Mourir à petit feu

Tribune libre

Lors d'une grande assemblée publique qui avait lieu au Monument national au milieu des années 1960, l'animateur de la soirée, Hubert Aquin, alors membre de l'exécutif du RIN, m'avait présentée comme la Jeanne d'Arc du Québec. Ce qui m'avait honorée, compte tenu de la renommée universelle de l'héroïne, mais plus encore horrifiée.

J'étais une combattante qui n'avait aucune aspiration au martyre, plutôt à la victoire de la cause dans laquelle j'étais engagée.

La comparaison n'était pas pour autant complètement sans fondement. Je n'ai certes pas été brûlée vive, mais je meure à petit feu.

Je m'en suis rendu compte mieux que jamais, dimanche dernier à Sherbrooke, lors du deuxième débat tenu par les cinq candidats à la chefferie du Parti québécois. Tous, y compris et à ma grande déception, mon favori Pierre-Karl Péladeau, y ont tenu un discours provincialiste, le discours du bon gouvernement.

Ils ont traité des problèmes du Québec, en l'occurrence ceux se rapportant à la santé et à l'environnement, en proposant des solutions possibles dans le Québec actuel, sans tenir compte de celles éventuellement opérantes et radicalement différentes dans ses objectifs et moyens dans un Québec indépendant, suite au renversement des rapports de force maintenant en vigueur, conditionnés par les barrages constitutionnels.

Les voyant postuler la direction du Parti québécois en l'enfermant une fois de plus dans la stratégie du bon gouvernement, je demeurai idéalement prête à mourir, consumée par le feu d'un ardent désir de liberté, concrètement de libération nationale, mais comme toute bonne Québécoise, aliénée jusqu'à l'os, je suis quétainement allée souper.

Soumission aux lois de la pauvre survie.

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Andrée Ferretti124 articles

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"Rien de plus farouche en moi que le désir du pays perdu, rien de plus déterminé que ma vocation à le reconquérir. "

Andrée Ferretti née Bertrand (Montréal, 1935 - ) est une femme politique et
une écrivaine québécoise. Née à Montréal dans une famille modeste, elle fut
l'une des premières femmes à adhérer au mouvement souverainiste québécois
en 1958.Vice-présidente du Rassemblement pour l'indépendance nationale, elle
représente la tendance la plus radicale du parti, privilégiant l'agitation sociale
au-dessus de la voie électorale. Démissionnaire du parti suite à une crise
interne, elle fonde le Front de libération populaire (FLP) en mars 1968.Pendant
les années 1970, elle publie plusieurs textes en faveur de l'indépendance dans
Le Devoir et Parti pris tout en poursuivant des études philosophiques. En 1979,
la Société Saint-Jean-Baptiste la désigne patriote de l'année.
Avec Gaston Miron, elle a notamment a écrit un recueil de textes sur
l'indépendance. Elle a aussi publié plusieurs romans chez VLB éditeur et la
maison d'édition Typo.





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11 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    5 avril 2015

    Me Ferretti, vous avez tellement raison, vous écrivez ce que j'ai aussi écrit sur les médias sociaux.

    Ouhgo écrit " Et PKP vient de consentir à l’humilité, par l’entremise d’un faiseur d’image ! " Nous y voilà! PKP travaille beaucoup, a t'il le temps de prendre un peu de recul pour réaliser qu'il ne faut absolument pas tomber dans la rengaine de la gouvernance de province. Les autres candidats, les questions venant du public sont pour lui autant de pelures de banane pour quelqu'un qui apprend les jeux politiques pratiqués depuis 40 ans.
    Je suis certaine qu'il doit trouver une manière de se sortir de ces débats cassette en nommant ce que disent ses collègues comme étant des dossiers importants pour la gestion d'un gouvernement mais que toutes politiques s'inscrivent dans la vision du Pays et là reprendre son discours de ce qu'il nous propose comme Pays
    M. Péladeau a cette vision du Pays. Cette course beaucoup trop longue a été penser comme cela pourquoi? J'ai un doute sérieux sur l'objectif. PKP a des adversaires autant à l'interne qu'à l'externe. Disons que pour le moment il démontre une envergure que bien d'autres n'auront jamais, il est l'homme à abattre et il le sait!

  • Gélinas Claude Répondre

    5 avril 2015

    Bien évidemment la fière Madame Ferretti se gardera bien de reconnaître que son choix comme futur chef du PQ de PKP a été précipitée et qu'elle est déçue. Par contre certains faits avérés nous permettent de remettre en question sa décision.
    D'abord, l’expérience du magnat de la presse en politique se résume à quelques mois comme député et il n’aura jamais assumé de responsabilités ministérielles.

    Mais au delà désir populaire d’avoir du sang neuf et d’espérer une certaine innovation dans la vie politique, nous n’aurions jamais l’idée de confier à un inconnu en politique, le pilotage d’un gros avion de ligne en pensant qu’il va apprendre en pleine traversée océanique. C’est ce que s’apprête à faire le Parti québécois en plaçant monsieur Péladeau à sa tête dans le but de le voir devenir premier ministre du Québec.
    Jusqu’à présent, son entourage s’efforce de le soustraire à la pression des entrevues avec les médias et fait tout ce qui est possible pour réduire sa participation à des débats publics. La raison est que, jusqu’à présent, en plus de son manque d’éloquence et de charisme, qualités essentielles pour soulever les passions et susciter l’engagement telles que le faisaient René Lévesque et Lucien Bouchard, il n’a guère impressionné dans ses déclarations ou dans ses gestes, il a plutôt esquivé les questions comme lors du débat de Trois-Rivières et accumulé les bourdes.

    Cependant, le jour où il devra faire face à la musique, n’est-il pas raisonnable de penser qu’il sera le politicien le plus démuni de cette province.

  • Archives de Vigile Répondre

    2 avril 2015

    En Catalogne, on est pas moins timoré qu'au Québec:

  • Andrée Ferretti Répondre

    2 avril 2015

    Madame, messieurs, apparemment je n'ai pas été claire, puisque vous interprétez mal mon texte.
    Je n’ai certes pas eu l’impression, encore moins l’intention, de dire que je n’appuyais plus, monsieur Péladeau, seulement qu’il m’avait déçue, lors du deuxième débat, en omettant d’établir fermement et indéniablement les solutions nouvelles et radicalement différentes qu’apporterait l’indépendance aux problèmes actuels de notre société nationale, puisque aussi bien elle renverserait complètement la situation.
    Avec votre permission, je me cite:
    « Ils ont traité des problèmes du Québec, en l’occurrence ceux se rapportant à la santé et à l’environnement, en proposant des solutions possibles dans le Québec actuel, sans tenir compte de celles éventuellement opérantes et radicalement différentes dans ses objectifs et moyens dans un Québec indépendant, suite au renversement des rapports de force maintenant en vigueur, conditionnés par les barrages constitutionnels. »
    Je crois de plus que c’est en exigeant de PKP qu’il soit toujours à la hauteur de sa volonté de réaliser l’indépendance que nous pouvons le mieux l’aider et nous aider à mener à bien la difficile lutte qu’elle requiert. C'est le sens de minime critique.
    Par ailleurs, votre sens de l’humour, celui que je vous prête en tout cas, aurait du vous permettre de voir que ce texte en est un d’auto dérision.
    Bref, rassurez-vous, madame, messieurs, PKP est non seulement mon candidat favori, mais le seul en qui je mets mes espoirs, toute mon espérance.

  • Serge Jean Répondre

    1 avril 2015

    Bonjour madame Ferretti; monsieur Pierre Carl Péladeau, a demandé un pays pour ses enfants; eh bien faisons-lui ce pays.
    Serge Jean

  • Jean-Pierre Bélisle Répondre

    1 avril 2015

    @ Robert Barberis-Gervais
    « Le chemin de l'indépendance passe par le pouvoir provincial ». C’est un élémentaire truisme qui occulte en fait la destination « Place jamais ».
    Un paradigme de la pensée impuissante, comme l’était « le chemin du retour à la terre » des temps jadis.
    Depuis des décennies que nous subissons le « chemin du Plus tard ». Et c'est sur ce ras-le-bol de lassitude que s’est construite la Coalition Avenir Québec.
    Alors quoi ? Encore et encore du « Peuple à genoux, attend ta délivrance » dans notre Parti; « Indépendantistes, renoncez à vos désirs, vous trouverez au PQ le chemin menant au pays de vos désirs ».
    Si les conditions géopolitiques contemporaines sont à ce point défavorables, eh bien, que PKP nous le dise franchement en nous indiquant cependant en quoi le PQ se distinguera de la CAQ aux prochaines élections. Sinon, "le Pays" demeurera dans la boîte à mouton du Petit Prince et les votes PQ se distribueront en parts inégales entre la CAQ et Québec solidaire.
    PKP doit assumer son poing levé avant que ne prennent fin les débats.
    « Il y a un but, mais pas de chemin ; ce que nous nommons chemin est hésitation. »
    (Franz Kafka) – Et je préfère cette citation aux vôtres.

  • Archives de Vigile Répondre

    1 avril 2015

    Très chère Madame,
    ce que je perçois dans votre texte, c'est votre soif d'entendre les vrais mots du projet de Liberté!
    Ces mots de la construction nationale en marche. En marche dès le jour un d'une prise du pouvoir.
    Ces mots qui vont avec le pays réel et non pas seulement des mots d'un pays imaginaire qu'évoque vaguement le dépressif discours de la gestion Provincial.
    Cette vision de bonne gestion en attendant...
    Ne nous faut-il pas sortir enfin de cette prison imaginaire qui nous ramenne sans cesse au plus petit dénominateur commun. Vision imposée par la conquête de l'empire des Red Coats et qui reste si présente depuis, comme un maléfice digne de la sorcellerie. Cette Provinciale vision du monde.
    Le PQ se demande pourquoi une grande partie de la jeunesse n'a plus d'intérêt pour son projet, pourquoi certains se laissent attirer par d'autres messages, comme le chant des sirènes de QS.
    Les jeunes ont soifs d'entendre des mots forts, de voir apparaître devant eux un projet de société puissant et inspirant.
    Le PQ pour voir son membershp exploser, pour voir l'intérêt du projet indépendantiste grandir et les gens s'y ralier comme jadis, pour voir des plus vieux comme moi sentir à nouveau le printemps de la liberté couler dans nos veines, le PQ doit comme au temps jadis, représenter le renouveau à travers la libération nationale.
    Rapellons-nous les annes 70, le PQ c'était l'indépendance nationale, mais c'était aussi l'espoir d'un monde meilleur, différent, un rêve de sociale-démocratie sur une terre de liberté à notre image.
    Un projet nationale d'affirmation et de protection de notre socio-culture. La naissance et la mise en place d'un véritable modèle Québécois. Un vrai vent de changement! Un vrai projet de société.
    Alors comment ne pas comprendre l'effondrement du PQ quand on n'y voit que BUSSINESS AS USUAL! À travers cette gestion Souverainiste. On demande aux jeunes de croire à un projet de pays, mais sans y voir de véritables changements et un véritable projet de société neuf et porteur d'espoir.
    On ne peut pas leur demander ça. Ils veulent changer le monde !
    Les jeunes et de nombreux Québécois en général ont soif de grands changements. Comme par exemple la protection de l'environnement, sortir de cette culture du pétrole. D'un développement durable, mais pas de l'économie n'importe comment ou de la rentabilité à n'importe quel prix. Des projets porteurs, pas des projets morbides comme Anticosti ou des pipelines qui passent dans le fleuve St-Laurent.
    La Liberté c'est en soit un projet bien sûr, mais la réalité c'est que le projet national doit être accompagné d'un véritable projet de société. Une image vers laquelle le peuple doit se diriger. Un but, un espoir commun. Pas seulement une alternance de pouvoir dans le mode Britanique.
    Si les candidats actuels veulent alumer la flamme, c'est justement en nous parlant de leur conception du Québec libre maintenant, du pays réel et non pas de leur saine gestion de la Province comme s'il sagissait d'une entreprise vouée à la pérénité.
    N'oublions pas, n'oublions jamais, que même s'il est doux et tranquille, le changement dont nous parlons est tout de même une véritable révolution!
    Pas seulement un changement de gouvernance.

  • Archives de Vigile Répondre

    31 mars 2015

    Je ne suis pas certain que mon commentaire soit pertinent. Mais je me risque quand même.
    Dans le film «Mighty Aphrodite» de Woody Allen, il y a un choeur grec qui prédit le pire. La plus éloquente est évidemment Cassandre qui voit venir les malheurs.« I see disaster. I see catastrophe. Worse, I see lawyers!» «Je vois voir un désastre. Je vois la catastrophe. Pire, je vois des avocats.»
    Andrée Ferretti, n'avez-vous pas un petit côté Cassandre.
    Marcel Haché, qui est aussi indépendantiste que vous et moi vous dirait que le chemin de l'indépendance passe par le pouvoir provincial sans lequel rien n'est possible. Les hommes et femmes politiques du Parti québécois doivent donc dire ce qu'ils feront une fois au pouvoir.
    Robert Barberis-Gervais, 1er avril 2015

  • Jean-Pierre Bélisle Répondre

    31 mars 2015

    Déçu, j'ai quitté avant la fin... pour la même raison.
    Ennuyant, très très désolant.
    En fait, le seul qui a osé exprimer quelques vérités fut Pierre Céré. Notamment sur les autochtones des Premières Nations ainsi que les jeunes, toutes origines confondues.
    Pour ce qui est des CLSC, "portes d'entrée du système de santé", ainsi que des cliniques 24/7, ce fut un remâchage insipide et assomant des idées novatrices émises il y a bien longtemps déjà par la passionnée visionnaire Jeanne-D'Arc Vaillant, alors directrice générale de la Fédération des CLSC du Québec.
    D'autant plus qu'il y avait matière politique. Parlant de système de santé, l'un(e) ou l'autre candidat aurait pu, entre autres, souligner comment Arthur Porter et Philippe Couillard avaient concocté le découpage colonial du Réseau universitaire intégré de santé en attribuant au RUIS McGill des responsabilités s'étendant sur 63% du territoire québécois.
    Alors...
    «Jehanne,la bonne Lorraine
    Qu'Anglois bruslèrent à Rouen
    Où sont-ils Vierge souveraine ?
    Mais où sont les neiges d'antan !
    Où sont-ils Vierge souveraine ?
    Mais où sont les neiges d'antan !»

    François Villon

  • Archives de Vigile Répondre

    31 mars 2015

    Chère Madame Ferretti
    Je veux simplement partager cette idée avec vous, suite à ce débat, suite aux propos de Nicole Hébert et de Patrick Bourgeois " Le fantasme pétrolier" ( sur sa page fb ) : n'osez-vous pas espérer que vous puissiez être entendue par Monsieur Péladeau ? Moi, voir qu'un Patrick Bourgeois appuierait l' "homme d'affaire" PKP, cela me donne de l'espoir. ( Pas un GND en grande rélexion, qui dans la Presse, s'inquiète, mettant tous les "hommes d'affaires" dans la même catégorie, bref...) Et je vous laisse sur ces mots d'un poète : " Le réel quelque fois désaltère l'espérance. C'est pourquoi, contre toute attente, l'espérance survit." René Char
    Merci
    Hélène

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    31 mars 2015

    Mme Ferretti, nous fûmes nombreux, les quétaines, à chanter à l'époque:
    A Notre-Dame du Bon Secours
    1. Je mets ma confiance,
    Vierge, en votre secours.
    Servez-moi de défense,
    Prenez soin de mes jours.
    Et quand ma dernière heure,
    Viendra fixer mon sort,
    Obtenez que je meure,
    De la plus sainte mort
    Évidemment, le piège du subjonctif: que je meure distinct de l'indicatif présent: Je meurs content, ne verrai pas les Anglais à Québec.
    Bon, déception pour PKP. Mieux vaut savoir avant qu'après... Alors que l'avenir du Québec pays, c'est sans pétrole! Ne pas driller Anticosti pour patienter vers la fin du pétrole. Les énergies vertes MAINTENANT! (Cloutier et Ouellet)
    Et PKP vient de consentir à l'humilité, par l'entremise d'un faiseur d'image!