Une enquête sur la police, pas pour demain!

Tribune libre

Après plus de 3500 arrestations et des dizaines de blessures graves en 2012 et 1500 arrestations depuis le début de 2013, une demande d’enquête publique, sur les droits et la sécurité des manifestants et les méthodes policières utilisées pour contenir ces manifestations, est-elle déraisonnable en ce moment-ci?
Il est temps que le Québec comme société réfléchisse sur l’encadrement des manifestations dans la rue et l’agissement des policiers. Le ministre de la sécurité publique, Stéphane Bergeron, vient de proposer une commission spéciale d’examen qui étudiera, à huis clos, aussi bien l’agissement du mouvement étudiant que celui de la police. Cependant cette commission n’aura pas le pouvoir de contraindre quiconque à témoigner. Allô commission…!
Il y a lieu de s’inquiéter de cette décision du gouvernement, car il ne répond pas aux attentes légitimes de notre société de plus en plus inquiète des forces policières dont la répression se radicalise. Le ministre de la sécurité publique dit qu’il n’est pas opportun de mettre, maintenant, une véritable commission d’enquête sur la police de peur de nuire aux plaintes déjà déposées devant la commission de déontologie policière. Nous voilà devant le même argument utilisé par le gouvernement libéral de Jean Charest qui a refusé pendant des mois une commission d’enquête publique pour ne pas nuire aux enquêtes policières en cours. Alors que fait-il, le ministre Bergeron, pour ne pas nuire ou condamner au préalable des centaines de manifestants arrêtés et qui sont en attente de procès à venir? Ces citoyens devront répondre de leurs actions devant des juges, et les policiers, eux, devant qui devront-ils répondre? Avons-nous une justice de deux poids deux mesures?

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Marius Morin130 articles

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Citoyen du Québec, Laval, Formation universitaire, Retraité toujours
interpellé par l'actualité socio-politique

Laval





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