Réplique à Jacques Henripin

Un système qui enrichit les choix familiaux

Immigration - capacité d'accueil



Dans l'édition du [Devoir du 13 août dernier, le démographe Jacques Henripin est cité->8166] à l'effet que, selon lui, «[le système de services de garde à tarifs réduits] est d'une injustice absolument navrante pour celles et ceux qui privilégient d'autre façons d'élever leurs jeunes enfants», ajoutant que «ce n'est pas à l'État de décider du mode d'éducation des enfants».
Cette vue des choses, largement diffusée par l'Action démocratique du Québec, gomme un passé pas si lointain où les femmes étaient forcées de rester à la maison. Contrairement à ce que l'ADQ et ses partisans prétendent, l'introduction des services de garde à tarifs réduits a largement enrichi les choix familiaux sur la façon d'élever les enfants.
Ces services de haute qualité ont permis à des milliers de femmes d'accéder au marché du travail, plus que dans n'importe quelle juridiction canadienne. Le changement a non seulement été important pour le bien-être des femmes, pour leur statut social et pour leur autonomie, mais a aussi permis à de très nombreuses familles d'améliorer leur sort financier. En permettant aux femmes de s'insérer dans le marché du travail, la création du réseau des services de garde à tarifs réduits a nettement contribué à améliorer les conditions économiques des familles associées à la décision d'avoir des enfants.
Confier son enfant à des services de garde de haute qualité ne signifie pas que les parents abdiquent leurs responsabilités d'élever leur enfant.
Au contraire, les études montrent clairement que les enfants demeurent attachés bien davantage à leurs parents qu'à leur éducatrice lorsqu'ils fréquentent la garderie, ce qui illustre la place prépondérante que continuent d'occuper ces parents dans la vie de leurs enfants.
La création des services de garde poursuit un objectif d'égalité des chances pour tous les enfants du Québec. Les Québécois ont répondu avec enthousiasme à cet objectif de donner accès à un environnement stimulant dès leur plus jeune âge à tous les enfants du Québec, et non seulement aux enfants des parents les mieux nantis. L'inquiétude que M. Henripin manifeste à l'égard de notre capacité à subvenir aux besoins d'une population vieillissante est légitime. La participation de ces enfants au milieu du travail et leur accès à des emplois mieux rémunérés parce qu'ils auront connu plus de succès à l'école fait partie de la solution.
Il faut par ailleurs rappeler que c'est le gouvernement du Parti québécois qui a fait adopter en 2001 la Loi sur les congés parentaux, lesquels offrent les conditions de soutien à la maternité et à la parentalité les plus généreuses en Amérique du Nord.
Les modifications récentes au régime des allocations pour enfants viennent compléter ces efforts que les Québécois ont appuyés pour aider nos jeunes familles.
Lorsque Pauline Marois était ministre de la Famille, le Parti québécois a manifestement bien interprété les besoins des familles du Québec. Mais il reste encore beaucoup à faire, notamment en matière d'aménagement du temps pour la famille et aussi en matière de revenu. Or, ce n'est certes pas en ignorant les pas extrêmement importants qui ont été faits que nous ferons avancer la cause de la natalité au Québec.
Ce n'est pas non plus en appauvrissant les femmes et en affaiblissant nos services de garde, comme le propose l'ADQ, que nous allons y arriver. Nous travaillons très fort au Parti québécois à préparer des positions qui répondront encore mieux aux besoins des familles québécoises.
Mais nous devons le faire en respectant l'égalité des femmes et des hommes, en privilégiant une égalité des chances pour tous nos enfants et en améliorant la qualité de vie de nos familles.
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Camil Bouchard, Député de Vachon et porte-parole du Parti québécois en matière de famille


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