Élizabeth Deux et l’acteur écossais Sean Connery

L’indépendance de l’Écosse et l’idéologie séparatiste sont deux choses distinctes

Tribune libre

Pour celles et ceux qui trouvent étrange que l’Angleterre de la terrible Margaret Thatcher ait été disposée à reconnaître le Québec comme un État plutôt qu’une province, qu’ils se rappellent que mercredi le 5 juillet de l’an 2000, la Reine en personne est allée en Écosse anoblir l’acteur Sean Connery, alias James Bond.
En cette occasion, Élizabeth n’a pas cru devoir se rendre en Écosse avec une escorte de gens armés rencontré les « séparatistes » écossais sur place. Elle était tout-à-fait à l’aise de les rencontrer et taper légèrement une épée sur l’épaule de l’acteur et l’ennoblir par ce geste. La bonne humeur régnait partout.
Et pourtant, Sean Connery est un « séparatiste » écossais au sens fort du terme. Il appuie le Scottish National Party, l’équivalent de notre Parti Québécois, depuis nombre d’année, ayant donné des millions à l’appui de la cause de l’indépendance de l’Écosse.
Ces générosités et cet appui ouvert de la part d’un acteur de réputation internationale s’est fait sans acrimonie, sans mépris, colère, haine ou rancune de la part des Écossais, un peuple majoritairement celtique comme les Irlandais, notamment avec le souvenir cuisant de la bataille de Culloden le 28 avril 1746 et le massacre des Highlands par les Anglais qui s’en suivit.
Pour accéder à l’indépendance, les Écossais entendent procéder d’une manière politique et géopolitique, en tenant compte de l’accès de fait (de facto) de l’Écosse au statut d’État et de sa reconnaissance de plein droit ( de jure ) tant au Royaume Uni de Grande Bretagne et ailleurs.
Pour un peuple comme les Écossais, un statut reconnu au terme de quinze siècles d’investissement territorial est une question de principes qui n’a rien à voir avec une quelconque idéologie « séparatiste ». J’ai l’impression que les Anglais ne parlent pas non plus de « séparatisme » à propos de l’Écosse. Ils semblent avoir acquis une certaine maturité.
Des questions de pouvoirs sont des questions statutaires et des questions de principes qui n’ont rien à voir avec une idéologie, qu’elle soit de droite ou de gauche.
Quant allons nous commencer, au Québec, à discuter de statuts et de principes au lieu de réduire un problème d’une telle envergure à des débats littéraires sans conséquence ?
JRMS

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René Marcel Sauvé217 articles

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J. René Marcel Sauvé, géographe spécialisé en géopolitique et en polémologie, a fait ses études de base à l’institut de géographie de l’Université de Montréal. En même temps, il entreprit dans l’armée canadienne une carrière de 28 ans qui le conduisit en Europe, en Afrique occidentale et au Moyen-Orient. Poursuivant études et carrière, il s’inscrivit au département d’histoire de l’Université de Londres et fit des études au Collège Métropolitain de Saint-Albans. Il fréquenta aussi l’Université de Vienne et le Geschwitzer Scholl Institut Für Politische Wissenschaft à Munich. Il est l'auteur de [{Géopolitique et avenir du Québec et Québec, carrefour des empires}->http://www.quebeclibre.net/spip.php?article248].





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3 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    28 avril 2013


    Monsieur Viateur Beaupré.
    Je suis "séparatiste" depuis plus de 50 ans et ce sont des Québécois autant que des Anglos qui m'ont lancé l'expression au visage. exceptioni faite du général Dextraze qui a dit qu'il ne pouvait me donner de promotion parce que je suis un "activiste".
    Je savais qu'au fond, le général Dextraze, comme le gènéral Dollard Ménard, étaient contents de mon "activisme". Seul Jean-Victor Allard était hostile.
    Tirez-en vos propres conclusions.
    JRMS

  • Viateur Beaupré Répondre

    28 avril 2013

    Quelqu'un peut-il dire à Monsieur Sauvé que ce n'est pas le Québec qui a commencé à parler de séparatisme: c'est le Canada anglais parlant par la bouche de francofuns comme Elliott-Trudeau et Jean chrétien.

  • Viateur Beaupré Répondre

    28 avril 2013

    Quelqu'un peut-il dire à Monsieur René Marcel Sauvé que ce n'est pas le Québec qui a commencé à parler de <>: c'est le Canada anglais parlant par la bouche de francofuns comme Elliott-Trudeau et Jean Chrétien.