Fête nationale au Québec

Une réduction de budget dénoncée

2005


Rollande Parent
_ Presse Canadienne vendredi 28 janvier 2005
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Montréal - Les organisateurs de la Fête nationale au Québec dénoncent la réduction de la subvention qu'envisagerait le gouvernement du Québec et qui serait encore plus marquée que celle de l'an dernier.
Au point où le chanteur Paul Piché se demande si le premier ministre Charest ne devrait pas voir à ce que le premier ministre Martin divertisse une partie des sommes consacrées à la fête du Canada au Québec au profit de la Fête nationale des Québécois.
Selon la direction du Mouvement national des Québécois, qui distribue les subventions pour la tenue de 800 fêtes locales, d'une vingtaine de fêtes régionales en plus des fêtes nationales de Québec et de l'Outaouais, l'aide gouvernementale de 3 millions $ reçue en 2004 pourrait bien être réduite d'au moins 18 pour cent cette année.
Le cas échéant, certaines fêtes locales seront mises en péril, a averti vendredi la présidente du MNQ, Chantale Turcot.
Pour sa part, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB-M) dispose d'une aide spéciale distincte pour l'organisation du défilé de Montréal et du grand spectacle du Parc Maisonneuve. Là aussi, le président Jean Dorion craint d'avoir à tenir des fêtes ratatinées surtout, a-t-il dit, que les sommes recueillies par le biais des commandites augmenteront cette année «mais pas en proportion des pertes que nous subissons du côté des subventions».
M. Dorion n'a pas voulu préciser la montant des commandites.
Pour le spectacle du parc Maisonneuve à Montréal et le défilé, la subvention annuelle totalisait l'an dernier 750 000 $, un recul par rapport à l'année précédente qui avait forcé l'abandon du défilé traditionnel et son remplacement par une marche populaire dans le Vieux-Montréal.
Cette année, un contrat liant la SSJB-Montréal et le gouvernement prévoyait une majoration de six pour cent de ce montant. A la lumière de discussions avec des fonctionnaires, M. Dorion a compris qu'il n'allait pas obtenir la majoration prévue.
«Nous craignons pour l'existence même d'une fête nationale digne de ce nom à Montréal», a déclaré M. Dorion entouré d'artistes et fort de l'appui des grandes centrales syndicales.
«Une mobilisation s'impose. Nous en appelons à la communauté artistique et à la population en général afin que le gouvernement accorde des sommes décentes à cette célébration», a plaidé le comédien et metteur en scène René-Richard Cyr.
«Ne plus financer les fêtes est une façon de nous dire: «Taisez-vous» «, a lancé l'historien et homme de théâtre, Jean-Claude Germain.
Pour sa part, le chanteur Paul Piché a fait la suggestion suivante: «Peut-être pourrait-on demander à M. Charest de parler à M. Martin pour avoir une partie du budget de la fête du Canada qui me semble un peu dépensé inutilement», a-t-il dit. Les organisateurs de la Fête du Canada disposaient l'an dernier d'un budget de 5 millions $, ce qui constituait 70 pour cent du budget total canadien, selon Mme Turcot du MNQ.
«Je pense que la Fête du Canada représente peu de choses pour beaucoup de gens au Québec alors que la Fête du Québec rallie à près tout le monde», a ajouté M. Dorion.


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