Stéphane Gendron à l'ADQ: disqualifié

Stéphane Gendron - amuseur public

On savait qu’il fallait un minimum d’ego pour être chef de parti mais on
peut aussi en avoir trop. Lorsque Stéphane Gendron déclare son intérêt pour
la course à la succession de Mario Dumont en exprimant d’emblée son fort
peu d’estime pour Éric Caire et l’ensemble des députés du caucus adéquiste,
il entame bien mal son entreprise de séduction.
Si l’ADQ veut courtiser le
centre du spectre politique québécois et ainsi espérer former un jour le
gouvernement, le parti a tout intérêt à rompre avec un certain populisme de
droite. Or, un homme qui, comme le maire de Huntingdon, s’est déclaré
ouvertement en faveur de la peine de mort à l’émission « Tout le monde en
parle » n’a rien de rassurant pour cet électorat modéré.
En 2005, alors que
dans les rues de Montréal, 80 000 étudiants manifestaient contre
l’augmentation de la limite d'endettement ainsi qu'une conversion de 103
millions $ de bourses en prêts, M. Gendron jugea que cette foule record
n’était « pas représentative » et que le gouvernement Charest n’avait « pas
à négocier » puisqu’il avait « été élu pour gouverner ».
Cette conception
pour le moins autoritaire de la démocratie n’a rien de surprenant pour
quelqu’un qui doit sa notoriété à sa tentative d’imposition d’un couvre-feu
aux mineurs pour diminuer le vandalisme juvénile. À l’époque, le Conseil
des Maires de la région avait refusé de recommander l'application de cette
mesure extrême auprès de la Sûreté du Québec.
Le maire Gendron a-t-il changé ? À le voir reluquer la chefferie d’un parti en indiquant d’entrée
de jeu qu’il se « fiche » de n’avoir l’appui d’aucun des élus de cette
formation, il se disqualifie. Et c’est tant mieux.
Christian Gagnon
Montréal
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --

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Christian Gagnon138 articles

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CHRISTIAN GAGNON, ing.
_ L’auteur a été président régional du Parti Québécois de Montréal-Centre d’octobre 2002 à décembre 2005





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1 commentaire

  • Christian Montmarquette Répondre

    27 janvier 2009


    «La politique a horreur du vide» se disait-on dès nos toutes premières réunions politiques il y a 10 ans qui ont mené à la fondation de Québec solidaire.
    À ce que je constate aujourd'hui, c'est plus vrai que jamais !
    «La mauvaise herbe repousse vite» est l'expression qui me semble la plus appropriée dans les circonstances.
    Chez Québec solidaire, nous ne pourrons faire l'économie du travail d'éducation politique si nous voulons abattre au raz du tronc de tels énergumènes et les empêcher de repousser.
    Car nous ne savons pas si ce Stéphane Gendron se torcherait le cul avec la Charte des droits et libertés, comme il s'est torché le cul à la télévision avec la mise en demeure qu'il avait reçu et qui lui a fait perdre sa jobe à son émission «l'Avocat et le Diable».
    _____________________
    Christian Montmarquette
    Québec solidaire
    Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indépendance du Québec
    Référence :
    La succession - Stéphane Gendron offre ses services à l'ADQ
    Brian Myles / Édition du mercredi 10 décembre 2008 :
    http://www.ledevoir.com/2008/12/10/222401.html
    «Un autre fou furieux !»
    http://www.ledevoir.com/2008/12/10/commentaires/0812110649859.html