Sur la défensive?

Fédération internationale des professeurs de français (FIPF)



En tant que présidente de l'AQPF (Association québécoise des professeurs
de français), qui est affiliée à la [FIPF (Fédération internationale des
professeurs de français)->http://www.fipf-quebec2008.com/], je me dissocie complètement des propos
déplorables de son président rapportés hier dans vos pages. Selon Dario
Pagel, le Québec serait «refermé sur lui-même». Il reproche aux Québécois
d'être trop sur la défensive par rapport à leur langue et de ne pas savoir
«dialoguer avec les communautés non francophones du Canada». De plus, il
affirme catégoriquement que le français ne court aucun danger au Québec.
Vraiment?
Que voilà de beaux discours de la part d'une personne qui préside un
organisme dont le mandat premier est de contribuer par ses actions à la
diffusion du français et des cultures francophones. Ils dénotent non
seulement une réelle méconnaissance des enjeux linguistiques au Québec,
mais ils trahissent aussi une certaine attitude qui ne devrait plus avoir
cours dans les relations de la France avec le Québec. Il faut dire que la
récente querelle autour de la nouvelle direction de TV5 Monde nous a elle
aussi permis de comprendre que d'aucuns pensent toujours qu'il existe deux
entités dans le paysage de la francophonie: la France et les autres pays
francophones.
M. Pagel voudrait de plus que «le Québec comprenne que la francophonie
existe en dehors de ses murs». Je veux ici le rassurer: le Québec a
toujours dû, et ce justement à cause de son «insularité» culturelle et
linguistique en Amérique, regarder au-delà de ses frontières. Prétendre le
contraire est faire injure à ce Québec ouvert et pluraliste, fier de son
appartenance à la francophonie mondiale.
***

Arlette Pilote, Présidente de l'AQPF


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