Les colonisateurs ont toujours combattu l'indépendance des peuples

Je veux des acharnés de liberté au Québec

Notre fédération cache un problème colonial non résolu

Tribune libre

La fédération des pays colonisateurs a toujours été là pour combattre l’indépendance des peuples. Par exemple, l’Algérie a refusé une fédération avec la France, même si aujourd’hui son Premier ministre tente de fédérer certains territoires. Chez nous, le Haut-Canada anglais, après la chute de la Nouvelle France en 1760, lors de la Bataille de Sainte-Foy, toujours inféodé du Royaume-Uni, a fait fi des lois du Bas-Canada français et du Conseil souverain de la Nouvelle-France de 1663. Or, ce Conseil souverain s’inscrivait dans l’esprit juridique de l’Ordonnance de Villers-Cotterêts, édictée par le roi de France François 1er en 1539, et qui faisait du « français » la langue officielle de l’État, des lois, de la justice, et de tous les actes juridiques.
Aujourd’hui encore, « fédéraliser » un État semble une vision progressiste et révolutionnaire pour le néolibéralisme, alors qu’on sait très bien que le fédéralisme est le moyen le plus sûr de détruire un État. Nous n’avons qu’à penser à l’Union soviétique, à la Yougoslavie, l’Union européenne présentement, où les pays se disloquent les uns après les autres, en perdant graduellement leur identité nationale. Le documentaire intitulé « Les États-désunis du Canada » nous démontre la présence des forces séparatistes de l’Ouest canadien comme de l’Est et elles sont un prélude à ce qui va se passer tôt ou tard à l’intérieur de la confédération canadienne. Oui, cela va prendre du temps, mais ça arrivera un jour.
Il y a quelque chose de renversant et d’insolite au sein des Libéraux tant au provincial qu’au fédéral. Au Québec, on vote pour Philippe Couillard qui a claqué la porte du parti Libéral, et tout d’un coup on en fait un chef exceptionnel, et d’autre part au fédéral, on perpétue la trudeaumanie avec Justin Trudeau. On oublie que Pierre Elliott Trudeau, en 1970, nous a envoyé l’armée au Québec pour tuer toute velléité d’indépendance, et qu’en 1982, il nous a imposé une nouvelle Constitution avec sa charte des droits et libertés, sans oublier le vol du référendum de 1995, sous Jean Chrétien, Power Corporation et leurs commandites. Comment des gens supposément intelligents continuent à voter pour le statut quo du parti Libéral? Oui, mais c’est le parti politique qui s’occupe le mieux de notre économie. Faux! Je vous renvoie au discours magistral de Daniel Breton où il démontre que les Libéraux sous Jean Charest ont fait perdre plus de huit milliards de dollars à l’économie du Québec.
Cependant je tiens à préciser que je n’ai pas de problème avec les gens qui soient fédéralistes, provincialistes, de gauche, de centre, de droite, etc. Pour moi, la liberté d’un peuple est une valeur en soi, c’est quelque chose de viscéral et de vital. C’est comme la libération des femmes. Ce n’est pas l’apanage des progressistes, de la gauche, de la droite ou d’un parti politique. C’est une valeur d’humanité, cette égalité entre les hommes et les femmes, et comme valeur elle est au-dessus des allégeances religieuses ou politiques.
Dans une confédération plus ou moins fonctionnelle, arrêtons de mettre des conditions à l’indépendance du Québec. On fera l’indépendance quand les conditions seront gagnantes, suite à une gouvernance souverainiste, après avoir mis le cap sur l’indépendance, quand il y aura convergence, quand les forces souverainistes seront réunies, etc. Tout cela est de l’hypocrisie, et on se berce d’illusions. C’est comme nos luttes à la pauvreté… avec nos shows médiatiques lors des guignolées à la veille de Noël, des soupes populaires, des cuisines communautaires, et des petits déjeuners, etc. Tout d’un coup on devient généreux, le cœur sur la main, on donne des sous, on pense aux pauvres… mais qui ose se lever pour dénoncer les systèmes injustes qui causent le chômage et la pauvreté et aussi tant de souffrance dans notre société? Méfions-nous des médias qui se gargarisent et se félicitent de faire leur part… c’est de la démocratie de propagande pour mieux nous endormir et cacher la vérité.
Je sais très bien qu’au lendemain de l’indépendance du Québec, tous nos problèmes ne seront pas réglés, il y aura des pollueurs, des inégalités sociales, des riches et des pauvres, des lâches et des travaillants, des corrompus et des gens honnêtes, des racistes et du bon monde… mais nous serons un peuple libre, ni pire ni meilleur que les autres, nous serons un État souverain, maître de notre destin avec les outils nécessaires à notre prospérité. Les peuples qui survivent à travers l’histoire, ce sont ceux qui se donnent un État. Voilà pourquoi je veux des acharnés de liberté au Québec.

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Marius Morin130 articles

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3 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    16 avril 2013

    Il est vrai que les colonisateurs, en arrivant quelque part, prenaient possession des territoires conquis. La découverte des documents secrets Neat Pitch et Northern Express ne font que mettre en lumière les débuts ténébreux de l’Amérique britannique du Nord. J’espère qu’un jour vos recherches porteront des fruits, et que vous continuiez à être une acharnée de vérité et de liberté. Bon courage!

  • Archives de Vigile Répondre

    15 avril 2013


    M. Morin,
    On a beau être acharnée et se lever pour dénoncer, Que faire quand personne ne veut te croire. On connaît une histoire tellement programmée, et quand on révèle le plus grand secret du monde, personne n'accepte de croire cette version simplement parce qu'elle ne vient pas de ses propres déductions. Et le monde, il continue de reculer. Je vous invite à lire l'histoire de mes ancêtres premiers possesseurs-défricheurs que j'ai écrite en réaction à l'article de M. René-Marcel Sauvé. C'est la pure vérité.
    Les colons canadiens-français ont acquis des lots dans les cantons en tenure de franc et commun soccage pour établir leur famille et l'ont mis en commun avec d'autres colons. D'après l'histoire familiale, les baux par lesquels les colons ont dû renoncer à l'usufruit en faveur de leur colonie ont pris fin après un premier siècle. Les lots ayant été concédés par la couronne britannique et dont le propriétaire est inconnu, l'usufruit retourne au concédant (détention précaire) en attendant que le tenancier par indivis légitime le revendique. Ce que P.E. Trudeau a fait, c'est de se faire concéder le droit d’usage par un autre bail emphytéotique. Le premier bail doit correspondre à l’année de création de la chambre de commerce ou se situe le territoire de la colonie qui a pris fin après une période maximale de 100 ans.
    Mes deux ancêtres ont fait partie de la société de la rivière-aux-sables et l'autre de la «Petite Société». Les lots étaient, en fait, leur action de participation à cette entreprise de colonisation. Une fois dissoutes, les lots conservent leurs droits exceptionnels. J'ai des titres de propriétés authentiques et parfaitement légaux, contrairement à certaines corporations milliardaires qui nous dépouillent sous l'honorable couverture que représentent les chambres de commerce. Avant l'existence des gouvernements, il y avait les sociétés de colonisation. Le territoire n'est pas la propriété du domaine public, mais celle du domaine privé. L'heure de rendre aux propriétaires légitimes est venue, mais les élus, devant ce fait historique, ne veulent pas perdre leur emprise sur les biens d’autrui.
    Je suis une acharnée, et même si je ne vous ai pas convaincu, le fait d’avoir convaincu des enquêteurs me suffit. L'histoire va me donner raison. À suivre. Merci.

  • Archives de Vigile Répondre

    15 avril 2013

    Bonjour M. Marius Morin,
    J'ai décroché totalement à ;
    "Aujourd’hui encore, « fédéraliser » un État semble une vision progressiste et révolutionnaire pour le néolibéralisme."
    Tout est là.
    Pour eux... ça ne semble pas, c'est une réalité, une finalité.
    Pour nous, c'est la base... et leur base, notre finalité... dans notre base.
    Je me trompe?