Un autre lapsus

Québec 2007 - Tribune libre de Vigile



Ce matin, à la radio, j'ai entendu Jean Charest dire qu'il va continuer à se battre pour ce qu'on a eu...

Intéressante comme bouchée philosophique.

Si on tente de décrypter son message, ça veut donc dire qu'il veut continuer à tourner en rond avec son schème de pensée du fédéralisme d'ouverture non revendicateur figé sur le statu quo canadian.

Dernièrement, il avait fait un autre genre de lapsus devant la presse anglophone au sujet de la divisibilité du Québec. Ça me semblait presque calculé. À ce moment-là, s'exprimant en anglais, plongé comme il l'était dans son fantasme de fédéralisme d'ouverture, en réponse à une question d'un journaliste canadian, il ne remettait pas en question la divisibilité du Québec. Il a confondu son rôle de premier ministre de l'état québécois, qui n'a jamais accepté la constitution de 1982, avec son autre rôle plus ancien, celui de sauveteur du Canada, révélant sa psychée fracturée par ce dérapage. Il a tout de suite tenté de sauver les apparences en disant, en anglais, la même chose et son contraire, coincé parce que ses propos allaient être rapportés aux médias québécois, inévitablement.

Hier, M. Stephen Harper n'y est pas allé de lapsus. Il a indiqué très clairement son choix de partenaire provincial.

MM. Duceppe et Boisclair ont réagi aux propos sélectifs de M. Harper, soulignant cette seconde ingérence directe et sans précédent dans une campagne électorale provinciale.

Pourtant, si on se réfère à l'histoire de la fédération canadian, on se rend compte que le pouvoir fédéral s'est déjà mêlé d'une importante consultation populaire, celle de 1995.

Avant ça, il y a eu un certain événement en 1948.

Le très superstitieux William Lyon Mackenzie King, secondé avec toutes les ressources de son précieux allié Joey Smallwood, s'était ingéré insidieusement dans le référendum sur l'annexion de Terre-Neuve. En tant que proposition de consultation référendaire, le peuple de Terre-Neuve devait proposer l'attachement au Royaume-Uni ou l'indépendance. À l'origine de ce mouvement, l'annexion au Canada n'était même pas une considération. Terre-Neuve, qui était une colonie britannique indépendante du Canada avant 1948, dont le peuple avait démontré une volonté indéniable de demeurer indépendant du Canada, a pourtant été annexée au dominion du Canada suite à un référendum très controversé.

Dans un discours de M. King suite aux résultats de cette consultation populaire, il avait déclaré que la majorité à 52,2% avait été une décision très claire pour l'annexion. Selon certains auteurs indépendantistes de Terre-Neuve, les organisateurs et les responsables de ce référendum auraient tout simplement inversé les résultats réels, c'est à dire 52,2% pour l'indépendance face à l'empire canadian.

On doit noter que M. King a usé des mêmes stratégies de diffusion de propagande fédéralisante à l'endroit de Terre-Neuve que M. Chrétien a utilisées, pendant sa carrière politique, à l'endroit des indépendantistes du Québec.

Pour panser les plaies de ces insulaires bafoués à l'aide de Joey Smallwood, M. King a régenté la partition du Québec, cédant le Labrador à cette nouvelle province.

Pour revenir à ce récent paradigme du fédéralisme d'ouverture, il est important de remarquer que c'est une fenête qui fut entr'ouverte par le PQ et le BQ. Maintenant, les opportunistes Harper, Charest et Dumont tentent d'en récolter les fruits d'une manière indécente, comme si c'était eux qui avaient rendu ça possible.

Pour Charest et Dumont, ça semble facile de substituer cette chimère à une porte entr'ouverte. Mais, cette brèche sert surtout à l'absorption du Québec dans un Canada uni. C'est tout simplement aberrant de voir Charest et Dumont vanter cet état de fait imposé par Stephen Harper, souriants et satisfaits des miettes que le maître leur a accordées.

Quand c'est rendu que Harper dépasse Dion sur le plan de l'incarcération du Québec dans le Canada, il est grand temps de réagir affirmativement et positivement pour le Québec.

En conclusion voici quelques autres mots qui cohabitent très mal ensemble: l'albertain Stephen Harper et l'environnement.

Daniel Sénéchal

Montréal


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