L'histoire et la vérité

Coalition pour l’histoire


Le débat sur l'enseignement de l'histoire perdure avec raison depuis l'implantation de la réforme au secondaire et plus particulièrement depuis la révision du cours d'histoire nationale maintenant prodigué en 3e et 4e secondaire. Dans ce débat, qui me semble polarisé entre un clan nationaliste et un clan valorisant l'histoire dite sociale, certains faits mériteraient d'être rectifiés.
Comme le mentionne avec justesse M. Robert Comeau, l'approche privilégiée pour les cours d'histoire et d'éducation à la citoyenneté engendre une répétition inutile de notions sur deux années (approche chronologique en 3e et par thèmes en 4e). Cette approche ne prend en compte aucunement les revendications de plusieurs enseignants en histoire qui réclamaient (bien avant la réforme) une répartition du programme sur deux années avec une approche chronologique. Ainsi, en troisième secondaire les élèves couvriraient les notions concernant les Premières Nations jusqu'au milieu du XIXe siècle (Acte d'union de 1840) et en quatrième secondaire de l'Union jusqu'à aujourd'hui.
Par ailleurs, M. Laville et Mme Dagenais ont raison d'affirmer que l'enseignement de l'histoire n'a pas à être à la remorque d'un projet politique, mais ces derniers auraient intérêt à aller relire les programmes d'étude afin de mieux cerner l'espace accordé à l'histoire dans le cours Monde contemporain. En effet, mentionner que le cours Monde contemporain en cinquième secondaire constitue un cours d'histoire est tout à fait erroné puisque ce dernier se veut plutôt une analyse du monde moderne sous l'angle de cinq thématiques (gestion de l'environnement, les mouvements de population, le pouvoir des États, la répartition de la richesse et les interventions dans les zones de conflits). Ces thématiques font l'objet d'analyses à l'aide de quatre domaines des sciences humaines, soit la géographie, l'histoire, les sciences politiques et l'économie. Quant au cours d'histoire du XXe siècle, il demeure cantonné en option lors de la dernière année du secondaire privant ainsi une majorité d'élèves de ses lumières si vitales à la compréhension du monde actuel.
En définitive, ne perdons pas de vue que l'histoire doit être au service de la vérité et non pas d'un quelconque projet politique qu'il soit nationaliste ou visant à la construction d'une société multiculturelle et consensuelle.
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Jean-Philippe Fortin, Enseignant en histoire et Monde contemporain au collège Laval - Laval, le 5 mars 2012

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