Des urgences au désabusement

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Merci au régime libéral : la performance de nos urgences est la pire en Occident !

Où les Québécois sont-ils devenus aussi cyniques, désabusés de la politique ? se demande-t-on souvent.


Je crois avoir trouvé l’endroit : dans une salle d’urgence, à l’hôpital.


C’est là qu’hier, des milliers de nos concitoyens ont encore une fois passé des heures à poireauter de manière tout à fait inacceptable. On pouvait attendre près de 30 heures dans certaines urgences !


On nous expliquera que c’est la saison de la grippe, laissant entendre ainsi que ces débordements sont, au fond, normaux.


Or, ils ne le sont pas. En tout cas, ils ne devraient pas l’être. On est mieux traité chez le vétérinaire ou chez le concessionnaire !


Mais qui s’indigne aujourd’hui de ces interminables heures perdues aux urgences ?


Personne ou presque. À force de se faire promettre n’importe quoi par tous les partis pour constater que rien ne change ou presque, on en vient à ne plus croire personne. On conclut que la politique ne peut pas vraiment changer les choses.


Charest champion


Le champion toute catégorie, en cette matière, est évidemment Jean Charest. Il y a 15 ans bientôt, le 27 février 2003, il disait faire de la santé sa « première priorité ».


« Le mot honni, le mot que le gouvernement du Parti libéral du Québec veut combattre est : ATTENTE ; attente à l’urgence, attente d’une chirurgie, attente d’un examen. La situation actuelle est inacceptable », pouvait-on lire dans un communiqué.


Il promettait de créer un poste de commissaire à la santé, ce qu’il fit. Or, après plus de 10 ans de gouvernement libéral, quel fut le verdict de celui-ci, Robert Salois, en juin 2016 ?


Que la performance de nos urgen­­­ces était la pire en Occident ! Nulle part n’attend-on aussi longtemps !


Depuis, Gaétan Barrette a annoncé... l’abolition du poste de commissaire.


Ah oui, il a aussi, bien sûr, adopté différentes mesures pour réduire l’attente.


Avant de disparaître, le commissaire Salois a même pu constater que la situation dans les urgences ne s’était pas aggravée. Elle s’est même un tout petit peu améliorée, malgré le vieillissement de la population !


Le mot honni, « attente », est toutefois encore la règle. Et les partis d’opposition­­­ soutiennent que le gouvernement maquille ses statistiques.


Les mêmes visages


Pendant plus de la moitié de l’ère Charest, celui qui a été porteur de la fameuse promesse « anti-attente » était Philippe Couillard ! Et qui était à côté de Jean Charest pour annoncer le « plan d’action santé » en février 2003 ? Jean-Marc Fournier et Julie Boulet, entre autres.


L’année précédente, en 2002, qui était le ministre de la Santé du gouvernement péquiste qui avait présenté un plan d’action, entre autres pour diminuer l’attente ? François Legault.


Alors chef de l’opposition, Jean Charest s’inquiétait que le gouvernement Landry « ne prenne les malades du Québec en otage et tente de se faire réélire sur leur dos ».


C’est précisément l’impression que bien des Québécois ont eue avec les libéraux depuis plus de dix ans.


Difficile de ne pas contracter le virus du désabusement.