Projet 202

Pétition suggérée comme projet premier de la coalition Québec français

Tribune libre

La coalition Québec français vient d’être lancée lors de la manifestation contre un commerce francicide à Gatineau. Le changement politique qui s’impose viendra de là, de la base, là où se trouve, finalement, le souverain dormant, au Québec, cet ours qui se réveille, et qui a faim. Je lui jette donc, devant les pattes, un morceau bien charnu, pour qui puise attiser son appétit, et se faire quelques forces, avant de dévorer allégrement les baies sauvages qui mûrissent, au printemps de notre pays. Ces bais sont rouges, et quelques-unes sont mauves, et c’est en les consacrant à son estomac que notre ours, gourmand de forces, se fera des réserves, pour protéger son territoire, et conquérir sa belle, qui porte un nom, éternel : Indépendance.
Elle est parfois dure à séduire, il est vrai, comme son nom l’indique, mais notre ours a un appétit de conquête à la hauteur de son appétit stomacal, et il sent, avec son fin museau, que sa demoiselle est prête à être fécondée. Elle l’appelle, en fait, en se pavoisant au loin, question d’attiser un peu son compagnon. Mais elle se fait difficile, car elle ne veut pas d’un ours nounours, elle veut d’un ours qui rugisse sa virilité. Et quoi de mieux pour l’y pousser que d’être à portée de vue, mais hors de portée, question de tester sa volonté de son prétendant? Mais voici qu’il se détourne d’elle, jouant son jeu, celui des détours féminins de l’amour, et qu’il se contente de lui montrer la hauteur de son appétit, en dévorant le morceau charnu qui gît devant lui :
Pétition suggérée comme projet premier de la coalition Québec français
Considérant que la loi 101 ne parvient plus ni à protéger, ni à assurer l’expansion du français au Québec,
Considérant que la minorité anglo-canadienne du Québec jouit de privilèges indus depuis la Conquête,
Considérant qu’à l’heure actuelle, le français est en recul à Montréal, et dans les régions frontalières du Québec,
Considérant que l’État du Québec est le principal levier de décision du peuple québécois, et que ce celui-ci est souverain sur son territoire,
Considérant que la langue de Leclerc est le cœur de notre nation, le ciment de notre société, et le souffle de notre avenir,
Considérant, enfin, qu’il convient au gouvernement d’agir avec vigueur pour que le français soit la langue de tous les Québécois,
Nous, peuple du Québec, exigeons ce qui suit :
Que l’État du Québec, par la voix de son Assemblée nationale, soumette, dans les plus brefs délais, la question référendaire suivante aux Québécois :
Est-ce qu’à terme, le français doit-être la langue d’enseignement de tous les Québécois, du primaire à l’université ? Oui, ou non.

Squared

David Poulin-Litvak51 articles

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[Campagne pour une Assemblée citoyenne sur la réforme du mode de scrutin au Québec ->http://www.assemblee-citoyenne.qc.ca/]





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4 commentaires

  • David Poulin-Litvak Répondre

    2 mars 2010

    Rebonjour M. Gignac,
    Et merci d’engager le débat. Je vais répondre plus longuement à ces questions ultérieurement, mais je me permets tout de même ici de vous donner quelques indications de ma pensée. Les Québécois, à l’heure actuelle, votent pour cinq partis. Les Anglais votent pour deux partis : le PLQ et, marginalement, le PVQ.
    Les Québécois, donc, sont divisés, ce qui est normal, tout peuple moderne et démocratique est divisé, délibérant, mais il en résulte que la conscience de former un peuple, elle, s’effrite. Et, pendant ce temps, règne sur le peuple divisé le Machiavel du Canada.
    Et qui a fait échouer le référendum de 1995 ? Ce n’est pas l’argent et le vote ethnique, mais bien le vote anglais. 61% des francophones étaient pour l’indépendance. 95% des anglophones contre. Il faut donc, à mon avis, tracer dans la conscience québécoise, les contours de sa propre nation, pour qu’il en reprenne conscience post babyboom.
    Cette pétition fera précisément cela en attaquant le cœur du problème linguistique : la reproduction, sur notre territoire, et avec nos deniers publics, d’une minorité qui s’oppose à l’émancipation nationale. Cette pétition, donc, sonnera le glas du bloc anglais, des purs et durs du Canada, au Québec.
    * * *
    Sur la question constitutionnelle, vous avez tort. Ce que nous opposerions ici, c’est le droit, dans son sens strict, et la légitimité politique brute. Or, le pouvoir constitutionnel, lui, dérive de cette légitimité politique brute. S’il ne l’a plus au Québec, sa constitution ne vaut plus au Québec…
    La loi 104 était une brèche dans le mur, je ne propose pas de colmater la brèche, je propose de reconstruire le mur. En toute logique, pour éviter l’intrusion de la Cour suprême des Anglais, il faudra créer un Tribunal spécial de la langue du Québec, ayant autorité suprême en cette matière et nommé par le gouvernement du Québec.
    Vous remerciant encore une fois,

    DPL

  • Archives de Vigile Répondre

    1 mars 2010

    Monsieur Poulin-Litvak
    Merci de m'avoir répondu. Peut-être, n'ai-je pas été assez explicite? Sur la question de la langue, je suis radical et je ne fais aucune concession parce que pour moi la langue d'un peuple, son identité et sa culture forment un tout et ne sont pas moyennables. Je vois une forme d'étapisme dans votre pétition et ça me rend perplexe. En dehors de l'indépendance du Québec pour résoudre une fois pour toute le problème linguistique; ce sera toujours du colmatage que pourront faire nos dirigeants politiques dans ce système fédéral puisque "THE SUPREME COURT OF CANADA" veille au grain. La loi 104, ça vous rappelle quelque chose? Il m'a fait plaisir.
    André Gignac le 1/3/10

  • David Poulin-Litvak Répondre

    1 mars 2010

    Merci pour votre commentaire M. Gignac.
    Je suis bien d’accord avec l’objectif de long-terme, mais le principal écueil dans ce parcours, c’est le privilège qu’ont les anglo-canadiens au Québec d’enseigner dans la langue de Shakespeare. C’est donc, à mon avis, le cœur du problème. La proposition de pétition a aussi l’avantage d’être claire et ciblée. Personne ne pourra dire qu’il s’agit d’une question vague. Il y a, bien sûr, quelques précisions à faire, que j’étayerai dans des textes ultérieurs, et des considérations stratégiques.
    Ce que je ne comprends pas bien dans votre commentaire, en revanche, c’est l’idée qu’Ottawa aura à bouger rapidement, et qu’il fasse faire pression sur le fédéral. Cela me semble un peu farfelu, à vrai dire, en ce sens que le fédéral ne fera jamais rien sur ce dossier pour le Québec. Il faudra que le Québec, bien au contraire, le fasse pour lui-même. Le fédéral, bien sûr, réagira, mais il ne se pas l’agent actif, ce que vous semblez insinuer dans votre texte.
    Quoiqu’il en soit, ce qu’il convient de retenir, c’est que la principale pièce du puzzle, c’est la langue d’enseignement. C’est le cœur de la francisation. Tout le reste, comme on dit, n’est que commentaire. Cette pétition donnera le momentum pour l’atteinte de l’objectif que vous souhaitez : un Québec français.
    Bien cordialement,
    DPL

  • Archives de Vigile Répondre

    28 février 2010

    Monsieur Poulin-Litvak
    Votre proposition de pétition est excellente mais moi, j'irais encore plus loin. J'exigerais que le français devienne la seule langue officielle au Québec comme le français est la seule langue officielle en France. Mettons Harper au défi; n'a-t-il pas déjà déclaré que le Québec formait une nation dans la nation canadienne? Si ce référendum était gagné avec une forte majorité, Ottawa serait obligé de bouger rapidement parce que ça touche à l'identité de notre peuple. Les anglophones ne veulent pas de guerre linguistique avec nous, j'en suis persuadé. Il faut mettre le plus de pression sur le gouvernement fédéral pour dénouer cette crise linguistique qui va éclater bientôt, j'en suis sûr, si on laisse traîner le problème.
    André Gignac le 28/2/10