Québec promet 825 millions pour soutenir le développement des régions

Budget Audet - février 2007


par Lévesque, Kathleen - Québec - Le gouvernement Charest met en place une stratégie pour le développement de toutes les régions consistant à leur remettre 825 millions au cours d'une période de cinq ans. Mais dans l'immédiat, ce sont 138 millions que les régions obtiendront.
Selon le ministre des Finances, Michel Audet, l'aide au développement économique des régions constitue une «ligne maîtresse» du budget présenté hier. Cela donne des moyens et des instruments supplémentaires pour que «les régions prennent en charge leur développement», a-t-il affirmé.
Trois nouveaux programmes sont mis en place. Un premier programme concerne le démarrage d'entreprises (7 millions) dans l'ensemble des régions, les régions-ressources recevant une attention plus grande et des moyens plus importants. Un deuxième programme servira à la préparation de projets d'entreprises (4 millions) et sera destiné aux régions-ressources ainsi qu'aux 25 MRC des régions centrales ayant des besoins particuliers (Charlevoix ou Asbestos, par exemple).
D'ici 2011-12, ce sont 90 millions qui seront donc consacrés au total à l'aide aux entreprises. Cela permet une certaine stabilité dans la planification, a fait valoir la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau.
En outre, le gouvernement soutiendra davantage (7 millions) les entreprises ayant besoin d'un accompagnement pour améliorer leur productivité.
Un soutien particulier est également accordé à Montréal pour le développement de projets ayant des répercussions économiques importantes, ainsi qu'à Québec pour permettre à la capitale nationale de développer un plan d'action économique (voir autre texte).
Dans cette optique de donner davantage de moyens et d'autonomie aux régions, le gouvernement consacre des fonds supplémentaires aux mesures déjà en place. Une somme de 300 millions sur cinq ans sera consacrée au Fonds de développement régional. Le précédent gouvernement du Parti québécois avait mis en place un fonds semblable. Seuls le nom et les balises budgétaires ont été changés.
Pour l'Union des municipalités du Québec (UMQ), il s'agit de «bonnes nouvelles» pour les régions. «Ce qui est vraiment intéressant, c'est que ce n'est pas du "mur à mur". Cela renforce la capacité des régions à prendre des décisions locales», a affirmé le président de l'UMQ, Jean Perrault qui est aussi maire de Sherbrooke.
Ce dernier a toutefois souligné que les municipalités avaient de grands besoins au chapitre des infrastructures: 500 millions sur une période de 15 ans (300 millions en immobilisations et 200 millions en coûts de fonctionnement). «On est ravi d'un côté, mais de l'autre on aurait aimé que le déséquilibre fiscal entre Québec et les municipalités soit pris en considération. Le budget est silencieux là-dessus», s'est désolé M. Perrault.
Selon le ministre Audet, la stratégie pour le développement de toutes les régions représente une étape qui s'ajoute aux mesures mises en place au cours des dernières années: la réorganisation des pouvoirs locaux et régionaux, la tenue du forum des générations et la conclusion du partenariat fiscal et financier avec les municipalités.
Par ailleurs, la ministre Normandeau s'est réjouie de la création d'un groupe de travail qui se penchera sur les répercussions des mesures fiscales adoptées pour les régions. Pas question toutefois de «jeter le bébé avec l'eau du bain», a dit la ministre.
«Ça prendra toujours un soutien particulier pour les régions-ressources qui souffrent souvent d'un déficit sur le plan démographique, géographique et économique. Les mesures fiscales doivent donner des mesures concrètes sur la création d'emplois», a-t-elle souligné.


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