Pauline Marois, la candidate

«Comment être souverainiste, comment être social-démocrate en 2007», demande celle qui devrait être couronnée chef du PQ

Pauline Marois - le couronnement


Pauline Marois: «Il faut mettre de côté la discussion sur un référendum pour parler du pays.»

C'est en affirmant que le Parti québécois doit renouveler le discours progressiste et souverainiste que Pauline Marois a déposé son bulletin de candidature pour diriger cette formation politique.
La courte cérémonie officielle a eu lieu hier matin à la permanence du PQ, rue Papineau, à Montréal. Pour l'instant, Mme Marois demeure la seule candidate en lice.
«Depuis 40 ans, le Québec a changé. Et si le Québec et les Québécois ont évolué, le Parti québécois doit lui aussi évoluer», dit un texte expliquant ses «orientations» diffusé en même temps et publié aujourd'hui par Le Devoir en page Idées. Partout en Occident, des partis progressistes, sans rien renier de leurs valeurs profondes, adaptent leurs politiques. Nous ne devons pas craindre d'en faire autant et de nous renouveler à partir des attentes de la population. Posons-nous la question: comment être souverainiste, comment être social-démocrate en 2007?»
La militante souverainiste de longue date a déjà rencontré près de 3000 personnes au cours des dernières semaines, dans le cadre d'une tournée panquébécoise. Son «manifeste» impute la «baisse constante» de popularité de sa formation depuis 1994 à une position doctrinaire, coupée des gens.
«Je crois que nous n'avons pas été suffisamment à l'écoute de la population, a-t-elle poursuivi en conférence de presse. Nous nous sommes enfermés dans un discours en vase clos, pas par mauvaise foi cependant. J'invite les militants à aller écouter les gens, et je crois que nous serons capable de reconquérir leurs coeurs. [...] Je suis revenue pour le pays. Je le dis aux membres, je le répète: je crois qu'il faut revenir aux réalités identitaires, en même temps que nous sommes porteurs d'un projet social.»
Surtout, Mme Marois veut cesser de parler stratégie. «Il faut mettre de côté la discussion sur un référendum pour parler du pays. Laissons tomber la mécanique pour parler du Québec réel.»
Un candidat au poste de chef du PQ doit recueillir 1500 signatures d'appui de membres du parti, représentant au moins six régions et 40 circonscriptions électorales du Québec. Pauline Marois a finalement fait soutenir ses intentions par plus de 7000 signataires, dont les identités seront vérifiées, jusqu'à l'obtention du nombre nécessaire. Si elle demeure la seule candidate jusqu'au 26 juin à 17h, l'ancienne ministre -- elle a dirigé 14 portefeuilles, dont le trio des Finances, de l'Éducation et de la Santé -- sera automatiquement couronnée.
Le cas échéant, elle espère faire rapidement son entrée à l'Assemblée nationale, comme députée. «Le plus tôt sera le mieux, a-t-elle précisé. Mais il n'y a pas de circonscription disponible, et je ne suis pas encore chef du parti.»
Elle se dit aussi très à l'aise avec le fait que André Boisclair conserve son siège à l'Assemblée plutôt que de quitter sa circonscription de Pointe-aux-Trembles et ainsi forcer le déclenchement d'une élection partielle où elle pourrait se présenter. «André est légitimement élu, et je vais compter sur lui comme sur les autres députés.» Le Devoir révélait vendredi dernier que M. Boisclair n'annoncerait pas son intention avant l'automne.
C'est la troisième fois que Pauline Marois tente d'obtenir la direction du parti fondé par René Lévesque. Sa première tentative remonte à plus de vingt ans. «C'est rare que je lâche. Mais, cette fois-ci, sincèrement, j'avais tourné la page. Je n'imaginais pas me retrouver dans cette situation. [...] Le vrai travail va commencer le 27 au matin.»


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