Sondages et cafouillages

Pas de panique, dit Paul Martin

Option Canada


Le chef libéral Paul Martin refuse d'appuyer sur le bouton de panique même si des sondages démontrent que les conservateurs sont en tête et pourraient former le prochain gouvernement.
En campagne dans le sud-ouest de l'Ontario, M. Martin a indiqué hier que les libéraux suivent à la lettre leur plan de match.
Il a rappelé que lors des élections de juin 2004, à deux semaines du scrutin, son parti accusait un retard comparable et qu'il avait réussi à combler l'écart. «Il est encore tôt. J'ai confiance compte tenu de la façon dont la campagne se déroule.»
«Si vous regardez la dernière campagne, le précédent est là. Pour moi, ce qui est crucial, au Québec, c'est de démontrer que nous avons vraiment une ouverture, que j'ai déjà démontré en signant de nombreuses ententes», a affirmé M. Martin.
«En ce qui concerne le reste du pays, je suis convaincu que la différence fondamentale entre Stephen Harper et moi-même sur le rôle du gouvernement et sur les valeurs canadiennes sera un facteur déterminant dans la décision des Canadiens», a-t-il ajouté.
Un sondage Ekos réalisé pour le compte de La Presse et du Toronto Star accordait hier au Parti conservateur 36,2 % des intentions de vote contre 30,4 % au Parti libéral et 17,9 % au NPD. Au Québec, le Bloc mène avec 44 % des intentions de vote, mais les conservateurs recueillent presque autant d'appuis que les libéraux (20 % contre 22 %).
Deux nouveaux sondages, réalisés hier par SES et Léger Marketing, respectivement pour la chaîne parlementaire CPAC et la Presse Canadienne, donnent aussi une légère avance aux conservateurs. Malgré la confiance affichée par Paul Martin, ces coups de sonde défavorables commencent à semer l'inquiétude dans les rangs libéraux.
Cafouillages
Ils surviennent au moment où la campagne libérale a connu une série de cafouillages au cours des derniers jours.
- La GRC s'intéresserait aux livres d'Option Canada, organisme créé juste avant le référendum à la suite d'une demande de Patrimoine Canada. Le corps policier se questionne sur de possibles mauvaises gestions de fonds fédéraux. Patrimoine Canada et Option Canada seraient au coeur d'un livre à paraître au sujet de cette affaire, écrit par le journaliste Normand Lester.
- La GRC a ouvert une enquête criminelle sur une possible fuite au ministère des Finances avant l'annonce du ministre Ralph Goodale dans le dossier des fiducies de revenu le 23 novembre.
- Paul Martin a été obligé de désavouer les propos controversés de son candidat vedette au Québec, Marc Garneau, qui a comparé le projet souverainiste à l'invasion de l'Irak par les États-Unis.
- En Colombie-Britannique, le candidat libéral Keith Martin a refusé de participer à l'annonce de M. Martin en matière de santé, mercredi, à la faculté de médecine de Victoria, parce qu'il croit que le secteur privé devrait jouer un rôle plus important dans le réseau de la santé au pays.
- M. Martin a présenté des excuses en catimini à la communauté chinoise mardi soir à Victoria pour la taxe d'entrée imposée par le gouvernement canadien de 1885 à 1923 aux immigrants chinois. Ces excuses ont été présentées dans le cadre d'une entrevue accordée à une station de radio de Vancouver. Mais les journalistes suivant la campagne libérale n'ont pas été prévenus.
- Les libéraux sont victimes de fuites non autorisées de leur programme depuis quelques jours. Des stratèges croient qu'une taupe travaillant pour le camp de l'ancien premier ministre Jean Chrétien et bien au fait du programme électoral a infiltré l'organisation dans l'unique but de faire dérailler la campagne.
M. Martin a reconnu hier que sa campagne encaisse quelques revers. «Est-ce qu'il y a des dérapages ? Oui, il y en a dans toutes les campagnes. Mais je suis très confiant», a-t-il dit.
Du côté des conservateurs, Stephen Harper a dit prendre avec un grain de sel les sondages qui placent son parti en tête. Il a réaffirmé qu'il est toujours «sceptique» face aux sondages et qu'il ne s'y fie jamais pour orienter sa campagne.
Le chef du Bloc, Gilles Duceppe, à qui le sondage accorde un score moins envieux qu'avant les Fêtes, s'est montré peu loquace. «Je ne tiens rien pour acquis», a-t-il dit.
Avec Gilles Toupin et Tristan Péloquin.


Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé