départ de Josée Legault

Un congédiement politique, dit Josée Legault

2002


5 décembre 2002
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Québec - Le conseil national et le lancement du nouveau Conseil de la souveraineté à peine clos, le chef de cabinet de Bernard Landry, Brigitte Pelletier, a remercié de ses services la plus ardente des souverainistes parmi les conseillers du premier ministre, Josée Legault.
Les couteaux volaient particulièrement bas hier alors qu'au cabinet du premier ministre, on évoquait les inimitiés et les conflits de personnalité qu'aurait nourris Josée Legault avec de nombreuses personnes, ainsi que sa paresse, son inutilité et son incompétence. «Ce n'est pas un conflit politique», a soutenu le directeur des communications, Jacques Wilkins. «Brigitte n'avait absolument pas confiance en elle. Et une des preuves éloquentes de ça, c'est tout ce qu'elle a déballé.»
Car Josée Legault s'est retrouvée devant les journalistes pour «rétablir certains faits» : son renvoi n'est pas le fait d'un conflit de personnalité mais bien un conflit politique. Elle a affirmé qu'elle a toujours maintenu de bonnes relations avec les ministres, les députés, le personnel politique et les fonctionnaires. «Quand on veut tuer son chien, on l'accuse d'avoir la rage», a-t-elle lancé.
Josée Legault a toutefois reconnu que la directrice de cabinet, Brigitte Pelletier, et elle-même s'étaient opposées à plusieurs reprises sur la question de la stratégie de promotion de la souveraineté.
Josée Legault n'a jamais caché ses opinions. «Il faut que le pouvoir devienne aussi un instrument de la souveraineté», a-t-elle réitéré hier. Si le PQ reprend le pouvoir pour un troisième mandat, c'est pour faire un autre référendum et le gagner. «Ce n'est pas pour gouverner seulement une province à l'intérieur du Canada et s'empêtrer dans des querelles fédérales-provinciales intestines et interminables.» Son point de vue n'a pas primé. «Ça fait un an et demi que nous avons un nouveau gouvernement de M. Landry, et la majeure partie de ce temps-là a été passée à ne pas reprendre une promotion active de la souveraineté», constate-t-elle.
Bernard Landry l'avait engagée à son cabinet en avril 2001 pour lui confier essentiellement les dossiers de la question nationale et de la langue.
Comme chroniqueuse et analyste, Josée Legault avait tiré à boulets rouges sur Lucien Bouchard, décriant son refus de faire la promotion active de la souveraineté. Encore hier, elle accusait l'ancien premier ministre d'avoir gaspillé pendant cinq ans plusieurs chances de faire avancer la souveraineté. En 1998, Josée Legault avait défié l'establishment du parti en se présentant à l'investiture du Parti québécois dans Mercier contre le député sortant, Robert Perreault. Ce dernier avait remporté la victoire de justesse.
Ce n'est pas la première fois que le cabinet de M. Landry cherche à se débarrasser de Mme Legault. En septembre dernier, le chef de cabinet Claude-H. Roy lui a proposé la présidence de la Commission de la toponymie. Elle a refusé. «Je n'ai jamais vu, dans mon plan de vie, une carrière où j'allais changer des noms de rues et de ponts», a-t-elle dit.
Chez les militants péquistes, le départ de Josée Legault, ainsi que le fait qu'on ne lui ait pas proposé de poursuivre son militantisme à un autre poste, est vu comme une «grande déception», a livré hier le président de l'association péquiste de Montréal-Ville-Marie, Luc Thériault, dont le téléphone ne dérougissait pas. Après les deux derniers conseils nationaux, qui se sont bien déroulés, et le lancement du nouveau Conseil de la souveraineté -- une idée défendue par Josée Legault --, son renvoi cavalier soulève «une interrogation troublante», a dit M. Thériault. L'association tiendra une réunion lundi pour tenter de démêler l'écheveau.
Le député de Louis-Hébert, Paul Bégin, voit dans ce renvoi une confirmation que le gouvernement péquiste tente d'expurger de ses rangs les souverainistes les plus convaincus. «On assiste à un réalignement du parti», a-t-il dit.


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