Plaidoyer pour un espace économique Canada-Union européenne

Allocution du ministre Raymond Bachand

Plan nord


Raymond Bachand, ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, a profité d'une tribune offerte par Carrefour Europe 2008, en présence de représentants de 14 chambres de commerce de pays européens, pour livrer un vibrant plaidoyer en faveur du «grand projet du Québec de créer un nouvel espace économique».
Le contexte s'y prêtait parfaitement, puisque demain à Québec aura lieu le sommet Canada-Union européenne, en présence du président Nicolas Sarkozy et du premier ministre Stephen Harper. Selon le ministre, ce projet d'entente avec l'Union européenne que M. Charest avait lancé à Davos en janvier 2007 «devrait franchir un pas décisif», avec l'accord qui sera entériné demain. M. Bachand en parle comme d'«une entente nouveau genre», qui ne porte pas sur les tarifs mais sur d'autres aspects pour faciliter les échanges, par exemple l'harmonisation des normes, la mobilité de la main-d'oeuvre, plus de coopération scientifique et technique, en somme d'établir «un nouveau standard pour le monde».
Ce projet d'entente avec l'Union européenne, qui devra recevoir l'aval des 27 pays membres avant le début de négociations formelles, a pour première étape, explique le ministre, une entente France-Québec portant sur la reconnaissance des compétences, la libre circulation de la main-d'oeuvre qui serait signée bientôt. «Pour faciliter les échanges de compétence, quoi de plus naturel que de commencer avec les Français?», a ajouté le ministre, pour qui la productivité est au coeur de l'économie et pour qui faciliter les échanges de compétence est un moyen d'augmenter la productivité.
Tout cela dépasse largement les compétences du gouvernement fédéral, constate M. Bachand, qui voit en conséquence l'importance d'impliquer tout le monde pour de meilleures chances de la réussite du projet. Il pense qu'on doit pour ce faire aller davantage vers la formule appliquée en Europe pour obtenir l'adhésion des 27 États membres.
Ce projet d'un nouvel espace économique mis de l'avant par le gouvernement Charest vise à ouvrir des horizons plus larges, soit éventuellement un espace économique qui engloberait l'Amérique du Nord et l'Union européenne, ce qui créerait un marché de 800 millions d'habitants. M. Bachand voit cela comme une évolution souhaitable pour faire face à l'Asie montante. Dans cette démarche, le gouvernement du Québec continue de se voir comme «une porte de passage» entre l'Europe et l'Amérique.
Fabrice Étienne, chef de la mission économique française à Montréal, qui avait été chargé de remercier le conférencier, a résumé les propos du ministre en disant qu'on amorcera après le 17 octobre «une négociation de la nouvelle génération». Et se tournant vers le ministre, il ajoutait: «Votre vision est une vraie vision.»
Autres volets
M. Bachand a fait part des autres volets de ce projet d'espace économique. Il y a le projet d'une entente Québec-Ontario, deux provinces qui ensemble constituent le quatrième bloc économique en Amérique du Nord, après la Californie, le Texas et l'État de New York. Il s'agit pour les deux provinces d'envisager ensemble un plan de développement portant sur plusieurs secteurs d'activité économique, tels que le transport, l'énergie, l'environnement, etc. «Nos structures économiques se ressemblent», a ajouté M. Bachand.
Il y a en troisième lieu une entente pancanadienne pour permettre la circulation de la main-d'oeuvre, dont l'entrée en vigueur est prévue pour le 30 avril 2009 au plus tard. Enfin, il y a la plus récente annonce d'un nouvel espace économique, faite par le gouvernement, à savoir le nord du Québec, au nord du 49e parallèle, qui représente 70 % de tout le territoire québécois et qui a un potentiel minier et touristique considérable.
En somme, a conclu M. Bachand, tout cela constitue «le plus important repositionnement depuis l'entrée en vigueur du libre échange».


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