernas(PLC) en remet… Pendant que l’auteur de ANGLAID précise en lettre au Devoir comment le critique Cornellier l’a délibérément fait paraître raciste par citations tronquées, le comédien candidat battu du PLC Dhavernas en remet en prétendant que l’anglais n’a pas plus d’influence dans le monde que le français, l’arabe, le chinois.
    Pendant que les armées américaines et anglaises font la loi sur tous les continents, il trouve intorérable que les cultures minoritaires protestent contre l’envahissement continuel des impérialistes sur les cultures menacées de domination. Son indignation s’exprime dans cette comparaison : ( La Presse 9 mai page Plus 5 Forum)
    « Imaginez qu’un Torontois publie un livre intitulé FRENSHIT, quel tollé on entendrait ! »
    D’abord, en parfait collabo, il leur met le titre dans la bouche. Ne se rend pas compte que ce geste impérial envers une minorité aucunement menaçante manifesterait un mépris injustifié alors que l’inverse, le coup de gueule du petit au gros n’est que légitime défense qui est d’ailleurs en général ignoré carrément par les envahisseurs habitués à recevoir des tomates. Puis, servile à son maître le Tsar Ignatief, le candidat défait re-lèche la main du conquérant :
    « L’anglais est une culture riche et qui nous a apporté entre autres choses la démocratie moderne, le parlementarisme, la culture scientifique(Darwin) culture artistique…nous ne pourrons pas obtenir le respect sans respecter ceux qui nous entourent… »
    Cette cassette souvent résumée par l’affirmation que la conquête a apporté la civilisation aux Canadiens français abandonnés par la France, Dhavernas la gonfle d’arguments réfutables : Si la démocratie moderne fit irruption en Grande Bretagne(libertés individuelles) elle aurait sans doute avorté sans les développements révélés par la Révolution française(indépendance du peuple), tout comme pour le parlementarisme, sans l’esprit des Lumières, Montesquieu et L’esprit des Lois. Quant à la culture scientifique, pas besoin de chercher même sur le net pour se rappeler des noms comme Curie, Pasteur et qui encore ?… Après l’anglais le déluge, M. Dhavernas… ce qui n’enlève rien au talent de sa fille Caroline comédienne parfaitement bilingue et « successful ». Pas besoin de couper les ailes à sa culture vacillante pour autant…
    Quant au respect, le dénationalisé ne remarque pas les salves « irrespectueuses » lancées sur nous ces jours-ci par BayStreet : la Bourse kidnappée, les sièges sociaux délocalisés, la Caisse de Dépôt piratée, les parodies d’admission d’immigrants lors des référendums, les tricheries sur les lois électorales, les attaques sur la loi 101, les infractions à la loi de l’instruction publique pour les ethnies chouchou, les inéquités dans les constructions d’hôpitaux, les publications médiatiques, et on s’essouffle à dresser la liste…

  • Archives de Vigile Répondre

    9 mai 2009

    Suite de ce qui précède
    Il se trouve que Voltaire, lui-même admirateur par ailleurs de l'Angleterre, n'appréciait pas la langue anglaise ni même le génie de Shakespeare. Ce n'est pas nouveau que les francophones trouvent la langue anglaise pauvre et laide. Le français a longtemps été pour cela la langue de la diplomatie et de l’échange politique et culturel. On peut à bon droit le penser, voire le dire. Ce ne serait qu'un moyen parmi d'autres de combattre plus efficacement l'attraction et le pouvoir trébuchant et sonnant de la séduction de l'anglaid qui participe à son ascendant partout dans le monde, jusqu'en France où c'est très « cool » maintenant d'en truffer ses phrases à qui mieux mieux et très « fun » de se laisser envahir sans retenue par la musique anglophone.
    - Vigile-2009 05 02-L’anglaide et superbe majesté majuscule du JE impérialiste
    - dans jesignequebec.com ma lettre ouverte à Louis Cornellier à ce sujet.

    Signez et endossez le contenu de Lettre ouverte-2009 05 02-À Louis Cornellier
    ANGLAID - La mauvaise croisade de Michel Brûlé – Vraiment !?

  • Archives de Vigile Répondre

    9 mai 2009

    M. Sylvain Racine s'empresse de mépriser les Québécois qui seraient colonisés au point de ne pas être capables de fonder l'État souverain qu'ils désirent, se contentant de haïr des Anglais.
    C'est faire peu de cas de deux éléments essentiels de la donne.
    - De un, le Canada s'impose d'autorité et de force unilatérale depuis 250 ans cette année. Oui, nous avons été Conquis, puis colonisés, traités comme une Colonie sous tutelle militaire, politique, économique, sociétale et culturelle d'un Empire monarchique de droit divin, sans jamais que cet État ne se soumette nommément aux voix libres et démocratiques de la volonté libre du peuple souverain du Québec. Le Canada est l'héritier direct des États qui se sont sans rupture succédés depuis et jusqu'à aujourd’hui via le rapatriement unilatéral de la Constitution de 1982 rejeté par l’Assemblée nationale du Québec et jamais non plus nommément soumise aux voix du peuple souverain du Québec.
    - De deux, cet État du Canada imposé de force et d'autorité profère des menaces de représailles économiques, politiques, sociétales et culturelles quand il est soumis aux voix du peuple souverain du Québec la démocratique fondation de l'État souverain qu'il espère.
    Les anglophones ou tout autre observateurs qui oublient ce fait s'empressant de mépriser le peuple démocratique, pacifiste et souverain du Québec insultent les Colonisés que nous sommes, et par là ne se grandissent pas en nous rabaissant ainsi.
    Oui nous avons été par la force des armes, dans l'incendie, le bombardement, le pillage et le meurtre, colonisés, nous sommes toujours sous tutelle unilatérale contre notre gré et sujet de constantes menaces de représailles proférées sans retenues tout en se prétendant libre d’adhérer à ce qui est un enfermement abusif et débilitant.
    Comme si on pouvait à bon droit, à l'époque de l'esclavage des noirs aux États-Unis, blâmer les esclaves de ne pas s'affranchir alors que le pouvoir en place les menaçait de toutes sortes représailles, les faisant fugitif à vie ou obligés de quitter le pays. Le Québec tout entier ne peut déménager hors le continent pourtant. A-t-on idée de considérer le statut d'esclave comme une insulte aux esclaves supposés trop lâches pour s'affranchir ? Voilà ce que l'on fait en brandissant notre statut de colonisé comme une insulte qui se retournerait contre nous de surcroit en plus qu’il nous faille subir la tutelle. Comme si la victime en était responsable, comme si l’abuseur n’avait pas de responsabilité. Comme si l’existence même de la femme justifiait le viol.
    Et... dans ce processus d'affranchissement, il n'est pas question d'haïr les anglais. Et, s'il est question de détestation, il est question d'haïr l'impérialisme anglais, le colonialisme anglais la tutelle anglaise, l’abus d’autorité des autorités anglaises aujourd’hui canadiennes. Ce qui est à distinguer des « personnes » d'origine anglaise ou descendants des anglais, ce qui est à distinguer des anglophones qui ne partagent pas ce colonialisme qui se déploie toujours contre nous et contre nos voix.
    Manifester de l'amitié pour eux ne veut pas dire qu'il faille abonder dans le dénigrement de ce que nous sommes pour autant cependant. Se dissocier du colonialisme anglo ne consiste pas seulement à parler français au Québec et favoriser son apprentissage par les anglais de l'extérieur du Québec.
    On pouvait vivre dans un pays esclavagiste tout en se dissociant de cette pratique et politique, mais nul ne pouvait ce faisant en profiter pour blâmer les esclaves de ne pas s'affranchir pour autant.
    Suite ici-bas

  • Martin Lavoie Répondre

    8 mai 2009

    Il n'est pas du tout question de détester les Anglais, il est question de se protéger d'un impérialisme. Que des individus fassent l'effort d'apprendre le français est une question d'intérêt personnel et d'intelligence , de la même façon qu'apprendre l'espagnol ou d'autres langues. Nous voulons protéger quelque chose et nous connaissons l'envahisseur. L'intensité de la réaction de Michel Brûlé correspond à l'intensité du danger. J'ai lu le livre à la suite du commentaire de Martineau dans le journal de Montréal et j'accepte la vision de Brûlé face à l'ignomineuse et intolérante façon par laquelle on nous impose ce colonialisme Anglo-Saxon. Je ne réclame pas en geignant sur mon sort la protection du Français. je l'impose en sachant la nécessité de le faire, ce qui ne m'empêche nullement de m'exprimer en Anglais en maintes occasions. Et c'est ce que je ressens dans l'action de M. Brûlé qui pousse à l'extrême son analyse, je l'avoue, mais qui provoque un débat nécessaire.

  • Archives de Vigile Répondre

    7 mai 2009

    Il y a définitivement un problème de perception entre générations en ce qui a trait à la langue. J'en parle cinq et personnellement, l'anglais est loin d'être ma préférée. Par contre, il faudrait arrêter de diaboliser cette langue simplement parce que les Québécois et les Québécoises ont pris la décision à deux reprises de demeurer colonisés. Beaucoup d'anglophones à Montréal parlent aussi le français, et ce que j'ai pu constater est que plusieurs d'entre eux le parlent même mieux que bien des Québécois.
    J'ai eu l'expérience un jour de voir une entreprise anglophone payer des cours privés de français à leurs avocats provenant de d'autres provinces canadiennes. J'ai personnellement enseigné un peu de français pour quelques uns d'entre eux. J'ai vécu sur le plateau où il y avait aussi plusieurs anglos provenant d'autres provinces du Canada qui aiment Montréal, qui faisaient des efforts pour apprendre le français. J'en ai rencontré plusieurs qui étaient même séparatistes. J'en ai aussi vu qui nous méprisaient parce que les Québécois et les Québécoises ont dit non à DEUX reprises pour faire un pays et que l'ont continue à être a "pain in their ass". Et je suis d'accord avec eux.
    En 2009, les "Anglais" du Royaume-uni en ont tellement rien à foutre des Québécois, probablement pas plus des Canadiens anglais. Les Québécois agissent en colonisés et ont pris la décision de demeurer colonisés. Arrêtons d'accuser "les Anglais", c'est une honte.
    Et ce qui est une autre honte, c'est d'avoir élu Jean Charest pour une deuxième et une troisième fois, d'avoir fait un cirque avec les accommodements raisonnables. C'est d'accuser "l'autre" pour notre sentiment d'être pris pour des colons alors que si l'on regarde le Québec depuis 2003, une bonne partie de la population agit, malheureusement, comme des colons. Aussi simple que ça!
    Mes chers amis babyboomers, la langue pour ma génération n'est plus un argument de poids pour faire l'indépendance. Pas plus que l'argent. Ça doit être plus que ça. Personnellement, je ne veux pas me séparer en haïssant les Anglais et l'anglais. C'est totalement puérile.