Aller au fond de la Caisse

La responsabilité directe du premier ministre n’est pas en cause ici et, par conséquent, il ne devrait pas avoir à se présenter devant la commission.

Ben dis donc, aller si vite en affaire laisse un petit doute là...


«C'est le plus gros désastre financier dans l' histoire du Québec. Il y a quelqu'un de responsable. Ce n'est pas vrai que Bernard Landry va échapper à ses responsabilités. «

Jean Charest, chef de l'opposition officielle, 16 mars 2003
«Quand le chef de l'opposition officielle me tient personnellement responsable de ce qui est arrivé à la Caisse de dépôt, il fait une erreur technique, une erreur juridique et une erreur de faits. «

Bernard Landry, premier ministre, 17 mars 2003
***
Ces deux citations rappellent combien, quand il s'agit de la Caisse de dépôt, l'esprit partisan l'emporte souvent sur les principes. Maintenant qu'il est premier ministre, M. Charest rejette toute responsabilité pour les épouvantables rendements de la Caisse. Aujourd'hui dans l'opposition, les péquistes ne voient plus d'«erreur technique et juridique» dans le fait de tenir le premier ministre responsable de la catastrophe.
C'est en raison de cet esprit partisan éhonté que plusieurs ont des doutes sur la capacité des députés d'aller au fond des choses en ce qui a trait à l'annus horribilis de la Caisse. Nous partageons ce scepticisme. Toutefois, force est d'admettre que ce genre d'exercice relève bel et bien du mandat des élus. C'est devant l'Assemblée nationale que les dirigeants de la CDPQ doivent rendre des comptes.
Il faut donc souhaiter que le Parti libéral et le Parti québécois s'entendent sur les modalités d'une commission parlementaire spéciale. Chose certaine, celle-ci ne pourra pas se limiter à deux ou trois jours de travail. Comme le soulignait hier Pauline Marois, «il y a trop de conséquences, trop de sujets» pour qu'on évacue l'affaire en quelques heures.
La responsabilité directe du premier ministre n'est pas en cause ici et, par conséquent, il ne devrait pas avoir à se présenter devant la commission. Par contre, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, doit absolument témoigner. C'est elle qui répond de la Caisse devant l'Assemblée. C'est aussi elle qui a fait adopter le nouveau mandat de la Caisse qui, selon l'opposition, est à l'origine du dérapage.
Devraient répondre aux questions des députés, également, les dirigeants actuels et leurs prédécesseurs, ces derniers dans la mesure où ils ont été mêlés aux décisions ayant mené aux mauvais rendements (nul besoin de remonter à Mathusalem). Les déposants devraient venir livrer leur version de ce qui s'est passé en 2008 et expliquer l'impact de ces mauvais rendements sur leur situation financière. Enfin, les députés et la population pourraient tirer profit du témoignage de quelques experts.
Aller au fond des choses à l'égard d'une perte de 40 milliards, c'est une question de «respect de la population du Québec», a soutenu avec raison Mme Marois. Ce respect comporte aussi un devoir pour les députés de l'opposition: celui d'éviter l'esprit partisan excessif.
La chef du PQ a déclaré hier que son parti voulait «faire le travail sérieusement». Espérons que cette sage résolution tiendra pedant toute la durée des travaux de cette essentielle commission parlementaire.
apratte@lapresse.ca

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André Pratte878 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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