L’entêtement de Justin Trudeau

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PeeWee jusqu'au trognon

Canada à vouloir imposer la date butoir du 1er juillet 2018 pour légaliser le cannabis ? Nous pourrons ainsi entrer dans le Livre Guinness des records, car le Canada sera le seul pays du G7 et du G20 à légaliser cette drogue. L’Uruguay, un tout petit pays, est le seul autre à l’avoir fait dans le monde, mais avec prudence, en échelonnant son application sur trois ans.


Justin Trudeau, pour sa part, est intraitable. Ce sera le jour de la fête du Canada en 2018, point barre ! Sa fermeté nous déconcerte. Ce faisant, il affronte les réticences des provinces, dont le Québec où le gouvernement et l’opposition demandent un délai d’un an dans l’application de la loi. Justin Trudeau écarte les mises en garde des corps policiers, des pédiatres, des psychiatres, des éducateurs et surtout des parents.


Mais pourquoi Justin Trudeau considère-t-il que cette promesse électorale doit être réalisée envers et contre tous, alors qu’il en a laissé tomber tant d’autres depuis son arrivée au pouvoir ?


Blocage


Pour comprendre ce blocage de Justin Trudeau, il faut peut-être recourir à la psychologie des profondeurs, interroger Sigmund Freud, en fait, car aucun argument politique n’est valable pour nous éclairer.


Le premier ministre veut se démarquer du passé, c’est bien connu. N’a-t-il pas décrété que le Canada, sous sa gouverne, est le premier pays postnational au monde ? Ce qui signifie que le passé n’est plus garant de rien. Exit les peuples fondateurs (sauf des autochtones), exit l’histoire commune, les valeurs communes et, bientôt, exit le Québec distinct et ses avantages culturels, et exit l’identité définie par l’histoire. Oublions la mémoire collective. En ce sens, le fils rompt même avec le père.


Table rase


Justin Trudeau est le roi de la politique des apparences. Son entourage n’est composé que de gens de sa génération. Il valorise dans sa quête d’être original à tout prix ce qu’il croit être la quintessence du progrès. Il est donc ouvert à toutes les expressions de ce qu’il croit être le progrès social. En fait, il veut faire table rase des vieilles idées de vieux dépassés.


Il est le superman de l’ouverture d’esprit, de l’affranchissement moral et social. Il veut imposer une image du Canada, pays de la « coolitude ». Il anticipe le 1er juillet 2018 afin que des milliers, sinon des centaines de milliers de Canadiens fassent apparaître le mythique Woodstock des hippies des années 60 comme une fête paroissiale. La prochaine fête du Canada sous cannabis sera l’apothéose de sa gouvernance alors qu’il allumera non pas le flambeau de la tombe du Soldat inconnu, mais son premier joint dans la légalité.


Espérons que, dans l’effet euphorisant de cette drogue douce, le Parlement ne disparaisse pas sous la fumée blanche et que les participants se souviennent encore des paroles de l’« Ô Canada ! » qu’ils chanteront en anglais pour ne pas avoir à prononcer, en français, « Ô Canada ! Terre de nos aïeux », référence qui insulte le multiculturalisme de superman.