L'échappisme

Rentrée parlementaire


Le chef de l'opposition officielle, André Boisclair, a fait son entrée à l'Assemblée nationale en répétant qu'il voulait expliquer aux Québécois le " pourquoi " de la souveraineté au lieu de perdre son temps avec le " comment ". Les Québécois ne doivent pas laisser les souverainistes échapper à leurs responsabilités grâce à ce tour de passe-passe.
M. Boisclair a le devoir moral de se présenter devant l'électorat en lui disant, dans les grandes lignes, comment un nouveau gouvernement péquiste compte mettre en place les conditions gagnantes pour le référendum à venir. Le " comment " de la souveraineté, ce n'est pas seulement de la " stratégie ", comme le soutenait lundi Gilles Duceppe, ou une " question technique ", tel que l'a prétendu hier le chef du PQ. Le " comment ", c'est le bateau dans lequel un gouvernement péquiste embarquerait les Québécois dès après sa victoire électorale.
Pendant la " saison des idées ", Jacques Parizeau avait écrit: " Maintenant, on attend de ceux qui, au Québec, auront à réaliser la souveraineté du pays, qu'ils nous disent comment ils ont l'intention de s'y prendre. " Que répond aujourd'hui André Boisclair à Jacques Parizeau?
Le leader péquiste n'aime apparemment pas ce que disait à ce sujet le programme adopté l'an dernier, bien qu'il lui ait juré fidélité; cela ne le dispense pas de dire ce qu'il propose de faire à la place. Un gouvernement Boisclair dépensera-t-il les fonds publics pour promouvoir la souveraineté? Nommera-t-il un ministre responsable de l'accession à la souveraineté, comme le proposaient le programme et Pauline Marois? Lancera-t-il une offensive diplomatique pour convaincre les pays étrangers de reconnaître le résultat du référendum?
On ne l'a pas encore remarqué: en rayant le chapitre 1 du programme du Parti québécois, André Boisclair a évacué non seulement le " comment " mais aussi le " quoi ". Quel projet de souveraineté présentera le PQ aux Québécois lors d'un troisième référendum? Y aura-t-il oui ou non une proposition de partenariat avec le reste du Canada? M. Boisclair pense-t-il, avec François Legault, que " la souveraineté-association, ça n'existe pas "? Qu'arriverait-il le lendemain d'un référendum sur la souveraineté, une déclaration rapide d'indépendance ou bien, comme le conseillait Louis Bernard, " une période de préparation de la souveraineté et de négociation avec le Canada"?"
Le " pourquoi " de la souveraineté est bien sûr important, mais il ne doit pas permettre à André Boisclair de s'échapper par une porte dérobée sans répondre à toutes ces questions portant sur le " quoi " et le " comment ". À moins que M. Boisclair n'ait l'intention de demander aux Québécois le mandat de préparer un projet imprécis, selon un échéancier inconnu, suivant des modalités indéterminées.
Sur le " pourquoi " enfin, M. Boisclair et son équipe ont de toute évidence du boulot à faire. Hier, le chef de l'opposition a expliqué que " la souveraineté, on la veut parce qu'il y a trop de monde qui attend sur des listes d'attente, parce qu'il y a trop de monde qui n'ont pas accès à des services éducatifs de qualité ". Les Québécois apprécieront de savoir pourquoi le Québec a besoin de l'indépendance pour régler des problèmes qui relèvent déjà de sa compétence exclusive. Et par quel miracle, devenu indépendant, le Québec trouverait en ces matières des solutions qui ont jusqu'ici échappé à la très grande majorité des pays souverains.

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André Pratte876 articles

  • 262 011

[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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