Une marche pour honorer la loi 101

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Loi 101 - 30e anniversaire - Adoption de la loi 101

Plusieurs politiciens souverainistes ont rendu hommage hier à la Charte de la langue française, qui a soufflé ses trente bougies. Ils se sont adressés à plus d'un millier de participants à une marche organisée pour l'occasion dans la métropole par le Mouvement Montréal français.
La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a fait valoir que la Charte de la langue française a «façonné le visage français du Québec et de Montréal en particulier». «C'est par la langue française que le peuple québécois exprime son identité et enrichit la diversité linguistique et culturelle des Amériques», a-t-elle dit.
Elle a qualifié d'«inacceptable» la décision de la semaine dernière de la Cour d'appel limitant le droit du gouvernement du Québec d'intervenir en matière d'accès à l'école anglaise. «C'est probablement la meilleure démonstration du fait qu'une majorité peut imposer à une minorité -- parce que nous sommes une minorité dans le Canada -- ses vues, ses points de vue.»
De la même manière, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a affirmé que la «décision de la Cour d'appel à l'encontre de la loi 101 est venue nous rappeler que rien n'était gagné définitivement».
Il a mentionné que la décision repose sur la Charte canadienne des droits et libertés «qui nous a été imposée de force [et] va à l'encontre d'une décision unanime de l'Assemblée nationale». Il a soutenu que la reconnaissance de la nation québécoise ne devait pas rester symbolique. «Je demande aujourd'hui à Stephen Harper et aux conservateurs, à Stéphane Dion et aux libéraux, à Jack Layton et au NPD [...] [de dire] clairement aujourd'hui que la langue de cette nation, c'est le français» et de dire «que d'aucune façon des institutions canadiennes et fédérales ne doivent entraver le français au Québec, ne doivent affaiblir la loi 101».
Le porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir, la députée bloquiste Maria Mourani, le député péquiste Pierre Curzi, le dramaturge Jean-Claude Germain, les syndicalistes Réjean Parent, René Roy et Claudette Carbonneau et le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Jean Dorion, font aussi partie des personnes qui ont prononcé des discours hier.
L'ancien premier ministre Bernard Landry a rendu hommage au père de la loi 101, Camille Laurin. La veuve de l'ancien ministre péquiste, Francine Castonguay-Laurin, s'est aussi adressée à la foule. L'ancien premier ministre Jacques Parizeau était présent dans l'assistance.
Le président du Mouvement Montréal français, Mario Beaulieu, avait affirmé plus tôt dans la journée que la Charte de la langue française visait à «faire du français la véritable langue officielle du Québec». «Au bout de 30 ans, nous en sommes encore très loin», a-t-il dit. «Il y a eu des progrès, mais, depuis son adoption en 1977, la Charte de la langue française a souffert de plus de 200 amendements.»
Manifestants
Les participants à la marche se sont réunis devant le métro Mont-Royal à Montréal en début d'après-midi hier. Brandissant des pancartes et des drapeaux, ils ont défilé jusqu'à côté de l'édifice abritant l'Office québécois de la langue française, rue Sherbrooke Ouest. Mathieu Morin, 16 ans, a dit participer à la marche d'hier à «cause des nombreux amendements à la loi 101».
Claude Lord, retraité, a affirmé qu'il «est temps qu'on réagisse aux coups bas qu'Ottawa nous fait tout le temps». «Autrement, ici, on va disparaître. C'est une question de vie ou de mort. Si on veut que les générations futures continuent de vivre en français. Il faut bouger aujourd'hui.»
Benjamin Cloutier, 29 ans, déplorait que les jeunes de moins de 25 ans n'aient pas participé en plus grand nombre à la manifestation. «Je regarde, c'est [surtout] des têtes grises. Quand ils ne seront plus là, qui va prendre la relève?»
«Je travaille à Westmount et je suis souvent outrée de voir que plein de gens ne peuvent pas parler en français», a pour sa part dit Kolette Pelletier pour expliquer sa présence à la marche.
«Avant d'immigrer au Québec, on nous a fait croire qu'on pouvait vivre et travailler en langue française. Malheureusement, ce n'est pas le cas», a quant à lui affirmé Rachid Bandou, déplorant que la langue de travail soit l'anglais dans plusieurs PME.


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