départ de Josée Legault

Josée Legault reproche au gouvernement de ne pas promouvoir la souveraineté

2002


JOCELYNE RICHER
_ QUEBEC (PC 5.12.2002)
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La politologue Josée Legault - qui était jusqu'à mercredi conseillère spéciale du premier ministre en matière constitutionnelle - reproche au gouvernement Landry de ne pas faire la promotion de la raison d'être du Parti québécois: la souveraineté du Québec.
Mme Legault dit avoir eu la surprise d'apprendre, au cours des derniers jours, que le premier ministre se passerait désormais de ses services. Elle a soutenu, mercredi, lors d'un point de presse, qu'elle ignorait pourquoi la nouvelle directrice du cabinet du premier ministre, Brigitte Pelletier, l'avait remerciée.
Contrairement à ce qui a été publié dans un quotidien mercredi, Mme Legault dit que son départ forcé n'est pas dû à un conflit de personnalité avec Mme Pelletier, mais plutôt à un "conflit politique". Elle a cependant reconnu qu'avant de devenir directrice du cabinet, Mme Pelletier - qui était elle aussi attachée politique au cabinet - avait eu des divergences de vues avec elle dans de nombreux dossiers.
Les deux femmes semblent vouloir régler leurs comptes par médias interposés, car Mme Pelletier a transmis un communiqué aux journalistes, en fin d'après-midi, pour dire que Mme Legault avait été congédiée parce que le "le lien de confiance primordial et nécessaire entre elle et ses collègues" avait été rompu. Selon le bras droit de Bernard Landry, la sortie publique de Josée Legault "témoigne" d'ailleurs de cette rupture.
L'analyste politique, qui travaille au cabinet du premier ministre depuis près de deux ans, est réputée être une souverainiste convaincue. Elle a dit mercredi avoir multiplié les pressions pour que le gouvernement affiche de façon "plus active" son projet de créer un nouveau pays.
Pour un gouvernement du Parti québécois, "il faut que le pouvoir demeure un instrument de promotion de la souveraineté", selon celle qui admet que de tenter de convaincre le gouvernement Landry d'adhérer à ses vues "n'a pas été facile".
Selon Mme Legault, l'élection du Parti québécois pour une troisième fois d'affilée, lors du prochain scrutin prévu au printemps, serait "un accomplissement majeur, presque surhumain". Et un tel mandat devrait nécessairement entraîner, dans son esprit, la tenue d'un troisième référendum sur le statut constitutionnel du Québec.
Elle a appris lundi que Mme Pelletier ne voulait plus d'elle dans son équipe. On lui a offert en échange le poste de présidente de la Commission de toponymie, offre qu'elle a déclinée parce qu'elle ne se sent pas l'âme d'une fonctionnaire. On lui aurait fait miroiter par ailleurs qu'elle pourrait faire partie du nouveau Conseil de la souveraineté.
Elle dit trouver assez "ironique" d'être congédiée au moment même où le gouvernement Landry décide de remettre sur pied le Conseil de la souveraineté, une initiative - annoncée lors du conseil national du PQ, le week-end dernier - qui faisait partie des revendications qui lui tenaient particulièrement à coeur. Le conseil aura le mandat de faire la promotion de la souveraineté, mais sera totalement indépendant du gouvernement.
Mme Legault, qui a tenu dans le passé une chronique au quotidien The Gazette, avait songé à se porter candidate pour le Parti québécois aux prochaines élections, mais elle dit que sa candidature est désormais "peu probable", dans les circonstances. Elle dit ne pas savoir de quelle façon elle entend poursuivre sa carrière et continuer à militer en faveur de la souveraineté du Québec.
Au cabinet du premier ministre, elle était responsable de divers dossiers (constitution, relations internationales, santé, éducation, tourisme).




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