Qui sont les acteurs d'Option Canada?

Option Canada


Hier matin, leur nom s'est retrouvé dans une ou plusieurs pages des Secrets d'Option Canada, l'ouvrage explosif de Normand Lester et de Robin Philpot sur le financement de cet organisme voué à la promotion du fédéralisme. À divers degrés, ces personnages, dont la majorité sont encore des acteurs de la scène politique canadienne, seraient mêlés, selon les deux auteurs, aux activités de cette organisation. Qui sont-ils? Que faisaient-ils à l'époque? Quel fut leur rôle selon Lester et Philpot? Et quelle est leur réponse aux affirmations contenues dans l'ouvrage? Voici ce que La Presse a glané hier.
CLAUDE DAUPHIN
Président d'Option Canada en 1995, aujourd'hui vice-président du comité exécutif et responsable de la sécurité publique de la Ville de Montréal.
Allégations:
" (...) Il n'était pas du tout un simple prête-nom. Option Canada comptait tellement sur lui qu'entre le 15 septembre 1995 et le 15 décembre 1995, de sa cagnotte de 5,2 millions, elle a versé à Claude Dauphin la modique somme de 21 155,82 $ pour services rendus. "
" (...) Me Dauphin avait personnellement pris le soin de facturer à Option Canada environ 1500 $ par semaine, avec une diligence remarquable, payés toutes les deux semaines. "
Document à l'appui:
Facture réclamée à Option Canada pour du travail effectué en période référendaire.
Réaction:
Claude Dauphin soutient qu'en tant que président honoraire d'Option Canada, il n'a jamais été impliqué dans la façon dont l'argent était dépensé. " Mon rôle s'est limité à faire des demandes de subventions pour l'organisme, ce que j'ai fait, notamment auprès de Patrimoine Canada. Ça s'est arrêté là ", avait-il confié à La Presse lorsque le scandale a éclaté.
" Suite aux instructions du Conseil de l'unité canadienne, j'ai facturé pour une brève période mes honoraires à Option Canada ", a-t-il reconnu hier dans un communiqué, réitérant qu'il est prêt à collaborer avec les autorités.
JOCELYN BEAUDOIN
Vice-président exécutif du Conseil de l'unité canadienne en 1995, aujourd'hui directeur du bureau du Québec à Toronto.
Allégations:
" (...)Les très nombreuses lettres, avec factures, qui commencent par " Cher Jocelyn " ne laissent aucun doute quant à son rôle et à sa connaissance des activités qui violaient de façon flagrante la Loi sur la consultation populaire. Non seulement y a-t-il participé pleinement, mais il a facturé à Option Canada la somme de 24 000 $. "
Documents à l'appui:
Facture de 24 000 $ réclamés à Option Canada pour du travail effectué en période référendaire.
Réaction:
M. Beaudoin ne nous a pas rappelé hier. Son patron, le ministre Benoît Pelletier, soulignait que le gouvernement allait collaborer à l'enquête que compte mener le directeur général des élections du Québec, Marcel Blanchet.
RENÉ LEMAIRE
Directeur général d'Option Canada en 1995, aujourd'hui directeur général d'un programme d'échanges étudiants géré par le Conseil de l'unité canadienne.
Allégations:
" (...)En plus des honoraires qu'il a touchés- notamment 10 000 $ du 1er septembre au 30 octobre 1995- une entreprise à numéros (...), dont l'adresse est la même que celle de René Lemaire, a facturé 27 692,32 $ à Option Canada (...), surtout pendant la campagne référendaire officielle. "
Documents à l'appui:
Factures réclamées à Option Canada pour du travail effectué en période référendaire.
Réaction:
M. Lemaire est à l'extérieur de la ville pour la semaine, a-t-on affirmé hier à ses bureaux.
TONY MIGNACCA
Organisateur libéral de longue date qui a travaillé dans l'entourage d'Alfonso Gagliano. A été banni à vie du Parti libéral par Paul Martin quelques heures après le dépôt du rapport Gomery.
Allégations:
Selon le livre Les Secrets d'Option Canada, Mignacca aurait été payé par Option Canada pendant la campagne référendaire.
" Tony Mignacca a signé un contrat le 31 août 1995 avec Option Canada, organisme n'existant pourtant pas encore officiellement, dans le cadre d'un mystérieux programme intitulé Programme des valeurs canadiennes. "
Documents à l'appui:
Transcription d'un contrat par lequel Tony Mignacca s'engage à diriger des " séances d'animation et de formation " contre " une rémunération de 10 500 $. "
Réaction:
N'a pu être joint hier.
JEAN CHAREST
Chef du Parti conservateur et vice-président du comité du NON en 1995, aujourd'hui premier ministre du Québec.
Allégations:
Fait partie d'une liste de personnes que les auteurs soupçonnent d'avoir été au courant des activités " illégales " d'Option Canada.
Document à l'appui:
Aucun.
Réaction:
Le porte-parole de M. Charest, Hugo D'Amours, a indiqué hier que M. Charest ne fera pas de commentaires sur le livre de MM. Lester et Philpot. Au cabinet de M. Charest, on invite à parler au ministre des Affaires intergouvernementales canadienne, Benoît Pelletier, qui souligne que jamais les auteurs du livre " ne sont entrés en contact avec le bureau du premier ministre, ou avec mon cabinet, pour chercher à vérifier leurs allégations ".
LIZA FRULLA
Députée de la circonscription de Marguerite-Bourgeoys et vice-présidente du Comité pour le NON en 1995, aujourd'hui ministre fédérale du Patrimoine. Son conjoint, André Morrow, est président de Morrow Communications.
Allégations:
La firme Morrow Communications est accusée d'avoir travaillé pour Option Canada pendant la campagne référendaire. Au sujet du couple, les auteurs écrivent: " Il est difficile de croire qu'un membre de ce couple ait pu connaître l'existence d'Option Canada assez pour lui facturer plus de 10 000 $ (André Morrow), alors que l'autre membre ignorait l'existence de l'organisme (Liza Frulla), d'autant plus que tous les deux travaillaient ardemment pour que le NON l'emporte. "
Document à l'appui:
Facture de 10 028,05 $ de Morrow Communications réclamée à Option Canada.
Réaction:
" Contrairement aux allégations des auteurs, le travail effectué par Morrow Communications était antérieur à la période référendaire, a fait savoir hier la firme par voie de communiqué. La date d'émission du chèque, tel que présenté dans le livre, n'est aucunement le reflet de la période pendant laquelle le mandat a été effectué."
" Mon entreprise a agi en conformité avec toutes les lois et je ne laisserai personne insinuer quoi que ce soit qui pourrait nuire à ma réputation et à celle de mon entreprise ", a précisé M. Morrow.
DANIEL JOHNSON
Chef du Parti libéral du Québec et de l'opposition officielle et président du Comité du NON en 1995, aujourd'hui retiré de la politique active.
Allégations:
" Le chef du NON était tellement populaire chez Option Canada que celle-ci a payé un voyage à Calgary, à Edmonton et à Vancouver avec sa femme du 17 au 22 avril 1996. "
Document à l'appui:
Billet d'avion de Daniel Johnson pour un aller-retour à Calgary et Vancouver daté du 20 mars 1996 au montant de 1394,91 $ qui, selon les auteurs, aurait été payé par Option Canada.
Réaction:
" Pendant 30 ans de vie publique j'ai toujours agi conformément à la Loi électorale. Le camp du Non, en 1995, a appliqué avec rigueur les dispositions de la loi ", a martelé hier M. Johnson, furieux, dans une entrevue à Radio-Canada.
Toutes les affiches du camp du NON étaient explicitement " autorisées par l'agent officiel ", soutient-il.
PIERRE PETTIGREW
Vice-président de la firme de services-conseils Samson Bélair / Deloitte & Touche en 1995, aujourd'hui ministre des Affaires étrangères.
Allégations:
Pierre Pettigrew aurait été payé pour donner son opinion dans les médias sur la campagne référendaire. " Pierre Pettigrew a été payé à l'insu de tout le monde pour défendre le Canada. "
Documents à l'appui:
Facture de 13 674,60 $ au nom de Pierre Pettigrew pour " services de recherche, rédaction et conseil stratégique ".
Réaction:
Veut terminer la lecture du livre avant de réagir.
LUCIENNE ROBILLARD
Représentante du Parti libéral du Canada au sein du Comité pour le NON en 1995, aujourd'hui ministre des Affaires intergouvernementales.
Allégations:
Fait partie d'une liste de personnes que les auteurs soupçonnent d'avoir été au courant des activités " illégales " d'Option Canada.
Documents à l'appui:
Aucun.
Réaction:
A laissé le ministre des Transports, Jean Lapierre, émettre les commentaires officiels du Parti libéral du Canada.
BCP
Traditionnellement très proche des libéraux, l'agence de publicité BCP est dirigée par Yves Gougoux et John Parisella, qui ont tous deux témoigné devant la commission Gomery.
Allégations:
BCP a reçu sans appel d'offres plus de 2,25 millions en contrats d'Option Canada.
" (....) Nous avons analysé les factures de BCP payées par Option Canada pour démontrer qu'une partie importante de celles-ci portaient sur du travail et du matériel de propagande réalisés pendant le mois d'octobre 1995 pour servir à faire gagner le camp du Non. "
Documents à l'appui:
Factures de BCP adressées à Option Canada.
Réaction:
" S'il y a responsabilité dans ce dossier, elle appartient à celui qui encourt la dépense, et non pas au fournisseur de services, a indiqué BCP par voie de communiqué. Ceci étant dit, BCP réitère que les frais et services qu'elle a facturés à Option Canada en 1995, selon les documents à sa disposition, l'ont été exclusivement pour des frais et services de placement médias et de publicité rendus en septembre 1995, soit durant la période préréférendaire. "
GROUPE EVEREST
Fondé par Claude Boulay, Groupe Everest est une des entreprises qui ont le plus profité du programme de commandites. Au total, elle a reçu quelque 67,7 millions, selon la commission Gomery.
Allégations:
La firme a reçu 85 000 $ en contrats d'Option Canada, notamment pour l'organisation de focus groups facturés une fois la campagne référendaire déclenchée. " Bien que BCP ait reçu la part du lion des largesses de la mystérieuse Option Canada et de son bailleur de fonds, le ministère du Patrimoine canadien, d'autres maisons de publicité et de communications ont réussi à s'y tailler une place. "
Documents à l'appui:
Facture de 24 608,58 $ du Groupe Everest réclamée à Option Canada.
Réaction:
Les anciens dirigeants n'ont pu être joints.


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