Hydro nage dans les profits

La société d'État dégage un bénéfice de 2,6 milliards en six mois

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Hydro-Québec a engrangé au cours des six premiers mois un bénéfice net de 2,6 milliards, mais cette performance, a déclaré hier la société d'État, s'explique par un gain ponctuel de 806 millions réalisé en vendant sa grosse participation dans la compagnie chilienne Transelec.
Le producteur hydroélectrique verse généralement au gouvernement québécois un dividende de 50 % sur son bénéfice annuel. Or, puisque le dividende remis à Québec découle des activités poursuivies, le sort des gains ponctuels liés à la vente d'actifs à l'étranger cette année n'est pas encore fixé, a dit Hydro-Québec.
«Ça va aller à la fin de l'année. Il y a toujours des discussions entre Hydro-Québec et son actionnaire au sujet du dividende, mais il est trop tôt pour statuer sur cet élément-là», a dit le directeur des finances, Daniel Garant, lors d'une conférence téléphonique. «Je ne dis pas qu'il n'y aura pas de dividende plus élevé ou moins élevé, ce que je dis c'est qu'on ne statue pas là-dessus après six mois, mais après un an.»
La vente de la participation dans Transelec s'inscrit dans une volonté de «redéployer le capital qui était à l'international vers nos activités ici», a dit M. Garant. La vente d'actifs entamée en 2005 est presque terminée.
En plus du gain de 806 millions réalisé grâce à la vente au Chili, Hydro-Québec a réalisé un gain de 40 millions en disposant d'actifs au Panama, de 30 millions au Pérou et de 29 millions en se départant de sa participation dans la ligne sous-marine Cross-Sound Cable. Elle a vendu, à perte, ses intérêts au Costa Rica et en Australie.
Des profits même sans les gains
Le bénéfice net de 2,6 milliards au premier semestre représente une hausse de 77 % par rapport à l'an dernier. Si l'on ne tient compte que des activités poursuivies, le bénéfice s'élève à 1,7 milliard de dollars, attribuable en partie à un gain de change sur ses dettes et des échanges financiers (swaps) en dollars américains.
Le deuxième trimestre à lui seul, en excluant les gains ponctuels, a généré un bénéfice de 600 millions, comparativement à 389 millions l'an dernier.
Pour l'ensemble de 2006, Hydro-Québec vise un bénéfice de 2,5 milliards, sans compter les gains ponctuels liés à la vente d'actifs, a dit M. Garant. L'an dernier, la société d'État a réalisé un profit net de 2,2 milliards.
Hydro-Québec a indiqué hier que ses revenus totaux s'étaient élevés à 5,8 milliards au cours des six premiers mois, en hausse de 233 millions. Les ventes d'électricité ont légèrement baissé, car la diminution des ventes à l'étranger a été plus forte que la hausse en sol québécois. «Cette baisse des ventes à l'étranger traduit une gestion prudente de nos réservoirs», a dit M. Garant.
La division Production, celle qui a bénéficié du gain de change, a réalisé pour le premier semestre un bénéfice net de 1,34 milliard, par rapport à 1,1 milliard l'an dernier.
Quant à la division Distribution, qui va des postes de transformation jusqu'aux consommateurs, le semestre s'est soldé par une perte de 48 millions contre un profit de 187 millions en 2005. Il s'agit d'une conséquence d'une décision de la Régie de l'énergie. Celle-ci, rendue en avril, a eu pour effet d'occasionner un versement de 255 millions de la division Distribution à la division Transport pour les coûts des équipements liés à la croissance de consommation québécoise.
La porte-parole du Parti québécois en matière d'énergie, Rita Dionne-Marsolais, s'est réjouie de la performance d'Hydro-Québec mais a déploré que la société d'État ne se soit «pas privée» en demandant à la Régie d'autoriser une hausse de 2,8 % des tarifs en 2007.
Hydro-Québec a jusqu'à maintenant récolté 2,3 des 3,1 milliards qu'elle compte soulever en financement. La société d'État a émis des obligations au Canada plutôt qu'aux États-Unis, car les conditions, notamment les taux, y étaient plus favorables.
La société prévoit des investissements de quatre milliards en 2006.


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