Non à une gouvernance mondiale anti-démocratique!

Le pouvoir politique appartient aux pays souverains.

Tribune libre

Comme vous le savez, au sommet de Copenhague, aucune décision n’a été prise par les responsables politiques des 192 pays présents. Tout a été repoussé à l’année 2010. Un nouveau monde vient de naître. Les grands chefs d’État de ce monde avec Barak Obama à leur tête se sont heurtés à la volonté légitime de souveraineté et de développement des pays du G77, menés par la Chine et l’Inde. Bravo!
Dans une entrevue accordée au « Los Angeles Time », le 16 décembre dernier, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a déclaré que les pays devront signer un traité sur le climat, au cours des mois qui viennent. Ce traité devra contenir des objectifs chiffrés et contraignants pour la conférence sur le climat qui doit avoir lieu au Mexique, fin 2010. Un accord contraignant de réduction des émissions de CO² de 50% en 2050. C’est l’étape finale à laquelle on est en mesure de s’attendre. Il a reconnu publiquement qu’il y avait un deuxième ordre du jour derrière le sommet de Copenhague et la fraude du changement climatique. Cet agenda caché proposait l’imposition d’un gouvernement mondial et la fin de la souveraineté nationale. (1)
Par la même occasion, les pays devaient créer « un Fonds des pays développés de 30 milliards de dollars pour les trois prochaines années et de 100 milliards de dollars en 2020, pour aider les pays en développement à lutter contre le réchauffement climatique » (2) Et il allait de soi que l’administration de ces fonds revenait à l’ONU. Et pour y arriver, Ban Ki-moon affirme : « Nous établirons une structure de gouvernance mondiale pour contrôler et gérer la mise en œuvre de ces mesures. » (3) Sa déclaration faisait écho aux dires du futur président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, qui entrera en fonction le premier janvier 2010. Celui-ci a promis qu’il ferait tout en son pouvoir pour mettre en place, le plus tôt possible, un gouvernement mondial. Derrière le prétexte larmoyant de « sauver la planète », le premier ministre britannique Gordon Brown, cité par le Financial Times du 23 décembre 2009, s’exclama : « Nous ne nous laisserons pas prendre en otage par une poignée de pays ». Il faisait référence à la Chine, l’Inde et au Groupe des 77 qui représentent plus des deux tiers de l’économie et de la population mondiale. Quelle arrogance impériale!
Cette politique antidémocratique est en train de se mettre en place, elle est à nos portes et personne ne semble s’en inquiéter de la part de nos gouvernements québécois et canadien. Sur quelle planète vivent-ils? C’est vrai, ils ont eux aussi droit à leurs vacances de Noël et du Nouvel An!
Ce qui m’interpelle au plus haut point, ce sont les éléments révélés par le Climategate une dizaine de jours avant le sommet de Copenhague. (4) Les ONG et les grandes Fondations, sensées défendre le bien commun des différents pays, ne sont même pas intervenues pour rétablir les faits. Pourtant, l’authenticité de ce scandale a été confirmée par le CRU (Climat Research Unit), et aucun dirigeant n’est revenu sur cette déclaration à ce stade. Phil Jones, directeur du CRU, dont les travaux constituent le socle scientifique des questions climatiques abordées au sommet, a été suspendu provisoirement de ses fonctions, avec son accord, le temps de l’enquête. Rien de plus! L’inconsistance scientifique des rapports du GIEC n’a pas ébranlé les certitudes écologiques de nos dirigeants et des ONG. Ils ne comprennent pas que l’écologie ne peut pas se faire contre l’économie. Que les pays en voie de développement ne veulent pas de décroissance, ils travaillent pour du développement durable, ils veulent du pain, de la santé, de l’éducation, des usines, du chauffage, des sources énergétiques, de l’eau, des tracteurs, des voitures, etc. Que pouvons-nous conclure de la future gouvernance mondiale de l’écologie?
Cette attitude à vouloir contrôler et asphyxier les économies émergeantes, m’amène à croire que Copenhague n’était qu’un spectacle mondial et que derrière, il y avait la réunion des États les plus riches de la planète et leur ferme volonté d’imposer la NOUVELLE ECONOMIE ECOLOGIQUE, c'est-à-dire une nouvelle bulle spéculative, celle de la taxe carbone pour échapper au crash boursier actuel. Voilà une belle occasion de renflouer les banques-casinos en leur offrant une nouvelle occasion de spéculer. (5) En remettant cette gouvernance mondiale dans les mains de grandes institutions financières privées, il leur serait facile de contrôler les émissions de gaz à effet de serre, en particulier, par la voie satellitaire. Une idée qui a plu à Barak Obama. Sous la gouverne des Nations Unies et indépendantes des gouvernements nationaux, ces organismes agiraient au-dessus de la tête des pays et graduellement les obligeraient à se soumettre à des mesures environnementales strictes. Bravo, voilà la merveilleuse idée d’une gouvernance mondiale de l’écologie anti-démocratique, une gouvernance du vivant, une gouvernance de la démographie et une gouvernance déguisée de l’énergie!
Cette « main tendue » de Barak Obama est une main de fer dans un gang de velours, et les pays comme la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud en sont bien conscients.
Il semble très difficile de croire (sous l’intransigeance des écolos) que l’économie verte soit hélas la seule et ultime issue que le système capitaliste ait pu trouver pour survivre?
Nous ne sommes pas au bout de nos surprises et déceptions! La taxe carbone sera discrète à ses débuts et ira en s’amplifiant bien au-delà des rejets officiels de CO² dans l’atmosphère des grandes cheminées d’usines. Pour mieux comprendre leur stratégie, j’aime bien prendre l’exemple du transport aérien. D’ici quelques années, on envisage qu’il y aura plus d’un milliard de voyageurs aériens par année. Ce phénomène va toujours aller en s’amplifiant, puisque l’avion est, aujourd’hui, le transport le plus efficace et rapide pour se déplacer d’une ville à l’autre, d’un continent à l’autre. Pour le moment, il n’y a pas d’alternative au transport aérien, expéditif et efficace. Le train, le bateau, oui, mais… Imaginez l’imposition d’une taxe carbone de 20$ dollars pour chaque voyageur qui contribue à la pollution de l’atmosphère. Cela représente des sommes colossales en milliards. Par contre, imaginez un instant, s’il était possible que ces voyageurs se rabattent sur des voiliers croisant mers et océans pendant des semaines et des mois. Combien de déchets toxiques seraient jetés par-dessus bord, détruisant la faune aquatique? De toute manière, on ne peut plus revenir en arrière. Et très vite le rouleau compresseur de la taxe carbone s’étendra à tous les autres moyens de transport.
Le WWF, (World Wildlife Fund) milite toujours pour la nécessité d’inscrire la question démographique dans les futurs sommets climatiques. Cet organisme est à l’origine de la théorie de l’Empreinte écologique. Cette théorie malthusienne se résume ainsi : l’être humain consomme des ressources pour se vêtir, se loger, manger, se chauffer, se déplacer, s’éduquer, etc. Et on ne doit pas consommer au-delà de la biocapacité de la planète. Mais comment savoir que nous consommons trop par rapport à la biocapacité de la planète? Ce sélect club WWF affirme que nous consommons au-delà de 30% de la biocapacité de la planète. Pour atteindre une population mondiale optimale, il faudrait la réduire de deux milliards d’habitants. Et ce n’est pas fini, les sympathisants de cette théorie proposent aussi de réduire les cheptels de bovins et de porcs, à travers le monde, parce qu’ils sont de grands pollueurs de la planète par leurs excréments et leurs pets. Les végétariens sont les premiers à s’en réjouir et à appuyer les initiatives du WWF en ce sens. Mais le problème est de savoir comment leur coller une taxe carbone qui soit juste pour chaque animal? Je plaisante et ça me détends face à la stupidité humaine.
Cependant ce dont je suis certain, c’est que l’être humain, en tant que consommateur, doit contrôler sa consommation. Mais il n’est pas simplement un prédateur. Il est aussi un créateur et un inventeur qui a toujours su s’adapter aux évolutions de la planète. Il améliore en permanence ses conditions de vie en mettant en place de nouvelles technologies moins polluantes et dommageables pour l’environnement. Il y a lieu d’appuyer toutes les recherches et les découvertes qui vont en ce sens. Cependant le terme « ressources naturelles » est ambigu, car elles ne sont pas quelque chose de figé. Par ses nouvelles découvertes et technologies, l’homme accroît ces ressources naturelles en les transformant. Le fer, l’acier, l’aluminium, les matières plastiques ont su remplacer le bois dans la fabrication de nos équipements et appareils. On produit de plus en plus aujourd’hui de matériaux biodégradables. Le progrès permet d’accroître en permanence les capacités d’accueil de notre planète. C’est ça la réalité.
Mais comment élever le niveau de vie des pays en voie de développement et améliorer leur sort, sans la volonté ferme des gouvernements démocratiquement élus de vouloir changer le cours des choses? Ce ne sont pas les grandes organisations mondiales (FMI, OMC, OMS, Banque mondiale, FAO, les ONG et autres) qui vont le faire. On le constate très bien en Asie, en Afrique et en Amérique Latine, où les Nations Unies n’ont rien changé de substantiel dans ces pays pour améliorer leur sort. Il faut des « leaders » politiques, issus du peuple, comme Hugo Chavez du Venezuela, Evo Morales de Bolivia, ou Lula du Brésil, pour arrêter de transférer les biens publics dans les mains du privé. Bien sûr ces pays auront à supporter d’énormes dettes. Et pour s’en sortir, ils devront pourvoir compter sur l’apport de nouvelles technologies, de nouveaux crédits, de nouveaux équipements, de meilleures infrastructures, de doubler la production agroalimentaire avec de meilleures semences et fongicides non polluants, d’avoir accès aux énergies renouvelables, et à l’eau potable, etc.

Comme êtres humains, nous sommes solidaires et appelés à repousser les limites de la création. Comme êtres pensants, nous ne pouvons pas être équiparés aux autres êtres vivants, ni considérés seulement comme des prédateurs ou des éléments perturbateurs de l'équilibre écologique naturel. Comme êtres humains, nous avons le mandat de protéger notre environnement et notre écosystèmes et de le développer au maximum pour qu’il produise son cent pourcent. Cela implique un agir local, immédiat, démocratique de tous les États-Nations et une vision planétaire à long terme. Toute tentative de gouvernance mondiale ne doit en aucun temps exclure les peuples et la démocratie. Ne laissons pas, à une gouvernance mondiale écologique antidémocratique, s’accaparer le pouvoir politique de nos pays souverains.
Marius MORIN

1. http://911truth-sherbrooke.org/2009/12/16/ban-ki-moon-nous-allons-imposer-la-gouvernance-globale/
2. http://www.solidariteetprogres.org/article6161.html
3. http://911truth-sherbrooke.org/2009/12/16/ban-ki-moon-nous-allons-imposer-la-gouvernance-globale/
4. Marius Morin, Un climategate plane sur Copenhague, http://www.vigile.net/Un-Climategate-plane-sur
5. Wolfgang Thüne, http://www.geopolintel.fr/article189.html;
Vincent Courtillot, http://911nwo.info/2009/11/28/rechauffement-climatique-le-geophysicien-vincent-courtillot-renouvelle-son-sceptcisme-sur-le-rechauffement-anthropique/;
Syun-Ichi Akasofu, http://www.iarc.uaf.edu/people/indiv/iarc_all_staff.php?photo=sakasofu;
Jacques Cheminade, La mystification du Réchauffement climatique,
http://www.Solidariteetetprogres.org/article6059.html

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2 commentaires

  • Serge Charbonneau Répondre

    3 janvier 2010

    Vos observations m'apparaissent très pertinentes. Très inquiétantes aussi.
    Oui, il semble que la gouvernance mondiale soit "L'Objectif" de ceux qui contrôlent déjà en bonne partie le monde.
    Il faut vraiment que les populations se prennent en main et appuient les dirigeants qui travaillent pour l'autonomie et la souveraineté des nations. Il faut que le pluri polaire s'installe pour que l'on parvienne à une réelle démocratie mondiale. Il faut aussi que l'ONU se "démocratise" et cesse d'être le jouet, l'outil, l'organisme d'un "G7" dictatorial.
    L'ONU est, je dirais, essentielle pour la marche et les négociations du monde. Essentielle aussi pour régler «PACIFIQUEMENT» les conflits.
    Paradoxalement, je crois que l'ONU doit avoir plus d'autorité et de pouvoir pour contrer la gouvernance mondiale faite par une clique de bien nantis-exploiteurs-prédateurs-dictateurs. Mais en premier il faut, je crois, que l'ONU soit réformée de toute urgence. Il faut absolument que l'ONU se démocratise et que le poids politique de chaque nation souveraine y soit garanti.
    Il est évident que depuis l'arrivée du néolibéralisme, on tente de faire disparaître le pouvoir des gouvernements élus par le peuple. Il est évident que par le contrôle médiatique, on enlève la faculté de réflexion des gens. Il est évident qu'on met en place une sorte de gouvernance privée de tous les intérêts publics.
    Il est grand temps que les populations s'unissent pour reprendre physiquement, économiquement et politiquement les ressources de leur pays, de leur région. Les gouvernements du peuple, élu par le peuple, et travaillant pour le peuple doivent être remis en selle et doivent avoir les pouvoirs de décision et d'action.
    La NATIONALISATION et l'éviction du privé doit se faire. Ce "privé" qui ne sert que des intérêts occultes sous un lourd maquillage faisant croire qu'il se préoccupe du bien-être collectif.
    Votre exposé, M. Morin, est troublant et angoissant. Le problème est de taille, l'arnaque est colossale (comme dirait Charles Tisseyre). On ne sait trop quoi et comment attaquer. Je crois que le premier pas est la conscience. La conscience individuelle et surtout la conscience collective.
    Votre texte doit être lu par le plus grand nombre pour que le plus grand nombre étudie sérieusement la situation et ne soit pas dupe des objectifs qu'on nous affiche et qui cachent une réalité inqualifiable.
    Votre texte est un survol global. Il faut maintenant cibler des points spécifiques et agir par nos choix politiques et nos contestations autant que possible «massives».
    Mais comment réveiller la masse alors que les médias de masse l'endorment?
    Merci à Vigile et aux médias "alternatifs" d'exister et de permettre la diffusion de textes tels que celui de M. Morin.
    Merci pour votre texte M. Morin.
    Serge Charbonneau
    Québec

  • Archives de Vigile Répondre

    2 janvier 2010

    Merci, M. Morin, pour cet autre article consistant qui sonne la cloche d'un réveil mondial. Les points que vous soulevez sont fort importants et déjà, lors de Copenhague, les Nations Unies ont été tassées pour laisser toute la place à M. Obama et à ses alliés. Les signes avant coureurs de leur prétention de garder le contrôle de la gouvernance mondiale sont plus que jamais manifestes. On comprend mieux l'importance des interventions de l'ALBA à travers Chavez et Moralez. Les peuples, les nations et les pays doivent s'unir et faire un front commun de plus en plus actif et présent dans ces rencontres.