PI - trop tôt

Le recul, voire la marginalisation de la cause de l'indépendance sont mis en jeu.

Chronique de Gilles Verrier

Éric Tremblay soutenait apparemment André Boisclair avant-hier, Normand Perry soutenait Pauline Marois avec enthousiasme hier et des participants à ce forum nous annoncent avoir pris conscience après trente ans que le Parti québécois n'est pas un parti indépendantiste. Du même souffle on évoque Pierre Bourgault qui, après avoir fait sans doute bien des choses utiles, a fini sa carrière en vendant ses talents à Radio-Canada sans que l'indépendance ne soit faite. Il y a donc eu des prises de conscience et de toute évidence il faudra qu'il y en ait d'autres, beaucoup d'autres. Si on peut reconnaître que ces prises de conscience sont positives, de là à former un Parti politique, c'est un pas immense à franchir. Ces prises de conscience, qui semblent comme une révélation après un séjour prolongé dans les limbes péquistes, témoignent malheureusement de l'état élémentaire dans lequel se trouve la pensée indépendantiste au Québec.
Quoi qu'il en soit, si ce parti est fondé maintenant, ses fondateurs auront sur les épaules un poids historique considérable. Le nouveau parti devra obtenir 15 à 20 % des voix sinon, quoi qu'il dise et quoi qu'il fasse, son résultat sera interprété par l'ensemble du Canada et par l'ensemble de la communauté internationale comme une preuve d'endiguement de l'option et, par dessus le marché, comme une preuve de la division des Québécois entre eux. Compte tenu du morcellement organisationnel, de la dispersion idéologique (chacun ayant sa petite idée de ce qu'est l'indépendance) et de la faiblesse de la production intellectuelle des indépendantistes, la tâche est titanesque. Or ce futur parti n'aura pas de marge pour sous-performer. Le recul, voire la marginalisation de la cause de l'indépendance sont mis en jeu.
Quand on est faible, on devrait cacher sa faiblesse à son ennemi. On bâtit ses forces en formant des cadres dans la discrétion, on crée un parti en temps opportun et on passe à l'action pour gagner. Le volontarisme sans grande substance affiché par les tenants du nouveau parti ne peut se substituer à un travail politique en profondeur, loin des projecteurs, indispensable à la formation d'une communauté de pensée indépendantiste.

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Gilles Verrier117 articles

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Entrepreneur à la retraite, intellectuel et autodidacte. Je tiens de mon père un intérêt précoce pour les affaires publiques. On peut communiquer avec moi et commenter mon blogue : http://gilles-verrier.blogspot.ca





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10 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    1 août 2007

    « Être annexé c’est être gouverné par un autre. » (Maurice Séguin)
    « Il lui faut une médecine de cheval et, si elle ne suffit pas, il lui faut disparaître. » (Raymond Poulin)
    29 juillet 2007 Bruno Deshaies
    Nous avons assez de difficultés avec les mots de pays, patrie, souveraineté et indépendance que maintenant, des indépendantistes nous lancent à la figure le PI. M. Verrier réagit contre ceux qui ont lancé cette abréviation. Une toute petite recherche avec Google et on découvre ceci : PI (pays) = présentations intimes ; PI (pays) = pays industrialisé. À mon avis, il serait préférable d’abandonner cette fantaisie le plus tôt possible.
    Parmi les commentaires, nous retenons les extraits qui suivent :
    RAYMOND POULIN : « À 64 ans, on a déjà appris que l’avenir exige parfois du temps. J’éprouverais certes un profond chagrin à partir sans avoir vu naître le Québec indépendant, mais je ne pense vraiment pas qu’il naîtra plus rapidement si nous ne crevons pas l’abcès. »

    UN ANONYME : « Ce n’est qu’en combinant la forte présence médiatique de l’action militante ET les moyens quasi-infinis des partis politiques que nous pourrons insuffler la vie dans le projet indépendantiste. »
    « Il nous faut une troisième voie. Il nous faut incarner l’intérêt national. »
    « La substance se développe. Les militants arrivent. Les rassemblements se multiplient. La substance s’épaissit. La structure et la discipline s’y installe. Tout ça, loin des projecteurs médiatiques. »
    « Soyez rassuré. Le parti passera à l’action en temps opportun. Il ne pourra pas y avoir d’autres fins que l’indépendance de notre nation. »
    CHRISTIAN PELLETIER : « Donc, d’ici 2014 le parti Québécois ne fera pas de référendum, surtout qu’ils attendent que la population le demande, on ne sait pas encore de quelle manière, cela laisse beaucoup de temps pour qu’enfin, un parti se mouille pour expliquer le projet de pays d’une façon plus claire […]. »
    D’IBERVILLE. « Eh bien, voyez-vous, monsieur Verrier, les gens qui gravitent autour de la nouvelle formation s’y préparent, tous les jours et même certaines nuits, beau temps, mauvais temps, vacances de la construction ou pas ! Quand le vin est tiré, il faut le boire ! On ne peut pas TATAOUINER jusqu’à plus soif, sinon c’est en anglais que nous devrons proposer l’indépendance ! »
    DENIS JULIEN (Lotbinière) : « La majorité des gens qui commencent à s’articuler autour du PI sont des militants de longue date, bien aguerris. Le travail sur le terrain, on connaît ça ! Je tiens à vous avertir, vous ne réussirez pas à nous éteindre, à nous démotiver, à nous démobiliser ou à nous momifier comme le PQ a très bien su le faire avec une main de maître, au cours des dernières années. »
    ***
    « S’affirmer est sans doute un excellent moyen de ne pas être assimilé, mais… » (Maurice Séguin, Les Normes, éd. 1961-1962 H-585.)
    Si je me souviens bien, il y a eu un parti, le Bloc québécois, qui a été fondé pour réaliser un miracle à Ottawa. En ce moment, ce parti n’est plus que l’ombre de lui-même, son chef actuel a commis une erreur stratégique par son passage éclair au PQ pour revenir dépité à Ottawa. L’automne prochain, le bras droit de Gilles Duceppe, Michel Gauthier, viendra nous expliquer la politique à TQS quelques mois après avoir annoncé son départ de la vie politique. Et le père fondateur de ce parti qui devait défendre les intérêts supérieurs du Québec à Ottawa n’a trouvé rien de mieux que de s’associer à un bureau d’avocats Davies Ward Phillips & Vineberg, bureau de juifs et, en plus, comme ex-premier ministre, il se présente devant le tribunal. On nous dit dans le milieu des avocats que « dans notre histoire, aucun premier ministre qui était avocat n'est retourné plaider devant le tribunal ». Il y a toujours des exceptions à une règle !
    Créer un parti politique est une chose. Faire vivre un parti et croire qu’il peut posséder des « moyens quasi-infinis », c’est un très beau rêve. Lorsque le parti sera confronté vraiment aux enjeux sociaux et qu’il aura des réponses à donner à la population, il se conduira comme tous les autres partis politiques, il devra avoir un programme-synthèse et beaucoup d’idées nouvelles sur la VIE de la société québécoise. Malgré ce beau travail, ce NOUVEAU PARTI INDÉPENDANTISTE PROVINCIAL (NPIP) ne sera pas au bout de ses peines. Il devra nous mettre sous la dent LA VÉRITABLE NATURE DE L’INDÉPENDANCE D’UNE NATION. Par conséquent, il devra mettre énormément d’énergie à défendre ses idées de séparation du Québec du CANADA ACTUEL. En histoire, bien sûr, tout est possible. Cependant, cela prend beaucoup plus que de la volonté et du volontarisme.
    Si nous continuons toujours dans l’ordre des MOYENS, nous risquons de nous retrouver en face d’une MACHINE FÉDÉRALISTE cent fois plus grosse que celle qui nous a fait échouer deux référendums et qui travaille sans relâche à réaliser complètement l’intoxication fédéraliste (c'est-à-dire de la propagande insidieuse) de tous les Québécois. Face à cette « machine » fédéraliste canadian/canadienne, le NOUVEAU PARTI INDÉPENDANTISTE PROVINCIAL (NPIP) ne sera rien de moins qu’une bien petite locomotive pour mener le Québec à l’INDÉPENDANCE COMPLÈTE. Il est trop tôt pour nous annoncer maintenant une élection référendaire et une déclaration unilatérale d’indépendance. C’est mettre la charrue en avant des bœufs. Il y a une étape qu’il ne faudrait pas sauter.
    ************
    Les affrontements nationaux dans l'histoire - Un exemple : le cas canadien Conférence de Bruno Deshaies à la Société nationale des Québécois et des Québécoises de la Capitale, Pavillon de Koninck (Université Laval), 23 janvier 2000. Le thème du séminaire portait sur : « L'affrontement de deux nationalismes au sein d’un même État : des compromis possibles ou une situation intenable ? » Source : http://www.rond-point.qc.ca/rond-point/conferences/snq.html
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    Le défi pour les indépendantistes consiste à faire passer le Québec du statut de NATION ANNEXÉE à celui de PAYS INDÉPENDANT DÔTÉ D’UN ÉTAT SOUVERAIN (à l’interne et à l’externe). L’éducation, la formation, la communication, l’organisation, la diffusion et finalement l’adhésion au MESSAGE INDÉPENDANTISTE pourraient faire la différence dans cette LUTTE NATIONALE. Il faut sans faute un regroupement autour d’un cadre conceptuel indépendantiste commun pour parvenir à la fin visée qui est l’indépendance du Québec. Il n’est donc pas question de dire que si la lutte pour l’indépendance ne marche pas il faudra aller s’occuper à autres choses. Le CANADA-ANGLAIS, LUI, N’ENTEND PAS DISPARAÎTRE (même s’il est petit et en situation de subordination de voisinage par rapport aux États-Unis et qu’il est réduit au statut d’un État satellite – à une colonie à distance). Cela dit, il est quand même « nominalement » INDÉPENDANT de plein droit au plan international. Ce qui n’est pas peu dire.
    Encore une fois, il nous semble utile de citer l’historien Maurice Séguin, l’un des 100 grands penseurs du XXe siècle au Québec. Voir ce qu’il écrit en 1961-1962 de l’ANNEXION.
    « Être annexé c’est être gouverné par un autre.
    Être annexé à un peuple indépendant : aussi longtemps qu’il y aura distinction, c’est de l’annexion.
    […]
    Principaux types d’annexion économique (avec annexion politique) : Pas le cas de Cuba.
    Un peuple minoritaire politiquement annexé et dépendant économiquement du peuple majoritaire.
    On peut ici distinguer trois niveaux.
    a - un peuple complètement prolétarisé, devenu travailleur à gages au service du peuple majoritaire (cas rare) ;
    b - peuple minoritaire, propriétaire des petites entreprises, des petites industries locales – aucune grande activité en finance, commerce et industrie ;
    c - annexé politiquement, il possède son agriculture locale, les petites industries locales, maître des grandes industries et des affaires… (v. g. Écosse). Mais l’Angleterre possède beaucoup plus que l’Écosse en Écosse.
    Le peuple minoritaire peut être supérieur en domaine économique mais le peuple majoritaire pourra à la longue faire jouer le rouage politique et en arriver à la maîtrise. »
    (Maurice Séguin, Les Normes, éd. 1961-1962 H-585.)
    « Dans un peuple annexé, des gens ne sont pas contents et rêvent d’indépendance ; de même, il est noble de rêver d’assimilation… »
    (Maurice Séguin, Ibid.)
    ***
    Une lecture importante :
    Christian RIOUX, « Les mots qui dérangent. » http://www.vigile.net/article7895.html
    Pourrions-nous comprendre enfin qu’une société ANNEXÉE se comporte comme un groupe minoritaire qui accepte d’être fédéralisé (et le pire, quand il est ou peut être majoritaire) avec des pouvoirs limités, mais surtout LIMITANTS ? Pouvons-nous comprendre que le fédéralisme constitue le meilleur virus de l’intoxication anti-indépendantiste ? L’interprétation que nous donne Christian Rioux de la déclaration de Charles de Gaulle du « Vivre le Québec libre » est l’équivalent du rejet par Gandhi de l’impérialisme britannique en Inde. (Bruno Deshaies)
    Un internaute m’écrit et il me déclare qu’il abonde dans mon sens :
    « le fédéralisme constitue le meilleur virus de l’intoxication anti-indépendantiste ». (Bruno Deshaies)
    « En fait, cette forme de gouvernement tente perpétuellement de réaliser une quadrature du cercle entre les gens de peuples ou de nations qui autrement vivraient dans des pays indépendants. Les relations entre groupes hétéroclites de personnes ressemblent à des bulles de savon, soufflées par tous les enfants du monde. Les bulles agglutinées les unes aux autres s'affaissent au sol ou éclatent en plein élan, sans jamais connaître leur liberté. Les bulles rondelettes et homogènes s'envolent dans les cieux et voguent vers leur destin.
    Comme le disait si bien un certain général : « Vive le Québec libre ».
    Notre bulle québécoise semble toutefois s'alourdir et s'agglutiner dans une incompréhension sourde surgissant entre personnes disparates. On s'éloigne à grands pas de la revanche des berceaux prônée par nos curés d'autrefois. Qui fera luire la bulle-étoile du Québec ? »
    (Fin de la citation)
    ***
    Cet individu est un québécois comme vous et moi. Il prend le pouls de la société et des personnes qu’ils rencontrent et il se fait une synthèse de nos comportements. Il dit d’une manière métaphorique et allégorique un certain nombre de vérités qu’il serait bon de bien comprendre. S’il existe le défi de faire face à la GROSSE MACHINE FÉDÉRALISTE, d’une part, il y a par ailleurs un très gros travail de sape afin de réaliser la DÉPROGRAMMATION MENTALE FÉDÉRALISTE QUI EST AU CŒUR MÊME DU PROBLÈME QUÉBÉCOIS.
    *************
    BRUNO DESHAIES, « Un atavisme des Québécois-Français : le réflexe du fédéralisme. Autocritique. » Dans VIGILE.NET, Chronique du jeudi 15 juin 2000. Source : http://www.vigile.net/spip.php?page=archives&u=archives/ds-deshaies/index.html
    ***************
    Des Jean Charest et des Benoît Pelletier, il en existe des dizaines de cent milles au Québec. Pourtant, ils se montrent nationalistes à l’occasion mais toujours dans la tradition séculaire du fédéralisme plutôt libéral. Conservateur, libéral ou NPD, tous ces partis fédéraux sont par nature fédéralistes. Ils ne resteront pas inactifs devant les forces provinciales indépendantistes. Ils agiront. Le PLQ et l’ADQ en feront tout autant. Quant à Québec solidaire, il va se noyer dans le SOCIAL. Les indépendantistes devront en tenir compte dans leur calcul politique. Quant aux indépendantistes eux-mêmes, l’histoire nous apprend que les transfuges parmi eux ne se comptent plus. De plus, beaucoup professe être indépendantistes mais en fait ils ne sont que des fédéralistes inconscients. Là, le NPIP a du pain sur la planche. Des faits incontournables s’ajoutent à cette description, à savoir la présence au Québec d’une minorité MAJEURE anglo-québécoise-canadian, les communautés culturelles animées par le multiculturalisme fédéralisant, la ou les communautés juives, l’atavisme fédéraliste de nos notables québécois-français, notre niveau de vie au plan économique, etc.
    Les défenseurs de l’indépendance du Québec ne doivent pas s’imaginer que ce combat se compare à la chanson Malbrough s’en va-t-en guerre.
    Le premier combat à mener est d’ordre idéologique. Les chefs de file et les partis politiques suivront. Commençons par le commencement.

  • Archives de Vigile Répondre

    30 juillet 2007

    Dans ma hâte de répondre a monsieur Verrier, j'ai fait une erreur dans mon texte. J'aurais dû parler de la mémoire de Pierre Bourgeault plutôt que de sa réputation. L'excitation du premier moment, de la premièere inspiration me fait parfois faire quelques fautes. Je m'en excuse auprès des lecteurs de Vigile.
    Denis Julien Lotbinière

  • Archives de Vigile Répondre

    30 juillet 2007

    Que dites-vous monsieur Verrier dans votre dernier article ?
    Que Pierre Bourgeault a fait des choses utiles?
    Je devais quitter la maison tôt pour le travail mais votre papier m'a systématiquemt fait sursauter d'indignation.
    Je vous interdis de salir la réputation du plus illustre d'entre les nôtres.
    N'eu été de Robert Bourassa qui a reconnu le précieux apport à la cause nationale en lui permettant de passer avec décence les derniers moments de sa vie à enseigner les sciences politiques à l'université du Québec à Montréal,le PQ aurait laissé croupir ce génie de la politique québécoise dans le dénuement jusqu'à l'itinérance. Cela s'appelle du révisionisme de bas étage de votre part.
    Au PQ monsieur Verrier, on a préféré les Claude Morin, les Richard Lemire, Rodrigue Tremblay et autres tièdes de la cause souverainiste afin d'appâter le peuple pour prendre le pouvoir.On a vidé le parti de tous ceux et celles qui étaient les plus grands motivateurs de l'indépendance et cela dès les débuts. Bourgeaut fait partie de ces grands.Il y a eu aussi Féretti, D'Allemagne et plusieurs autres dont je rends hommage aujourd'hui. Eux qui ont sacrifié leur propre parti le Rassemblement pour l'indépendance National au profit du même Parti Québécois.Vous devriez vous excuser!
    En ce qui concerne les intellectuels, selon vous ils ne seraient peut-ête pas assez nombreux chez-nous?
    Je tiens à vous rassurer monsieur Verrier. Il y a de nombreux intellectuels au Québec.Par contre, j'ai le regret de vous dire qu'ils ont quitté le Parti Québécois depuis longtemps. J'en connais des dizaines voir des centaines, qui militent à Green Peace, Amnisty International, au Mouvement National des Québécois, à Québec-Solidaire, au Conseil de la Souveraineté, au Mouvement pour une Élection sur la Souveraineté, à Québec Vert Kyoto, à Echec à la Guerre, à Rabajoie et dans de nombreuses ONG. Des des miliers de québécoises et québécois ont descendu dans la rue pour s'opposer aux infâmes projets libéraux du Suroit et du Mont-Orford. Ils ont aussi manifesté en très grand nombre, contre la participation du Canada en Afghan ou en Irak.Tous ces citoyens ont constitués la véritable opposition au gouvernement de Jean Charest.Le PQ s'étant trop souvent illustré par une presque quasi absence dans ces débats.
    Non monsieur Verrier, il y a en a des intellectuels au Québec, des intellectuels militants comme Hélène Pedneault, Victor Lévy Beaulieu. Ne craigniez rien, il y en a aussi chez les gens qui désirent avec ardeur la création de ce nouveau véhicule voué exclusivement au pays du Québec qui arrive!
    N'ayez crainte monsieur Verrier en ce qui a trait à l'organisation et le coeur au ventre. La majorité des gens qui commencent à s'articuler autour du PI sont des militants de longue date, bien aguerris. Le travail sur le terrain, on connaît ça!
    Je tiens à vous avertir, vous ne réussirez pas à nous éteindre, à nous démotiver, à nous démobiliser ou à nous momifier comme le PQ a très bien su le faire avec une main de maître, au cour des dernières années. Je ne me suis jamais senti aussi cliniquement mort politiquement que durant les trois années où j'ai milité au PQ.Je me suis intentionnellement retiré pendant une année de la politique partisane, ce qui me fit un très grand bien.Cela m'a permis de faire le point, de faire le bilan de mon engagement politique en faveur de l'indépendance. Je n'ai pas participé à la dernière campagne électorale mais j'ai voté pour le Parti Québécois en me bouchant le nez comme de nombreuses personnes de mon entourage.Finalement, je suis arrivé à la conclusion qu'il fallait maintenant passer aux choses sérieuses.Nous avons assez tergiversé!Le temps est rop précieux. Il est minuit moins cinq et il urge de se remettre au travail. Nous ne pouvons pas répondre positivement à l'appel de madame marois qui nous invite à rester dans le placard pour un certain temps. Non merci!
    Je suis moi-même représentant médical sur la route depuis plus de 24 ans. Je suis reconnu par mes clients pour être une personne-resource bien documentée et qui sait expliquer les choses de façon claire, nette et précise. J'ai hâte de mettre cette expérience au service de l'indépendance du Québec.
    Vive le PI! Vive le pays!
    Denis Julien Lotbinière

  • Jean-Pierre Durand Répondre

    29 juillet 2007

    Gilles Verrier soutient dans une enfilade sur le forum du Québécois que le temps n'était pas opportun pour créer un parti. Il décrète aussi que lorsqu'"on est faible, on devrait cacher sa faiblesse à son ennemi". Bref, son principal grief semble être que le moment n'était pas le mieux indiqué. Pour appuyer son assertion, il a malheureusement recours à des petites méchancetés d'usage: untel pensait ceci avant-hier, tel autre pensait cela... Là-dessus, j'aurais juste le goût de lui dire: ne vous fatiguez pas, monsieur Verrier, moi je pensais autre chose encore. On peut bien ressasser les parcours de l'un puis de l'autre, un fait demeure: quelques personnes ont pris un jour la décision de franchir le Rubicon. Il n'a pas été long que d'autres les ont suivis et que d'autres, beaucoup d'autres encore les suivront. Comme je dis souvent, la nature a horreur du vide.
    Longtemps le Parti Québécois a été perçu comme un parti indépendantiste, même si quelques voix s'élevaient ici et là pour en douter. Bien sûr, il y avait depuis belle lurette du ressentiment à l'endroit du P.Q. et de ses chefs mollassons, puis une critique sourde qui n'osait trop se manifester, de crainte de diviser le vote. Faute de pain, comme on dit, on mange de la galette. Aux dernières élections, j'ai soutenu envers et contre tous Boisclair, même si je commençais sérieusement à avoir des doutes. Puis le verdict est tombé et, au-delà du chef, il a été question du programme, du bilan de cette campagne (alors que, contre toute logique, des sujets comme l'indépendance, l'identité et la langue étaient mis sous le tapis). Plusieurs Québécois, et notamment bon nombre d'indépendantistes, n'ont pas attendu qu'un nouveau parti se pointe et ont voté, parfois la mort dans l'âme, pour l'ADQ, les verts et QS, ou annulé, avec le résultat que le P.Q. est arrivé bon troisième. Cette douche froide, ce dur coup aura été finalement bénéfique, car il a ouvert les yeux à plusieurs, dont bibi.
    La démission de Boisclair a permis d'espérer pour une énième fois. Dans mes plus beaux rêves, je voyais une course à la chefferie où tout un chacun aurait pu dire le fond de sa pensée. Mon "homme" dans cette course était Patrick Bourgeois, mais cela aurait aussi pu être toute personne défendant farouchement l'indépendance comme Patrick et n'aspirant pas qu'à gouverner une province jusqu'à la saint glin-glin. Finalement, la course n'a pas eu lieu, car l'exercice devenait à la fois coûteux et téméraire, d'autant plus que la machine péquiste oeuvrait pour qu'il y ait un couronnement (on l'a vu avec l'épisode Duceppe). Restait Marois, qui nous a permis d'espérer mais avec un vague soupçon de méfiance cette fois, à cause de ses antécédents. Eh bien, le vague pressentiment s'est réalisé: madame mettait l'indépendance sur la glace et nous assurait du même souffle que cela pourrait durer plus d'un mandat, qu'on écouterait les Québécois et autres sophismes indignes d'un parti créé par nos prédécesseurs pour nous amener à l'indépendance.
    Cette fois, il faut croire que ce fut la goutte qui fit déborder le vase. De même qu'on dit qu'"un gars se tanne", on pourrait dire qu'un peuple aussi peut se tanner. Pour certains, c'était entendu depuis longtemps que le P.Q. ne nous amènerait pas à l'indépendance, pour d'autres cette trahison appréhendée devenait la donne avec laquelle il fallait désormais composer. Que fait-on alors ? Certains ont choisi de poser les jalons d'un nouveau parti. Bien entendu, il y en aura forcément pour dire que ce n'était pas le temps, et patati et patata, mais qui peut vraiment répondre à cette question ? Il n'existe pas à ce que je sache de manuel sur Comment et quand créer un parti indépendantiste pour les nuls !
    Monsieur Verrier, quand vous invoquez la faiblesse de la production intellectuelle des indépendantistes, je vous trouve un tantinet sévère. N'avez-vous pas lu, pour ne parler que de ces derniers mois, tout ce qui s'est écrit dans les journaux (tribune et lettres), dans les revues (L'Action nationale), dans Vigile et dans Le Québécois ? Sans parler des forums sur Internet ? J'espère que vous n'attendiez pas que l'on trouve la pierre philosophale avant de s'organiser ! Il n'existe pas de parti clefs en main, il faut se retrousser les manches, travailler, travailler et, au moment où l'on pense que l'on peut se reposer, travailler encore. Nous avons besoin de toutes les forces vives de la nation. Le nouveau parti embauche présentement: temps partiel, temps plein, de jour comme de nuit.
    Oui, comme vous dites, "la tâche est titanesque", c'est d'ailleurs ce que se tuent à répéter les principaux protagonistes ou initiateurs du parti. Pour dire comme Mao: la révolution n'est pas un dîner de gala. Et c'est une révolution (non violente, on s'entend) qui s'annonce. On ne fera pas de quartier. Alors, vous nous reprochez d'être par trop téméraires, de ne pas effectuer un travail en profondeur et, qui plus est, de le faire sous les projecteurs. D'abord, il ne s'agit pas d'une conspiration, mais d'une décision démocratique. On ne veut pas recréer la Patente (Ordre de Jacques-Cartier), on le fait démocratiquement et en plein jour. Par ailleurs, qui vous dit que le travail s'accomplit sous les projecteurs, sans stratégie aucune, en un mot comme des cabotins. Bien sûr que non, l'agenda du nouveau parti n'est pas diffusé sur Internet, quand même !Non, le travail pour la création de ce parti est MULTIFORME et plusieurs personnes y sont dès lors associées. Chaque chose arrivera en son temps, un peu de patience, il ne s'agit pas d'une ligue d'improvisation, ni d'un club de scrabble, petit à petit, l'oiseau fait son nid.
    Trop tôt, trop tard ou à temps ? Toutes les opinions peuvent être émises et on ne saura jamais laquelle était la meilleure. Dans la vie, on fait des choix, on pose des gestes et il faut les assumer. Selon plusieurs, dans la mesure où il ne faisait plus l'ombre d'un doute que le P.Q. abandonnait les indépendantistes à eux-mêmes afin de courtiser les électeurs adéquistes et affirmationnistes, il fallait faire quelque chose. Cette réflexion, ce n'est pas le lot de Pierre, Jean, Jacques, mais de centaines d'indépendantistes, voire de milliers. Un groupe parmi eux va de l'avant avec la création d'un parti et il s'avère que le momentum était bon, puisqu'il suscite dès lors de l'intérêt et des adhésions, et forcément déclenche des attaques, encoure des critiques. Et ce n'est rien à part ça ! Attendez de voir ce que nos adversaires dans les médias vont écrire ou raconter, attendez de voir ce que nos adversaires politiques fédéralistes vont dire, attendez de voir ce que les péquistes affirmationnistes, étapistes ou partisans du beau risque vont colporter ! Eh bien, voyez-vous, monsieur Verrier, les gens qui gravitent autour de la nouvelle formation s'y préparent, tous les jours et même certaines nuits, beau temps, mauvais temps, vacances de la construction ou pas ! Quand le vin est tiré, il faut le boire ! On ne peut pas TATAOUINER jusqu'à plus soif, sinon c'est en anglais que nous devrons proposer l'indépendance ! You understand ? Regardez autour de vous, notamment à Montréal, la résurgence de l'anglais, sur un pied d'égalité avec le français, malgré 30 ans de loi 101 (tout cela est abondamment documenté sur le site du Mouvement Montréal français et il semble que cela soit un des thèmes abordé dans la prochaine édition du Québécois), regardez comme on va de l'avant avec un centre hospitalier universitaire anglophone, regardez comme on se moque en certains lieux de nos valeurs culturelles et identitaires dont nous n'avons pourtant pas à avoir honte. On ne peut pas attendre les conditions gagnantes, la semaine des quatre jeudis, le jour où les poules auront des dents ou qu'un sondage commandé par Gesca nous y enjoigne pour fonder un parti. Bien sûr, bien égoïstement, je souhaiterais que le premier congrès de ce parti se tienne dans ma ville le jour de mon anniversaire de mariage... Alors, trop tôt, trop tard ou à temps ?
    Ce parti est en gestation et ses portes sont grand ouvertes à tous ceux, indépendantistes de tous horizons, de tous âges, peu importe le sexe ou la nationalité d'origine, qui veulent un pays indépendant et, par conséquent, qui veulent rompre avec le colonialisme canadien.
    Les chiens aboient, la caravane passe. Assez de palabres à n'en plus finir, d'exposés hyper savants de mille et une pages, et de tergiversations, le Parti indépendantiste, quelque soit son nom officiel, doit prendre son envol. Les indépendantistes sont invités prestement à se joindre à la nouvelle formation afin de la faire progresser, de l'enrichir de leurs expériences et de leurs compétences (on ne refuse personne qui est de bonne foi), et de l'amener "dans ses grosseurs" (comme on dit parfois au Québec). Encore une fois, ce n'est pas l'affaire de Pierre, Jean, Jacques... mais le parti des Québécois, pour les Québécois et par les Québécois.
    VIVE L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC !

  • Archives de Vigile Répondre

    29 juillet 2007

    Tous nos débats sont stériles parce qu’on n’a pas le courage de définir les mots que nous utilisons.
    Comme je suis à relire les 35 dialogues de Platon (certains politiciens devraient en relire quelques-uns), je procèderai en utilisant la forme du dialogue, si chère au fondateur de l’Académie.
    - Je pense que tu es toujours intéressé à ce que le Québec devienne un jour indépendant ?
    - Certes.
    - Selon toi, pour qu’un territoire proclame sa souveraineté, faut-il utiliser une ou plusieurs formules ?
    - L’histoire démontre qu’il y en a plusieurs.
    - Alors, pourrais-tu me les nommer ?
    - Oui. La révolution armée en est une. Je ne la préconise pas. Car, le dominateur écraserait vite les velléités d’une telle minorité.
    - Tu rejettes, sans équivoque, cette voie ?
    - Absolument.
    - Alors que te reste-t-il comme choix ?
    - L’autre voie possible est la démocratie, malgré que ce soit, comme tu le sais sans doute, le moins pire des régimes politiques. Je pense que ce sont les mots mêmes de Winston Churchill.
    - Tu optes donc pour cette solution, même si elle n’est pas parfaite.
    - Absolument.
    - Mais qu’est-ce que tu appelles la démocratie ?
    - Abraham Lincoln disait que la démocratie, c’est un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Est-ce, selon toi, que l’ancien président des États-Unis a bien défini ce régime politique ?
    - Je dirais que oui, mais avec quelques réserves.
    - Convenons donc que si les Québécois doivent faire un jour leur indépendance, ils devront passer par les voies de la démocratie.
    - Si.
    - La démocratie est donc le choix du peuple, par le peuple, pour le peuple.
    - Exactement.
    - Dans nos démocraties occidentales, comment s’expriment la démocratie ?
    - Par la voie électorale et par la voie référendaire (consultation populaire).
    - Tu vois juste.
    - Maintenant, penses-tu que les Québécois, depuis leur entrée dans la Fédération canadienne (ce qu’on appelle malhabilement CONFÉDÉRATION canadienne) ont déjà été consulté, soit par mode électoral ou par mode référendaire sur l’adhésion à ce régime politique ?
    - Il semble bien que non.
    - Alors, tu le vois bien. Les Québécois vivent dans un régime politique qu’on leur a jadis imposé il y a plus de cent ans. Trouves-tu cela normal ?
    - Évidemment, non !
    - Ils sont donc placés devant deux choix : ils acceptent le régime actuel et acceptent les règles imposées de jadis ou ils décident d’opter pour une révision démocratique de leur statut politique.
    - En cela, je suis d’accord.
    - Nous disons tout à l’heure que la voie démocratique passe par deux modes d’exercice : la voie électorale et la voie référendaire.
    - Es-tu toujours d’accord ?
    - Absolument.
    - Commençons par la voie référendaire.
    - Sais-tu qu’il y a eu depuis 25 ans, deux référendums portant sur l’avenir politique du Québec ?
    - Oui.
    - Crois-tu que ces deux consultations populaires portaient sur l’indépendance du Québec ?
    - A la lecture des deux questions, fort longues et très alambiquées, il est bien difficile de le savoir. Les interprétations des observateurs politiques varient selon que l’on était dans le camp du OUI ou du NON.
    - Tu en penses quoi, toi ?
    - Je pense que les deux questions visaient à créer une authentique Confédération canadienne et non à faire du Québec un État indépendant.
    - Je pense que tu as compris. La voie référendaire, utilisée deux fois, a donné des résultats mitigés, a accumulé beaucoup de frustration, et jeté bien de la confusion dans les esprits. Parce que les gens qui étaient au pouvoir ont voulu ménager la chèvre et le chou. Être ni chair ni poisson. L’indépendance, comme le dit Albert Camus, c’est d’abord et avant tout le refus de toute négociation. Le PQ a fait exactement le contraire. Il a dit ce qu’il voulait négocier avant même d’avoir obtenu le statut de pays inidépendant.
    - Tu as absolument raison.
    - Et la voie électorale, qu’en penses-tu ?
    - Quarante ans après la fondation du MSA et du PQ, force est de constater que ce parti, jouant dans toutes les plate-bandes politiques a tout fait pour ne pas réaliser l’indépendance du Québec, mais a joué du coude pour uniquement prendre le pouvoir à Québec.
    - Tu fais donc le constat que le Québec n’a jamais eu de parti indépendantiste, avec seul et unique mission, de réaliser l’indépendance du Québec ?
    - Absolument. Le PQ a joué constamment sur deux tableaux : celui du bon gouvernement et celui d’un possible référendum sur la question nationale, promis, lorsque les conditions seraient gagnantes. Après avoir dit avant 1976, que le Québec ne pouvait pas être un bon gouvernement dans le régime actuel, il a viré son capot de bord en 1976, et s’est fait élire en disant qu’il fallait d’abord faire élire à Québec un BON GOUVERNEMENT et que plus tard, dans ce mandat, on ferait un référendum, sans trop dire aux gens sur quoi il allait porter ?
    - Tu conviens donc que le pouvoir a gangréné l’option floue et indéterminée du PQ.
    - Tout à fait d’accord.
    - Et quel en a été, historiquement, le résultat ?
    - Au premier référendum, les gens ont dit NON à l’offre faite au Canada anglais, parce qu’ils jugèrent tout simplement que tout le bon travail fait par le PQ, comme gouvernement provincial, s’était réalisé dans le régime fédéral, et qu’il était donc inutile d’en sortir.
    - Tu as bien compris. Le PQ s’est piégé lui-même et a été victime de de son succès. Pourquoi sortir, si ça va si bien ? Pourquoi prendre le risque que ça aille plus mal, alors que les choses ne tournent pas si mal, dans le régime actuel ? Et en 1995 ?
    - Je pense que ce fut le même scénario. Parizeau nous avait promis une question genre : « Acceptez-vous que le Québec devienne souverain en date de.... ? ». La question posée ressemblait comme deux gouttes d’eau à la question de 1980, avec des mots différents. Les Québécois n’ont pas voté sur le fond de la question. A savoir l’indépendance du Québec.
    - Alors, que devons-nous faire ?
    - Perdre nos illusions. Ceux qui pensent qu’on peut régler l’avenir du Québec à l’intérieur du PQ, qu’ils continuent à rêver. Moi, je n’y crois plus. Je pense que le temps est venu pour les indépendantistes d’opter pour la clarté et la lucidité.
    - Plus précisément.
    - La voie référendaire semble fatiguer et ulcérer les Québécois. La prononciation de ce mot les jettent dans tous leurs états. Il faut donc, non pas rejeter cette possible voie, mais la mettre sous le boisseau pour un certain.
    - Tu proposes quoi alors ?
    - La fondation du premier parti indépendantiste québécois. Fondation qui doit se faire dès l’automne qui vient. Avec promesse de présenter des candidats dans la plupart des circonscriptions du Québec. En disant aux gens, comme en 1970 et 19973, que si le PI prend le pouvoir avec la pluralité des voix et la pluralité des sièges, ill votera une loi proclamant l’indépendance du Québec.
    - Faut-il présenter des candidats dès le prochain scrutin ?
    - Absolument.
    - Tu exclus certains comtés ?
    - Je n’en exclus aucun, mais il faudrait être pragmatique, tout simplement.
    - Ça veut dire quoi au juste ?
    - Sans vouloir être discriminatoire, je ne pense pas que les comtés majoritairement anglophones de l’Ile de Montréal voteront un jour pour l’indépendance nationale. On pourrait bien présenter des candidats dans ces circonscriptions, mais uniquement pour la forme. Mais ce n’est pas mon choix.
    - Alors, combien faudrait-il présenter de candidats ?
    - Je renouerais avec notre passé. Pourquoi ne pas proposer aux Québécois la formule des « Cent Associés ». Cent candidats valeureux et courageux, particulièrement dans les circonscriptions à majorité francophones, qui décident de parler du pays à faire. De ne parler que de cela. Et de faire voter les gens uniquement sur ce programme-là.
    - Cela me semble une bonne idée. Penses-tu qu’on peut faire élire plusieurs candidats lors du prochain scrutin ?
    - Je pense que oui. Le nombre de 10 serait acceptable et formidable. Imaginez, un seul instant, 10 députés élus à Québec, et qui ne parlent que du pays à faire ? Ce serait bien plus valable que les députés péquistes de la deuxième opposition.
    - Je pense que tu as raison. Quel est selon toi, le meilleur gouvernement ?
    - Je pense, comme le disait Goethe, que le meilleur gouvernement est celui qui nous enseigne à nous gouverner nous-mêmes.
    - Et quoi d’autre encore ?
    - Ici, je pense à Lacordaire, mort en 1861, qui affirmait ceci :« Il y a trois actes de gouvernement : éclairer, soutenir, combattre. Éclairer les aveugles, soutenir les faibles, combattre les ennemis ». C’est ce à quoi le PI devrait se consacrer. Les aveugles sont nombreux, et c’est pourquoi, le travail sera long et ardu ; Les faibles sont légions. Ils changent d’idées souvent. Il faut donc des formateurs et des éducateurs. Quant à nos ennemis, personne ne doit se permettre d’en fabriquer d’autres : ils sont suffisamment nombreux.
    - Faut-il se souhaiter bonne chance ?
    - Il faut surtout se souhaiter bon courage. Je te laisse avec cette phrase de Gandhi : La démocratie, d’après l’idée que je m’en fais, devrait assurer au plus faible les mêmes opportunités qu’au plus fort. Seule la non-violence peut aboutir à ce but.

  • Archives de Vigile Répondre

    29 juillet 2007

    M. Verrier,
    Je ne comprend pas tellement pourquoi vous vous opposez à la création d'un nouveau parti entièrement consacré à l'indépendance. Vous dites qu'il faut travailler à l'intérieur des partis en place, soit. Je ne suis sûrement pas contre l'idée que des tenants du gros bon sens de droite fassent progresser l'idée d'indépendance à l'ADQ ou que des gauchistes fassent de même avec les progressistes de matante Françoise à QS.
    Et je n'ai rien contre l'idée d'un nouveau parti. Vous voyez?
    Quant à l'opinion du Canada anglais sur le sens à donner aux résultats des élections québécoises, je m'en balance. Il y a même des tarlas pour nous dire que c'est parce que le PQ est trop à gauche et indépendantiste qu'il a fait mauvaise figure la dernière fois. On ne peut rien à ces interprétations loufoques.

  • Archives de Vigile Répondre

    29 juillet 2007

    Les appréhensions, face à la nouvelle formation politique, sont tout à fait légitimes. Tant que le projet ne sera que rumeurs et ouie-dires, il serait plutôt affolant d’y placer tout nos espoirs. Toutefois, quelque chose tente de s’organiser. Quelque chose DOIT s’organiser. Il serait totalement irresponsable de rester pantois devant le drame se jouant sous nos yeux. Pierre Vadeboncoeur disait : « Je dis que désormais la réalité des choses nous met, comme peuple, dans une nécessité si rigoureuse qu’il n’y a plus de place, dans les choix qu’il doit faire, pour une décision qui ne serait pas radicale. »
    La démission de Pauline Marois, face à l’indépendance du Québec, nous place devant une situation telle où nous avons le devoir d’agir. Pauline Marois nous propose de nous enliser dans un attentisme maladif, propulsé par une force née d’un mystère digne de l’immaculée conception. Rester assis dans notre salon, à regarder Les Boys 28, Elvis Gratton 24 ou la 33e saison de Virginie, serait d’une inconséquence inouïe.
    Que faire ?
    Une nouvelle génération d’hommes et de femmes, de tous horizons, se lèvent, s’assemblent et discutent. Certains proposeraient un « Putsch » au sein du PQ. Cette avenue, selon moi, est courageuse, mais contre-productive. Le PQ aurait tôt fait de limiter nos moyens, à l’instar de ce René Lévesque de 84-85, au nom de « l’unité ». Le PQ a développé un savoir faire hors du commun pour mater sa frange riniste. Nous serons, comme à l’habitude, dépeints comme de grands méchants extrémistes et matés. Militer dans un terrain miné ? Non, merci.
    Plusieurs choses peuvent être faites. Vous avez proposé un état major souverainiste. C’est une bonne idée. Toutefois, il sera rapidement limité, car les mouvements ont des moyens très limités, de par leurs financements et leurs structures. La SSJB, un mouvement éminemment puissant, est trop souvent ignoré.
    Un parti ? Un simple parti politique, déconnecté de sa base militante, comme l’est le PQ, ne saurait percer. Il nous faut plus. Nous devons exiger le meilleur de nous mêmes. Nous devons avoir un parti directement connecté à l’action militante et sur la population. Un parti-mouvement. Comme l’était le RIN. Ce n’est qu’en combinant la forte présence médiatique de l’action militante ET les moyens quasi-infinis des partis politiques que nous pourrons insuffler la vie dans le projet indépendantiste.
    Vous nous parlez du Canada et de la communauté internationale. Le Canada et la communauté internationale ne feront pas l’indépendance du Québec. Nous seuls avons ce pouvoir. Même en finissant avec 10 % des votes, le parti politique aura tôt fait d’attirer l’attention médiatique. Un tel pourcentage pourrait même lui valoir une place au débat.
    Vous dites craindre la division. Cette division, elle existe déjà. Nos effectifs sont dispersés chez QS, à l’ADQ, au PQ, mais surtout, dans cette frange de la population tellement désillusionnée qu’elle ne vote pas. Il faut sortir du piège gauche-droite dressé par les adéquistes, solidaires, lucides ou les yoyos péquistes. Il nous faut une troisième voie. Il nous faut incarner l’intérêt national.
    Vous terminez « Quand on est faible, on devrait cacher sa faiblesse à son ennemi. On bâtit ses forces en formant des cadres dans la discrétion, on crée un parti en temps opportun et on passe à l’action pour gagner. Le volontarisme sans grande substance affiché par les tenants du nouveau parti ne peut se substituer à un travail politique en profondeur, loin des projecteurs, indispensable à la formation d’une communauté de pensée indépendantiste. »
    Soyez assurés, monsieur Verrier, que notre action ne se concentre pas que sur Vigile ou sur les forums internets. La substance se développe. Le militants arrivent. Les rassemblements se multiplient. La substance s’épaissit. La structure et la discipline s’y installe. Tout ça, loin des projecteurs médiatiques.
    Vous y êtes le bienvenu, d’ailleurs. Comme le sont tous les québécois désirant bâtir notre pays.
    Soyez rassuré. Le parti passera à l’action en temps opportun. Il ne pourra pas y avoir d’autre fins que l’indépendance de notre nation.

  • Archives de Vigile Répondre

    29 juillet 2007

    « Être annexé c’est être gouverné par un autre. » (Maurice Séguin)
    29 juillet 2007 Bruno Deshaies
    Nous avons assez de difficultés avec les mots de pays, patrie, souveraineté et indépendance que maintenant, des indépendantistes nous lancent à la figure le PI. M. Verrier réagit contre ceux qui ont lancé cette abréviation. Une toute petite recherche avec Google et on découvre ceci : PI (pays) = présentations intimes ; PI (pays) = pays industrialisé. À mon avis, il serait préférable d’abandonner cette fantaisie le plus tôt possible.
    Parmi les commentaires, nous retenons ces deux extraits :
    Raymond Poulin : « À 64 ans, on a déjà appris que l’avenir exige parfois du temps. J’éprouverais certes un profond chagrin à partir sans avoir vu naître le Québec indépendant, mais je ne pense vraiment pas qu’il naîtra plus rapidement si nous ne crevons pas l’abcès. »
    Christian Pelletier : « Donc, d’ici 2014 le parti Québécois ne fera pas de référendum, surtout qu’ils attendent que la population le demande, on ne sait pas encore de quelle manière, cela laisse beaucoup de temps pour qu’enfin, un parti se mouille pour expliquer le projet de pays d’une façon plus claire […]. »
    Si nous continuons toujours dans l’ordre des MOYENS, nous risquons de nous retrouver en face d’une MACHINE FÉDÉRALISTE cent fois plus grosse que celle qui nous a fait échouer deux référendums et qui travaille sans relâche à réaliser complètement l’intoxication (c'est-à-dire de la propagande insidieuse) fédéraliste de tous les Québécois. Face à cette « machine » fédéraliste canadian/canadienne, le NOUVEAU PARTI INDÉPENDANTISTE PROVINCIAL (NPIP) ne sera rien de moins qu’une bien petite locomotive pour mener le Québec à l’INDÉPENDANCE COMPLÈTE. Il y a une étape qu’il ne faudrait pas sauter.
    Le défi pour les indépendantistes consiste à faire passer le Québec du statut de NATION ANNEXÉE à celui de PAYS INDÉPENDANT DÔTÉ D’UN ÉTAT SOUVEAIN (à l’interne et à l’externe). L’éducation, la formation, la communication, l’organisation, la diffusion et finalement l’adhésion au MESSAGE INDÉPENDANTISTE pourront faire la différence dans cette LUTTE NATIONALE. Il faut un regroupement autour d’un cadre conceptuel indépendantiste commun pour parvenir à la fin visée qui est l’indépendance du Québec.
    Encore une fois, il nous semble utile de citer l’historien Maurice Séguin, l’un des 100 grands penseurs du XXe siècle au Québec, dans sa version sur Les Normes de 1961-1962.
    « Être annexé c’est être gouverné par un autre.
    Être annexé à un peuple indépendant : aussi longtemps qu’il y aura distinction, c’est de l’annexion.
    […]
    Principaux types d’annexion économique (avec annexion politique) : Pas le cas de Cuba.
    Un peuple minoritaire politiquement annexé et dépendant économiquement du peuple majoritaire.
    On peut ici distinguer trois niveaux.
    a - un peuple complètement prolétarisé, devenu travailleur à gages au service du peuple majoritaire (cas rare) ;
    b - peuple minoritaire, propriétaire des petites entreprises, des petites industries locales – aucune grande activité en finance, commerce et industrie ;
    c - annexé politiquement, il possède son agriculture locale, les petites industries locales, maître des grandes industries et des affaires… (v. g. Écosse). Mais l’Angleterre possède beaucoup plus que l’Écosse en Écosse.
    Le peuple minoritaire peut être supérieur en domaine économique mais le peuple majoritaire pourra à la longue faire jouer le rouage politique et en arriver à la maîtrise. »

  • Raymond Poulin Répondre

    29 juillet 2007

    Monsieur Verrier,
    En dépit de mon appui circonstanciel au PI, je partage vos appréhensions, mes articles précédents et mes commentaires en font foi. Comme vous, mon premier choix eût été le ralliement à ce que vous nommez un état-major souverainiste indépendant des partis. Malheureusement, il existe une foule d'organismes plus ou moins actifs, plus ou moins structurés et plus ou moins sérieux qui se croient cet état-major mais, en fait, ne sont rien sinon des fardeaux et n'ont pas suffisamment d'altruisme pour se fondre en un seul mouvement.
    Quant au PI, pour le moment du moins, oui, il me semble, comme vous le dites, animé d'un volontarisme sans grande substance. Ses fondateurs font certes preuve d'états de service militants mais ne comptent parmi eux aucune pointure politique susceptible de rallier des appuis massifs sur son seul nom — je le dis sans intention offensante —, ce qui, vu la médiatisation galopante et la situation actuelle de l'idée indépendantiste, constitue une faiblesse majeure. En stratégie politique, la perception publique compte davantage que la seule noblesse des intentions. De plus, le ton que certains d'entre eux emploient volontiers à l'occasion pour répondre à leurs interlocuteurs risque de mener, comme je l'ai déjà écrit, à des problèmes d'embrayage. Aucun stratège ne peut se permettre de s'en remettre aux émotions, surtout pas de colère ou d'orgueil.
    Alors pourquoi ai-je cautionné l'hypothétique PI? Parce que si le seul appareil, malgré tout encore "opérationnel", des indépendantistes ne se fait pas canarder de toute part et ne connaît pas une saignée suffisante pour l'amener à se révéler à lui-même, il ne nous permettra jamais d'arriver au but mais continuera de le diluer jusqu'à nous perdre. Il lui faut une médecine de cheval et, si elle ne suffit pas, il lui faut disparaître. Si la cure lui réussit, il redeviendra ce qu'il fut sous Parizeau, et ceux qui l'avaient fui s'y rallieront. S'il demeure au contraire sourd et aveugle, il devra céder sa place. À ce moment, l'un des partis déjà formés pour accueillir les transfuges prendra forcément la relève et héritera de ce qui demeure valable dans l'appareil et la députation péquistes: la nature a horreur du vide.
    Nous aurons perdu du temps? Nous en perdrons davantage, et peut-être mortellement, si nous attendons bien sagement que le PQ se réveille tout seul. D'ici-là, on risque fort de favoriser objectivement l'ADQ lors des prochaines élections, mais ce parti, de toute manière, héritera d'un mandat pour au moins un terme. Et même, je le souhaite, car s'il fallait que le PQ revienne au pouvoir si tôt, même minoritaire, il ne se guérirait pas de ses mauvaises habitudes. Serions-nous plus avancés? Je ne le crois pas.
    À 64 ans, on a déjà appris que l'avenir exige parfois du temps. J'éprouverais certes un profond chagrin à partir sans avoir vu naître le Québec indépendant, mais je ne pense vraiment pas qu'il naîtra plus rapidement si nous ne crevons pas l'abcès.
    Raymond Poulin

  • Archives de Vigile Répondre

    29 juillet 2007

    Je ne suis pas d'accord avec vos propos m. Verrier.
    Pour moi, le temps est venu pour les indépendantistes du Québec d'avoir leur parti politique aspirant à leurs demandes non-écoutées par le parti Québécois depuis plus d'une décennie.
    Au contraire, le temps est idéal pour créer ce parti puisque que l'option souverainiste est bas dans la population en 2007. L'élection de 2008 pourra servir à ce parti pour ce faire connaitre et l'élection d'ensuite révèlerait combien d'indépendantistes il y a au Québec.
    Ce parti pourra se faire connaitre à la prochaine élection, probablement en 2008 et puis les chances sont très grandes pour que le prochain gouvernement soit encore minoritaire, donc, d'ici les 7 prochaines années, nous risquons fort de connaitre 3 campagne électorales.
    Donc, d'ici 2014 le parti Québécois ne fera pas de référendum, surtout qu'ils attendent que la population le demande, on ne sait pas encore de quelle manière, cela laisse beaucoup de temps pour qu'enfin, un parti se mouille pour expliquer le projet de pays d'une façon plus claire pour que la population n'aie pas l'impression de faire un chèque en blanc au gouvernement parce qu'il n'ont pas bien compris le projet puisque le PQ dans le passé n'a jamais bien répondu aux questions posées sur le sujet.
    Le jour ou les Québécois auront bien compris le projet, le pourcentage pour l'indépendance ne pourra que monter.
    Comme cela au hasard, je serais curieux de savoir combien de Québécois savent qu'un Québec indépendant serait une république.
    Probablement pas beaucoup!!!!!!!!!
    Finalement, le moment est propice pour ce nouveau parti d'être créé.