Bâtir le Québec de demain

Discours de Bernard Landry, président du Parti Québécois à l'occasion du Conseil national du Parti Québécois

2002


Trois-Rivières 1er février 2002
--------------------------------------------------------------------------------
La version lue fait foi.
Voyez comme les choses changent vite. Il n'y a pas si longtemps, certains annonçaient notre disparition pure et simple. Aujourd'hui, on évoque le scénario d'un gouvernement minoritaire.
Et bien ! Si les choses continuent de cette façon, Bernard Derome annoncera bientôt que «si la tendance se maintient, le prochain gouvernement du Québec sera formé par le Parti Québécois et il sera majoritaire!»
Depuis notre rencontre à Gatineau au début de l'automne, le vent a tourné. Je sens un souffle nouveau animer notre parti. Nos militantes et nos militants ont les yeux tournés vers l'avenir. Ils sont fiers du travail accompli, mais surtout soucieux de bâtir le Québec de demain.
La nostalgie et les slogans creux n'ont jamais été, et ne seront jamais notre marque de commerce ! Notre parti a une vision claire et généreuse du Québec de demain. Il a le goût de le bâtir. Et c'est pour cela que nous allons bientôt, encore une fois, faire gagner le Québec en gagnant la prochaine élection.
Une question de crédibilité
Le Québec de 2003 n'est déjà plus celui de 1994. Et nos politiques y sont pour beaucoup. Les besoins ont changé et les défis à relever aussi. Personne n'est mieux en mesure que nous de relever ces nouveaux défis.
De ce point de vue, notre bilan offre un passeport de crédibilité incomparable. Un bon bilan pour un gouvernement, c'est comme faire partie de l'équipe d'étoiles au hockey. Après une saison remarquable, on se fait généralement offrir un nouveau contrat. J'ai la conviction que la population du Québec va renouveler le nôtre pour quatre ans très bientôt.
D'ailleurs, l'emploi du mot équipe est particulièrement approprié. La qualité remarquable de notre bilan n'est pas le fruit du hasard. Le PQ, c'est un caucus formé de gens exceptionnel. Et c'est avec des recrues de talent et des ministres de la trempe de Pauline Marois, François Legault, André Boisclair, Linda Goupil, Serge Ménard et Richard Legendre, pour n'en nommer que quelques uns, que nous allons conserver la confiance des Québécoises et des Québécois et remporter une nette victoire lors des prochaines élections.
Un vote, c'est un contrat basé sur la confiance. Avant de confier son argent à quelqu'un, on vérifie s'il a une bonne réputation, on examine ses rendements passés, en d'autres mots, son bilan. On regarde ensuite ce qu'il peut nous offrir pour l'avenir, en d'autres mots, ses engagements. Généralement, l'un va avec l'autre. La compétence se reflète à la fois dans les performances passées et la crédibilité des engagements à venir.
Dans un cas comme dans l'autre, nous sommes en position de force. Personne ne nie la qualité de notre bilan - pas même les partis d'opposition qui votent régulièrement en faveur de nos politiques :
-*loi contre la pauvreté;
-*politique nationale de l'eau;
-*congés parentaux;
-*motion sur le déséquilibre fiscal;
-*révision de la Loi sur les normes du travail.
Il serait dommage de ne pas les laisser les autres partis jouer encore ce rôle d'opposition constructive dans lequel ils excellent.
De son côté, la compétence de notre équipe offre la meilleure garantie quant à la crédibilité des engagements que nous prendrons lors de la prochaine campagne.
Pour convaincre une personne de voter pour nous, demandez-lui de regarder ce que nous avons fait dans le passé et, ensuite, d'examiner ce que nous proposons pour l'avenir. Demandez-lui surtout de nous comparer aux autres.
Le bilan du PLQ, la dernière fois que le Québec a eu l'infortune de lui confier sa destinée, est simple: un chômage à 13%, un déficit de 6 milliards de dollars et des hausses d'impôt de 10 milliards de dollars. En matière d'incompétence, c'est tout un tour du chapeau. Et sa vision pour l'avenir maintenant? Un programme sans imagination et un cadre financier qui craque de partout et qui néglige des priorités essentielles pour le Québec.
Le cas de l'ADQ est encore plus simple. La seule chose que ce parti a gérée jusqu'ici - et il en a eu plein les bras - c'est son propre programme... qui rend même mal à l'aise bon nombre de ses propres partisans. Mais il faut quand même reconnaître, comme l'ont fait remarquer certains observateurs, que l'arrivée de l'ADQ a eu le mérite de susciter de nombreux et intenses débats... surtout dans ses propres rangs!
Les défis à relever ces prochaines années sont trop importants pour que le Québec se paye le luxe de quatre années d'opportunisme libéral ou d'amateurisme adéquiste.

De l'opportunisme

Gouverner, c'est choisir. C'est avoir le courage de prendre des décisions difficiles qui ne peuvent pas plaire à toutes et à tous. Une loi élémentaire de la psychologie veut que le ressentiment des perdants soit invariablement plus grand que la gratitude des gagnants. Et c'est précisément pour cela que gouverner demande du courage.
Nos adversaires ont choisi une autre voie, celle de l'opportunisme. À les entendre, tout est possible, il n'y a pas de choix à faire, il n'y a pas de décisions difficiles à prendre, il n'y a toujours que des gagnants.
Ce monde de conte de fées à la Harry Potter ne correspond pas à la réalité. On ne peut pas tout faire en même temps et plaire à tout le monde et à son père! On ne peut pas, comme le prétend le PLQ, réduire massivement les taxes et les impôts et réinvestir tout aussi massivement dans les services publics sans replonger le Québec dans la spirale de l'endettement et des déficits. Il faut, devant des choix fondamentaux comme ceux-là, faire le pari de la vérité et avoir le courage de dire les choses comme elles sont.
Or, le comportement louvoyant des libéraux va dans le sens contraire. Le PLQ, en présentant son cadre financier, a voulu donner l'impression qu'il allait privilégier la santé et l'éducation. Je dis bien «donner l'impression», parce que la position du PLQ en éducation débouche sur un sous-investissement dramatique dans ce secteur névralgique pour l'avenir du Québec.
En santé non plus, la position libérale ne tient pas debout. François Legault a bien démontré qu'il était mathématiquement impossible de réduire les impôts et de réinvestir de manière significative en santé, comme le PLQ le promet pourtant.
Coincé entre les contradictions, le PLQ tente de sauver la mise en prétendant que son cadre financier pourra s'équilibrer grâce au gel des autres dépenses gouvernementales, notamment celles pour aider les familles, protéger l'environnement, combattre la pauvreté, assurer la sécurité publique, améliorer nos routes et soutenir la culture.
Évidemment, ce gel a vite fondu comme neige au soleil. D'une déclaration à l'autre, d'un porte-parole à l'autre, la liste des exceptions au gel des dépenses s'allonge de semaine en semaine. On nage dans l'incohérence. On patauge dans l'opportunisme. Et avec la campagne électorale qui approche, on n'a sans doute rien vu encore. Le meilleur reste à venir. Je sens que Jean Charest va se dépasser dans la politique-fiction.
La vérité, c'est que le programme libéral ne tient pas debout. Les réductions de taxes promises sont irresponsables. Elles rendent impossibles le réinvestissement nécessaire en santé, menacent la qualité de l'éducation et les services aux familles.
Mais au-delà de son incohérence, ce que l'on doit reprocher au PLQ, c'est son double langage. On soigne son image, mais les gestes ne suivent pas.
-* Appui à la politique nationale de l'eau / Gel des budgets du ministère de l'Environnement et relance des projets de mini-centrales sur les petites rivières.
-* Appui à la Loi contre la pauvreté et l'exclusion sociale / Gel des budgets du ministère de la Solidarité sociale;
-* Promesse de faire plus pour les familles / Gel des budgets du ministère de la Famille.
Ce double langage du PLQ est pourtant de la petite bière à côté du patinage de l'ADQ, qui propose une variation sur des thèmes connus : incohérence, amateurisme, opportunisme et populisme.
L'ADQ et son chef changent d'idée comme de chemise. Ce sont des artistes du « zigzag », du « flip-flop ». Un jour, Mario Dumont nous dit qu'il arrachera de nombreux pouvoirs pour le Québec à Ottawa. Le lendemain, à Toronto, il est doux comme un agneau, joue l'enfant timide qui s'excuse presque d'exister et dépeint un sombre portrait du Québec totalement contraire à la réalité...
Quant au programme de l'ADQ en santé, il change d'heure en heure. C'est un feuilleton, un suspense insoutenable. Des personnages apparaissent et disparaissent aussitôt, comme Sylvie L'Espérance et le bon docteur Morgan. Il y aura certainement encore de nombreux épisodes et rebondissements d'ici la prochaine élection. À suivre!
Et que dire de cette autre trouvaille : les bons d'éducation. Un jour, on fonce. Le lendemain, on parle de projets-pilotes. Le surlendemain, on parle de «modulation», un mot savant pour dire qu'on ne sait plus où on s'en va, ce qui rend cette idée encore plus menaçante. Il est a espérer que le tollé que suscite ces bons dans le monde de l'éducation et chez les parents fera en sorte que cette idée finisse sur une tablette, comme l'ADQ d'ailleurs!
Un classique adéquiste, c'est l'impôt unique, un impôt inique en fait - qui rend mal à l'aise la plupart des adéquistes eux-mêmes. Leur grand argentier, Marcel Dutil, dit à qui veut bien l'entendre qu'il n'est pas d'accord. Et récemment, il a encore contredit son chef, cette fois sur une promesse relative aux frais hypothécaires.
Manifestement dépassé, le responsable des communications de l'ADQ a laissé tomber un significatif « Sacré Marcel! ». Et bien, moi je vous dis que devant un pareil spectacle, bon nombre de Québécoises et de Québécois sont sur le point de larguer l'ADQ en laissant tomber un non moins sonore « Sacré Mario! ».
Un dernier mot sur l'ADQ, sujet inépuisable s'il en est un et qui serait parfois franchement comique si la perspective d'une victoire adéquiste n'était pas aussi porteuse de reculs dramatiques pour le Québec.
On sait maintenant tous que Mario Dumont fait dans le populisme. Il cherche à flatter les préjugés populaires, contre les fonctionnaires par exemple, sur le dos de qui il semble payant de casser du sucre. Sa dernière trouvaille : le concept de « majorité silencieuse ». Or, vous savez que le dernier politicien à avoir exploité ce thème est nul autre que Richard Nixon, ce président américain de droite emporté par l'affaire du Watergate. On a les références historiques qu'on peut...
Une vision pour le Québec
L'avenir d'un pays ne peut pas se bâtir sur du bricolage idéologique ou sur des slogans, des clichés, des banalités et des formules creuses. Il se construit au contraire sur des valeurs, sur une vision et sur la compétence. Le Québec mérite mieux que les illusions du PLQ et le petit jeu de mécano idéologique de l'ADQ.
Il faut proposer du solide aux Québécoises et aux Québécois, pas du vent. Il faut prendre le risque de dévoiler un vrai contenu et non pas des positions floues qui disent une chose et son contraire. Il faut faire le pari de la vérité. Il faut s'imposer les exigences de la rigueur et de la cohérence. Il faut surtout avoir le courage d'agir et de choisir.
La formule « Quand on a un bon gouvernement, on le garde » doit nous rassurer, mais pas nous satisfaire. Nos compatriotes reconnaissent certes notre compétence. Ils savent aussi que le Québec meilleur auquel ils aspirent serait inaccessible n'eut été du travail que nous avons accompli.
Mais ils exigent davantage. Ils veulent savoir ce qu'est notre vision du Québec à l'horizon de l'actuelle décennie, sur quelles valeurs nous entendons fonder notre action et par quels moyens nous comptons permettre au Québec d'aller plus loin et de développer son plein potentiel.
Notre choix : des services publics de qualité
Notre parti doit parler à la population du Québec le langage de la vérité en matière de choix publics. Contrairement à nos adversaires, la position de notre parti doit être claire et transparente.
La priorité au cours de notre prochain mandat sera de réinvestir dans les services publics, notamment la santé, l'éducation et le soutien aux familles. Concrètement, cela veut dire que nous consacrerons plus de ressources que nos adversaires pour améliorer les soins de santé, bonifier notre système d'éducation et aider les familles.
C'est un choix, c'est le nôtre. Et c'est d'abord et avant tout ce qui nous distinguera des autres partis lors de la prochaine campagne électorale.
Le Parti Québécois sera le seul parti qui ira au-delà des mots et qui prendra les moyens nécessaires pour maintenir et améliorer la qualité des services à la population.
La même franchise s'impose en matière de réductions d'impôts. Vous me connaissez, comme ministre des Finances, j'ai réduit les impôts de 11 milliards de dollars ces dernières années. Si j'ai la moindre possibilité de le faire au cours du prochain mandat, je le ferai.
En cette matière, je n'ai surtout pas de leçons à recevoir des libéraux, qui les ont augmentés de 10 milliards de dollars entre 1985 et 1994.
Donc, je le répète : si nous sommes en mesure d'assurer les réinvestissements nécessaires pour donner aux Québécoises et aux Québécois les services publics de qualité auxquels ils ont droit, alors nous réduirons les impôts. Mais si nous devons choisir entre assurer la qualité des services publics ou réduire les impôts, nous n'hésiterons pas : le bien-être des patients, des élèves et des familles passera avant tout.
Santé : le pari de la vérité
En santé, la démagogie de nos adversaires n'a d'égal que le vide et l'incohérence de leurs politiques. Le PLQ a tenu, il y a un an, un congrès général sur la santé lors duquel il a présenté son programme sur cette question. Un programme que tous les analystes ont tourné en ridicule.
Huit mois plus tard, le PLQ est revenu à la charge en promettant de faire la seule chose pour laquelle il se démarque : dépenser de l'argent à tort et à travers tout en promettant de réduire les impôts. Or, il faudrait m'expliquer comment on peut dénoncer le déséquilibre fiscal, affirmer que le Québec n'a pas les moyens de financer ses programmes sociaux et promettre en même temps des baisses d'impôts cumulatives de 15 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années? Devant une pareille incohérence, le gouvernement fédéral aurait beau jeu de dire à un Québec dirigé par Jean Charest d'aller se rhabiller.
La position de l'ADQ est encore plus déconcertante. Avec ce parti, le slogan « faites payer les riches » est devenu « faites passer les riches devant les autres ». La médecine à l'américaine préconisée par l'ADQ est injuste, inéquitable, elle heurte nos valeurs les plus chères et, par-dessus le marché, comme François Legault l'a bien démontré, elle est inefficace.
Et comment Mario Dumont défendra-t-il nos intérêts dans ce dossier après le discours lamentable qu'il a prononcé à Toronto. Avec mollesse, sans doute. Il faut dire que la défense des intérêts du Québec n'est pas dans le radar de l'ADQ. La population du Québec n'est pas dupe. Bientôt, c'est l'ADQ qui ne sera plus dans son radar!
En santé, la solution passe par la mise en œuvre du plan dévoilé par François Legault. Ce plan répond au problème de sous-financement qui afflige le système et vise une amélioration de sa gestion. Il est axé sur les besoins du patient. Il instaure, avec les groupes de médecine de famille et l'amélioration des soins à domicile, une véritable médecine de proximité. Il prévoit une augmentation importante du personnel soignant au cours des prochaines années.
Les intervenants du réseau de la santé ne s'y sont pas trompés : ils appuient massivement le plan du ministre de la Santé. Les électrices et les électeurs du Québec ne s'y tromperont pas non plus quand viendra le temps de choisir le parti le plus apte à sauvegarder notre système de santé.
Les nouveaux enjeux
Ce qui distinguera aussi le Parti Québécois de ses adversaires, c'est l'attention qu'il porte aux nouveaux défis auxquels le Québec fait face.
De tous les enjeux nouveaux qui pointent à l'horizon, celui qui me tient le plus à cœur est la conciliation famille-travail. Les difficultés des jeunes familles à bout de souffle et de ceux qui aident un proche en perte d'autonomie sont des réalités qui me touchent. La qualité de vie dans une société - j'allais dire, son niveau d'humanité - dépend de la nature des réponses qu'elle donne à des problèmes comme ceux-là.
Je parle de ces questions bien sûr en tant que chef de gouvernement, mais aussi en tant que père et grand-père. J'en parle après m'en être ouvert à des collègues qui vivent ces réalités. Je réitère aujourd'hui la volonté inébranlable de mon gouvernement de faire du Québec un environnement idéal non seulement pour élever une famille, mais pour mener une vie de famille.
Je prends deux engagements à cette fin. Contrairement aux autres partis, un gouvernement du Parti Québécois assurera le financement requis pour créer le nombre de places dans les garderies nécessaires pour répondre de façon plus adéquate aux besoins des jeunes familles. (déjà 160 000)
Je m'engage également à faire en sorte que le Québec devienne une référence en matière de conciliation des exigences de la vie familiale et professionnelle. La variable clé sur laquelle il faut maintenant travailler pour le bien et l'avenir de nos enfants, c'est le temps. Il faut organiser notre société pour permettre aux membres d'une même famille de passer plus de temps ensemble.
Notre gouvernement entend agir rapidement pour que ce souhait ne reste pas un vœu pieux. J'entends examiner diverses possibilités, comme l'adoption d'une loi-cadre en conciliation famille-travail, une loi qui signalerait clairement notre reconnaissance de celles et de ceux qui éduquent des enfants ou qui prennent soin de leurs proches.
Mon gouvernement étudiera aussi d'autres solutions, notamment l'instauration d'horaires de travail flexibles, l'ouverture des garderies le soir et la fin de semaine, la réduction volontaire du temps de travail et l'augmentation des congés payés.
De ce point de vue, j'ai demandé qu'on examine la proposition avant-gardiste de la Jeune Chambre de commerce de Montréal, qui suggère que la semaine de travail de quatre jours soit offerte à tous ceux qui travaillent tout en s'occupant d'un enfant ou d'un proche. Ainsi, tout parent ayant des enfants de moins de douze ans pourrait avoir le droit au temps partiel, jusqu'à réduction de 20% de la semaine de travail, tout en conservant les avantages sociaux accordés aux travailleurs à temps plein.
J'accueille aussi avec grand intérêt la proposition de nos militantes et militants, qui souhaitent faire passer le nombre minimal de congés payés de deux à trois semaines.
Enfin, supporté par un large consensus dans la société québécoise, le gouvernement entend poursuivre ses efforts afin de mettre en œuvre un régime québécois d'assurance parentale. Mais d'ici à ce que l'on convienne d'une entente à cet effet avec le fédéral, le gouvernement étudie la faisabilité d'un régime de congé parental qui couvrirait les travailleurs autonomes, qui sont exclus du régime fédéral actuel.
Linda Goupil, dont vous connaissez la compétence et l'énergie, entreprendra dans quelques jours une tournée du Québec pour discuter de ces questions. Au terme de cette tournée se tiendra, le 13 mars prochain, le Forum sur la conciliation famille-travail. Je veux que ce forum réunisse tous les intervenants interpellés par cette question afin d'amorcer le virage le plus ambitieux de l'histoire du Québec en matière de conciliation famille-travail.
Il faut regarder les choses en face. Les partis qui vantent les vertus du marché et préconisent une réduction des protections sociales font passer les prérogatives du marché avant le bien-être des familles et des personnes qui les composent. Au Parti Québécois, nous disons non aux horaires atypiques et au travail envahissant qui enchaînent les parents à leur téléphone cellulaire et à leur paget.
Cette qualité de vie des familles, elle doit être possible dans toutes les régions du Québec. Que l'on soit en Gaspésie, en Abitibi ou au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Chaque Québécoise et chaque Québécois doit pouvoir y voir grandir ses enfants.
C'est pour cela que l'on se bat vigoureusement pour bâtir nos régions. On se bat non pas en mot, mais en acte, comme la démontré l'éclatant succès du grand Rendez-vous national des régions. Ce succès aura des retombées concrètes, comme les ententes ACCORD et le début d'une réelle décentralisation.
Le droit de se faire entendre
Le PQ a toujours cherché a mieux protéger les droits et libertés individuelles. Dans cet esprit, j'annonce que notre caucus a décidé, à l'unanimité, de s'imposer des règles de conduite relativement aux motions de blâme de l'Assemblée nationale.
Ces règles, que j'endosse à titre de président du Parti Québécois, sont les suivantes :
À compter d'aujourd'hui le groupe parlementaire que je dirige ne donnera son consentement à la présentation d'une motion de blâme que si la personne concernée ait la possibilité d'être entendue par la Commission de l'Assemblée nationale et ce, avant que l'Assemblée nationale elle-même ne soit saisie d'une éventuelle motion. Dans tous les cas, un délai raisonnable devra également être prévu pour que l'Assemblée nationale puisse en débattre.
Ce faisant, nous respecterons la liberté d'expression des individus, leur droit de se faire entendre et le droit de l'Assemblée nationale de se prononcer sur tous les aspects de la vie en société.
Je suis fier de l'adoption de ces règles qui montre que notre parti est résolument tourné vers l'avenir.
Souveraineté: la porte de la liberté
Évidemment, ce qui distingue le plus le Parti Québécois de ses adversaires, c'est sa vision de l'avenir du Québec. Et il y a un thème qui englobe tous ceux que je viens d'aborder : la souveraineté nationale. Il les englobe tous parce que les choix que nous ferons lors de la prochaine élection détermineront le genre de société que nous voulons. Et cette société, si nous la souhaitons à la hauteur de nos valeurs et de nos aspirations, ne peut vraiment voir le jour que si le Québec dispose de tous les instruments nécessaires pour assurer son plein épanouissement.
En 1998, le PLQ a mené sa campagne électorale en véhiculant un message contradictoire - décidément c'est un tic chez eux -en s'engageant à ne pas tenir de référendum sur la souveraineté du Québec afin de permettre, et je cite, de garder « toutes nos options ouvertes »! J'aimerais comprendre. Comment peut-on garder toutes nos options ouvertes si on écarte la plus importante ! En fait, la seule valable.
Je prends le PLQ au mot. Lors de la prochaine campagne électorale, nous offrirons aux Québécoises et aux Québécois la possibilité de garder toutes leurs options ouvertes. Ce que je veux garder ouvert en particulier, c'est la porte de la liberté. À nous les souverainistes de convaincre nos compatriotes de la franchir et de participer à part entière à la construction des Amériques à Buenos Aires en 2005.
Nous devons lancer un appel au ralliement de tous les souverainistes. Nous devons lancer un appel à la mobilisation et, peut-être davantage, à la lucidité. Quels seront les choix lors de la prochaine élection pour un souverainiste? Un parti qui fera la souveraineté et mènera le Québec dans la voie du progrès social ou un parti qui défendra mollement les intérêts du Québec - est-ce que le discours de Mario Dumont à Toronto et l'appui de Jean Chrétien à Jean Charest vous rassurent? - et freinera la marche du Québec vers le progrès social.
Les souverainistes, optimistes ou pessimistes, les progressistes et tous ceux qui veulent simplement un bon gouvernement, soucieux des intérêts de tous, ouvert aux préoccupations du Québec moderne, doivent se mobiliser pour former la coalition gagnante qui nous reportera au pouvoir lors de la prochaine élection.
Je l'ai dit à Gatineau et je le réitère : c'est la force de notre mobilisation qui permettra aux Québécoises et aux Québécois de franchir ou non la porte de la souveraineté que nous aurons gardée ouverte. Comme l'a si bien dit Jacques Parizeau à Porto Allegre, notre succès dépendra de l'énergie qu'on y mettra, et de l'énergie, nous en avons à revendre.
Cette mobilisation a repris de la vigueur depuis septembre dernier. Avec le dernier numéro de son Bulletin, intitulé « Le Québec, pays d'Amérique », le parti a renoué avec sa forte tradition de pédagogie de la souveraineté. On trouve dans ce document de nombreux témoignages, aussi éloquents les uns que les autres, de ministres, de députés, de personnalités, de militantes et de militants qui expriment leur vision de ce que serait un Québec souverain. Toutes et tous partagent le même amour du pays du Québec et le même enthousiasme de le voir naître le plus vite possible!
Par ailleurs, nous pouvons maintenant compter sur un nouvel allié dans le cheminement vers la souveraineté. En effet, on m'a informé que le Conseil de la souveraineté tiendra une première réunion de son Conseil général à Montréal le 9 février prochain. Il fera alors connaître la composition de son conseil d'administration et précisera quels seront ses principaux axes d'interventions au cours de la prochaine année.
Ce nouvel organisme, dont la mission première est la promotion de la souveraineté du Québec sur la place publique, permettra également d'établir, par les actions qu'il suscitera, de nouvelles convergences entre les groupes et les individus de divers horizons qui souhaitent faire avancer la cause d'un Québec souverain. À cet égard, les ralliements au Conseil sont éloquents. Quelques pionniers de la première heure y apportent déjà leur soutien, comme Jacques Parizeau, Jacques Léonard et - j'ai le plaisir de vous l'annoncer - Jacques Brassard.
On y compte aussi des militants souverainistes que vous connaissez sans doute, comme Bruno Viens, Guiseppe Sciortino, Marie-Claude Sarazin, Jules Bélanger, Martine Ouellet, Emmanuel Marcotte et Sylvain Gendron, pour ne nommer que ceux-là.
Des experts réputés, comme Henri Brun, Guy Lachapelle et André Joli-Coeur, apporteront également leur participation au Conseil, tout comme des noms bien connus : Daniel Boucher, Paul Piché, Roland Arpin, Gérald Larose, Claude Dubois et Louise Marleau.
On y verra plusieurs nouvelles figures : la délicieuse Johanne Fontaine, avec qui j'ai partagé récemment un repas convivial - avec de l'alligator au menu ! - à l'émission Les Copines d'abord; l'humoriste Michel Mpambara, qui tente de nous convaincre qu'il y a trop de blancs au Québec ! ; Hélène Pedneault, auteur des Chroniques délinquantes de La Vie de rose ; la jeune avocate Vicky Trépanier, l'homme d'affaire Jean-Guy Parent, et j'en passe.
Le goût de se battre pour le Québec
Avec l'échéance électorale qui approche, j'ai plus que jamais le goût de me battre. J'ai le goût de me battre pour la souveraineté, j'ai le goût de me battre pour le progrès et la justice, j'ai le goût de me battre pour la prospérité et la qualité de vie des nôtres, j'ai le goût de me battre pour les familles et les enfants, j'ai le goût de me battre pour le Québec!
Et je vous lance la même invitation. La prochaine élection sera capitale pour l'avenir de notre parti. Pour défendre les idéaux qui nous animent, il faudra lutter farouchement contre le vent de droite qui déferle sur le Québec. Mais l'enjeu en vaut la peine.
Il faut se mobiliser pour gagner la prochaine élection. Faites-le pour vous-mêmes et pour les vôtres. Faites-le au nom d'une certaine idée de la justice et du Québec. Faites-le pour la cause que vous défendez et qui mérite plus que jamais de l'être... Mais surtout, faites-le pour notre Québec.
Merci.


Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé