Une occasion manquée

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C’est clair, Trudeau n’a rien à offrir à l’électorat québécois

Le congrès national du Parti libéral du Canada, qui se tenait en fin de semaine à Montréal, a été un franc succès. Pas de cafouillage, des militants nombreux et enthousiastes, des prestations réussies du chef. Grâce au charisme de Justin Trudeau, le PLC est revenu à la vie.
Si le discours de M. Trudeau samedi a déçu les commentateurs, c'est seulement parce que son entourage avait annoncé une allocution importante, comme l'écrivait hier notre collègue Vincent Marissal. De fait, M. Trudeau n'a rien dit de neuf. Seul engagement concret: un gouvernement libéral n'augmentera pas les taxes imposées aux Canadiens de classe moyenne. À 20 mois du prochain scrutin, on ne pouvait pas vraiment s'attendre à ce qu'il déballe une plateforme électorale.
Tout de même, le chef libéral a dessiné avec plus de précision les principes qui guideraient un gouvernement libéral élu en 2015. Il a insisté sur son approche conciliatrice, bien différente de la politique de division des conservateurs. Il a parlé de l'importance de doter le pays d'infrastructures adaptées aux changements climatiques et d'améliorer la formation des Canadiens: «Oui, je sais que l'éducation fait partie des compétences provinciales. Mais il y a beaucoup de choses que le gouvernement fédéral peut faire pour soutenir une politique provinciale.»
Fidèle à la tradition de ce parti, un gouvernement libéral en serait un de juste milieu. En ce qui a trait aux sables bitumineux, par exemple, Justin Trudeau a déclaré: «Bien sûr, c'est une des responsabilités économiques fondamentales du premier ministre du Canada de contribuer à acheminer nos ressources naturelles jusqu'aux marchés étrangers. De plus en plus, le moyen d'y parvenir est une politique environnementale rigoureuse.»
Dommage que les libéraux n'aient pas saisi l'occasion de la tenue de leur congrès à Montréal pour transmettre un message fort à l'électorat québécois. Dans ses deux allocutions, M. Trudeau a peu parlé français, et ces passages étaient les moins éloquents de tous - sur le fond comme sur la forme. Au lieu de prendre une défense ferme et raisonnée des droits des minorités religieuses dans la province, le chef libéral a blâmé le gouvernement Harper pour le climat malsain provoqué par la Charte des valeurs québécoises. Étrange théorie... Au lieu d'expliquer de manière convaincante pourquoi les électeurs québécois devraient voter libéral l'an prochain, M. Trudeau a sorti une platitude maintes fois servie, sans succès, par ses prédécesseurs: «En 2015, les Québécois pourront choisir l'action plutôt que l'opposition.»
Si l'on en croit les sondages, beaucoup de Québécois sont sensibles au charme de M. Trudeau et au renouveau qu'il représente. Cependant, cet appui est vraisemblablement fragile. En fin de semaine, le chef du PLC a manqué une belle occasion de le consolider.

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André Pratte875 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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