Fronde à l'UMP - À la hussarde !

Sarko-Charest - même destin: la porte! La démocratie libérale montre toute sa laideur et sa fragilité! Povre Desmarais, l'échec final!



Pour Nicolas Sarkozy, la rentrée politique ne s'annonce pas difficile mais bel et bien dure, au sens brutal du terme. Entre la désaffection croissante des Français à son égard et une réforme des retraites qui s'annonce cahoteuse parce que portée par un ministre «abîmé» par l'affaire Bettencourt, il est probable que l'on assiste à un retournement rare dans l'histoire de la Ve République. Lequel? Une fronde de son camp.
La traduction chiffrée de l'humeur des Français effectuée ces jours-ci par la société de sondages TNS-Sofres met en relief le ras-le-bol profond que ces derniers éprouvent. Un, 62 % (62 %!), des électeurs ne veulent pas qu'il se représente lors de la présidentielle qui aura lieu dans 18 mois. Deux, dans l'hypothèse d'une finale l'opposant au socialiste Dominique Strauss-Kahn, ce dernier l'emporterait par une marge énorme, près de 20 %. Même la secrétaire nationale du Parti socialiste (PS) Martine Aubry, dont l'appréciation que les Français se font d'elle se confond avec le couci-couça, ferait mordre la poussière au chef de l'État. Bref, Sarkozy s'avère un président impopulaire, si ce n'est le plus impopulaire depuis 1958.
Au sein de la majorité, des députés, leurs intérêts bien compris, peinent à cacher leur grogne. Certains l'expriment par un silence «assourdissant», pour reprendre le mot d'un commentateur. Ministre de la Justice, donc éventuellement administratrice d'une portion de la dérive sécuritaire que le président souhaite imprimer, Michèle Alliot-Marie fuit les micros depuis la série d'annonces sur la déchéance de la nationalité, les Roms et autres. Contrairement aux sarkozystes de choc, on pense évidemment au ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux et au chef de l'UMP Xavier Bertrand, qui multiplient les attaques frontales contre ceux, y compris au sein de la droite, qui réprouvent une politique indigne au «pays des droits de l'homme».
Il y a ceux qui observent le silence et, bien sûr, il y a ceux qui parlent. Parmi ces derniers, les ténors formant ce qu'on appelle encore le camp des chiraquiens, soit Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et surtout Dominique de Villepin. De ces trois ex-premiers ministres, ce dernier a signé l'offensive la plus... comment dire? Il n'a pas enlevé les gants pour mener un assaut au fleuret moucheté, mais bien une charge à la hussarde.
Dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde et titrée «Une tache de honte sur notre drapeau», ce qui en dit long sur le dédain que Villepin nourrit à l'endroit de son adversaire dans l'affaire Clearstream, celui-ci souligne: «Il aura suffi d'un discours à Grenoble et d'un été, d'un seul été, pour que tout bascule, de la lutte contre l'insécurité à l'indignité nationale. Je dis bien nationale, car le président de la République nous engage tous.» Fichtre! Vers la fin du texte, on lit ceci: «Il y a aujourd'hui un devoir à remplir pour tous les républicains de France, face à l'hydre [la xénophobie, le racisme] qu'un président et ses courtisans voudraient réveiller au fond de chacun de nous...» On notera que dans cette phrase, il n'écrit pas LE président ou Nicolas Sarkozy, mais bien UN président. Un parmi d'autres. Pas une fois d'ailleurs, Villepin ne nomme Sarkozy. C'est dire combien le mépris qu'il lui inspire est aiguisé.
Pour Villepin, pour Juppé et bien d'autres, dont peut-être l'actuel premier ministre François Fillon, il semble bien que la question ne soit plus comment gagner en 2012 avec Sarkozy, mais bien comment gagner avec un autre. Autrement dit, comment s'en débarrasser.


Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé

-->