Avides de bonne conscience à rabais...

Affaire Michaud 2000-2011

Je tiens d'abord à saluer Yves Michaud en ce triste anniversaire de la trahison des nôtres, dont le comportement entropique témoigne de leur statut d'hommes inféodés et habitués à se conformer à une ligne de conduite dictée d'ailleurs. Ce comportement se traduit par un gaspillage d'efforts et d'énergies retournées contre soi-même. Voilà ce qu'on appelle l'entropie des inféodés.
Nos représentants en ont fait la preuve à l'Assemblée Nationale. Avides de bonne conscience à rabais, ils ont tout de suite grimpé dans les rideaux sur une dénonciation non fondée de la part de deux individus dont la crédibilité était nulle en premier lieu. Un vulgaire commérage de leur part a été suffisant pour mettre le feu aux poudres.
Comment se fait-il que ni Lucien Bouchard, ni Sylvain Simard, ni personne d'autre, n'a eu la discipline fondamentale de mettre immédiatement en pratique le principe de base de toute stratégie d'État: appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation.
Un principe de stratégie d'État n'est pas une quelconque théorie dont on peut discuter les mérites dans une scéance savante de laboratoire. Un principe est une certitude opérative, non pas un déterminisme mais le contraire du déterminisme, puisque la certitude ontologique est un pas en avant vers la liberté de penser et d'agir. Elle est la règle sine qua non à suivre pour tout État digne de ce nom, une exigence de tous les instants, une nécessité qui fait loi, sans laquelle on s'expose à faire fausse route en partant, peu importe le problème d'envergure auquel on est confronté.
Confronté au commérage grossier des Jean Charest et Robert Liebman, la première chose à faire, c'est de statuer sur le fait lui-même. Car toute stratégie d'État s'appuie sur les faits et les principes et non sur les ouï-dires. Or, le fait était simple: où quand, comment, par quelles paroles exactes et dites dans quel contexte et dans quelle situation monsieur Yves Michaud se serait-il engagé dans une voie plutôt qu'une autre?
Plus simple et plus fondamental encore: est-ce que monsieur Michaud représentait quelqu'un ou quelque chose au moment de ses paroles? S'il ne représentait rien sur le plan politique, il n'y avait pas matière à décrier sur la place publique.
Le citoyen Michaud, comme tous les citoyens, n'engageait que sa personne, en supposant que ses paroles aient été rigoureusement rapportées telles qu'elles, ce qui n'était pas le cas comme on l'a vu plus tard mais trop tard.
Pour Lucien Bouchard, il n'y avait qu'une chose à dire:
1. Monsieur Michaud ne fait pas partie de cette Assemblée et si vous avez quelque chose contre lui, allez le rapporter au Procureur Général.
2. Veuillez soumettre PAR ÉCRIT ET JUSQUE DANS LES MOINDRES DÉTAILS LES PAROLES DE MONSIEUR MICHAUD, y compris les circonstances de temps et de lieu où elles auraient été prononcées. Votre document doit comporter une date et des signatures.
C'est aux accusateurs publics de faire la preuve de leurs dires, non à l'Assemblée Nationale, dont les préoccupations sont d'un autre ordre. Autrement, il on ne peut parler d'Assemblée Nationale lorsque de tels placotages sont pratiqués et tolérés.
L'entropie dont ont fait preuve les membres de l'Assemblée Nationale dans cette affaire montre encore une fois les conséquences de l'habitude acquise à la soumission servile, soumission qui rend inapte à mettre en pratique les principes élémentaires de la stratégie d'État:
Appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation;
_ détermination et maintien d'objectifs praticables et _ _ _ réalisables en termes de temps et d'espace;
_ maintien du moral;
_ concentration et économie de l'effort;
_ simplicité et souplesse;
_ sécurité et surprise;
_ coopération;coordination;
_ administration et logistique.
Nous deviendrons un État lorsqu'une majorité de Québécois-es auront compris ces principes et appris à les mettre en pratique. En attendant, nous allons conserver notre mentalité de colonisés.
René Marcel Sauvé, géographe, spécialisé en géopolitique et auteur de Géopolitique et avenir du Québec (Guérin 1994)

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René Marcel Sauvé217 articles

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J. René Marcel Sauvé, géographe spécialisé en géopolitique et en polémologie, a fait ses études de base à l’institut de géographie de l’Université de Montréal. En même temps, il entreprit dans l’armée canadienne une carrière de 28 ans qui le conduisit en Europe, en Afrique occidentale et au Moyen-Orient. Poursuivant études et carrière, il s’inscrivit au département d’histoire de l’Université de Londres et fit des études au Collège Métropolitain de Saint-Albans. Il fréquenta aussi l’Université de Vienne et le Geschwitzer Scholl Institut Für Politische Wissenschaft à Munich. Il est l'auteur de [{Géopolitique et avenir du Québec et Québec, carrefour des empires}->http://www.quebeclibre.net/spip.php?article248].





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