Qu'est-ce que vivre dans la culture québécoise?

Un immigrant qui ne participe pas à la culture québécoise la met en péril

Adhérer pleinement à la culture majoritaire doit faire partie du contrat social

Tribune libre


La spectaculaire façade du Musée de la Civilisation à Québec
avec vue sur le premier bâtiment de l'Université Laval.
L'immigrant tiers-mondiste indifférent ou réfractaire qui ne consomme pas la culture québécoise sous toutes ses formes contribue par sa négligence et son abstention à sa lente disparition. Sans engagement formel, il ne le fera jamais en 100 ans. Et peu importe que ce soit la culture savante ou populaire.

Il n'écoute pas les entrevues de personnalités québécoises avec Christiane Charette, n'en connaissant aucune. Il n'a acheté aucun des cd de Karkwa ou de Pierre, Éric, Stéphanie ou Jean Lapointe. Il n'assiste pas aux concerts des Violons du Roy au Palais Montcalm.


La Rue Du Trésor, dans le Vieux-Québec
Il ne lit jamais les romans de Marie Laberge ou de Jacques Poulin. On ne le voit pas manger à la Binerie Mont-Royal. Je n'en ai vu aucun à l'exposition Marc-Aurèle Fortin en cours au Musée des Beaux-arts de Québec. Il n'a certainement pas regardé le reportage sur la compagnie de danse Marie Chouinard à Voir cette semaine. Il ne regarde pas Bazzo.tv, Chabot et fille, le quiz Le Cercle ou Denis Lévesque. Il ne connaît point l'humoriste Guy Nantel ou la comédie Catherine avec Sylvie Moreau.


Les grands arbres, de Marc-Aurèle Fortin
Il n'est pas allé voir au cinéma La grande séduction ou tout simplement le populaire Bon cop, bad cop. Il n'a même pas regardé le conte Babine de Fred Pellerin lorsqu'il est passé gratis à la télé. Il ne feuillette pas le magazine 7 Jours en attendant à la caisse du marché Métro, ni ne lit le Journal de Montréal ou Le Devoir. Il n'a essayé aucune recette de Ricardo ou de notre Curieux Bégin.


Foule acclamant "les chansons d'abord" sur les Plaines d'Abraham
à deux pas du Cap-Diamant
Toute culture a besoin d'un public renouvelable pour la faire vivre et perdurer. En réduisant chaque année le bassin de population disponible pour l'apprécier, c'est la disparition pure et simple de larges pans de culture qui s'évanouissent, comme par exemple la musique traditionnelle désormais reléguée aux oubliettes et qu'on ne ressort que le 24 juin et durant le temps des fêtes.

Une meilleure sélection des candidats dont l'un des ingrédients serait la compatibilité des cultures doit être mise de l'avant si on souhaite préserver les éléments constitutifs essentiels de toute culture qui se respecte.

C'est pour toutes ces raisons que les critères d'immigration doivent être révisés pour favoriser l'accueil des occidentaux, les plus semblables à nous sur tous les plans et les mieux aptes à participer à notre culture, à la consommer et à la faire vivre.

Réjean Labrie, de Québec, capitale nationale.

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Réjean Labrie851 articles

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Réjean Labrie est natif de Québec. Il a fait une partie de sa carrière dans la fonction publique provinciale.

Il tire la plus grande fierté d’être un enraciné de la 11ème génération en sol natal. Son élan nationaliste se porte sur la valorisation de la culture québécoise et sur la préservation de l'identité culturelle québécoise et de sa démographie historique.

Il se considère comme un simple citoyen libre-penseur sans ligne de parti à suivre ni carcan idéologique dont il se méfie comme des beaux parleurs de la bien-pensance officielle.

L'auteur se donne pour mission de pourfendre les tenants de la pensée unique, du politiquement correct, de la bien-pensance vertueuse, toutes ces petites cliques élitistes qui méprisent le bon peuple.

Plus de 850 articles publiés en ligne ont été lus un million 465 000 fois par tous ceux qui ont voulu partager une réflexion s'étendant sur une période dépassant 15 ans. À preuve que l'intérêt pour une identité nationale québécoise affirmée ne se dément pas, quoi qu'on en dise.





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4 commentaires

  • Réjean Labrie Répondre

    23 mars 2011

    M. Racine,
    Vivre dans la culture québécoise est une foule de petites choses qui nous font ressembler de plus en plus à nous-mêmes.
    Oui, comme vous dites, vous avez échappé de justesse à l'acculturation qui vous guette. C'est ce qui doit arriver lorsque qu'on vit comme vous loin de son Québec natal en Scandinavie.
    C'est au Québec que l'on accomplit son destin de Québécois, au coeur de sa patrie.
    Un Québécois ailleurs est un Québécois perdu.
    Réjean Labrie

  • Archives de Vigile Répondre

    23 mars 2011

    Une chance que j'ai déjà lu un romain de Jacques Poulin, autrement je me demandais si j'étais encore Québécois.

  • Réjean Labrie Répondre

    22 mars 2011

    Pour ceux qui ne l'aurait pas vu, voici le reportage sur la chorégraphe Marie Chouinard, artiste allumée, dont il est question plus haut:
    http://video.telequebec.tv/video/6922/la-bulle-de-creation-de-marie-chouinard
    Réjean Labrie

  • Archives de Vigile Répondre

    22 mars 2011

    Simon Brault, M. Culture Montréal, déplore dans son livre LeFacteur C que certains publics sont imperméables à la culture et dit craindre que se préparent des «fractures socioculturelles». Selon lui 95% des spectateurs à Montréal sont blancs et francophones.
    Comme aux Shows de la St-Jean...
    http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/2009...ge-culturel.php
    Mario Cloutier
    La Presse
    Simon Brault lance un premier essai, Le facteur C: l'avenir passe par la culture, un plaidoyer en faveur de la participation culturelle. En entrevue exclusive à La Presse, cet acteur important de la culture à Montréal explique que le développement de l'offre n'est plus suffisant pour assurer l'avenir de la culture.
    Simon Brault porte trois chapeaux: directeur de l'École nationale de théâtre, vice-président du Conseil des arts du Canada et président de Culture Montréal. Toutes ses expériences lui ont servi pour écrire Le facteur C: l'avenir passe par la culture, un témoignage, une profession de foi et une invitation à la participation culturelle.Son constat: la culture est devenue un enjeu économique et politique. On le voit dans les investissements publics à Montréal et on le sent dans les campagnes électorales. Paradoxalement, malgré une offre abondante, certains publics s'absentent: les plus démunis, les jeunes et les communautés culturelles, notamment.
    Avec la nouvelle crise des finances publiques, les gouvernements se serreront la ceinture, et la culture écopera probablement au premier chef, dans les prochaines années. Il devient alors urgent de parer à ce qu'on peut appeler le «décrochage culturel».
    «Le modèle complètement pensé autour du développement de l'offre, pour stimuler la consommation culturelle, arrive en bout de course. Ce système va imploser si on n'intervient pas massivement pour encourager la participation culturelle», dit-il en entrevue à La Presse.
    Constatant que certains publics sont imperméables à la culture, il dit craindre que se préparent des «fractures socioculturelles» dans les villes, dont Montréal.
    «Le Quartier des spectacles et la place des Festivals, c'est bien, mais c'est moins important pour l'avenir de la culture à Montréal, où l'offre est à 95 % blanche et francophone, que de faire le virage pour intéresser les autres à ce que l'on fait», croit-il.
    Devant la hausse de ces «non-publics», Simon Brault croit qu'une révision des politiques culturelles et du rôle de l'État s'impose.
    «Oui, l'économie est importante, dit-il, mais les politiques publiques aussi. Je suis très content que le maire s'occupe de la place des Festivals, mais si elle ne sert qu'à mettre en scène ce qu'on avait avant, c'est more of the same. Ça doit être une occasion d'aller chercher d'autres publics.»
    L'auteur pense qu'il faut encourager la rencontre entre publics et artistes, l'art public, les loisirs culturels et, surtout, un véhicule tout-terrain: l'art et la culture à l'école.
    «On ne les voit plus comme des choses fondamentales à l'école, déplore-t-il, mais comme périphériques, sauf pour certaines écoles à projet culturel. Toutes les écoles devraient avoir des projets culturels adaptés.»
    Par ailleurs, on a longtemps cru, ajoute-t-il, que la pratique de l'art amateur éloignait le public des artistes professionnels, mais on se rend compte qu'on avait tout faux.
    «Plus les gens ont un rapport personnel à la création, plus ils expérimentent le pouvoir de l'art et en redemandent. Malheureusement, on le valorise dans une logique commerciale. Star Académie c'est de la participation culturelle, mais dans un esprit de compétition et de star system uniquement, pas pour le plaisir de la création.»