Le mouvement souverainiste

Mal de Bloc

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Tribune libre


Le lynchage que subit présentement Martine Ouellet aurait eu raison de toute personne qui n’a pas une grande force de caractère. Depuis l’annonce de sa candidature au poste de chef du Bloc québécois (BQ), Martine Ouellet a subit les foudres des « belles-mères » du parti. On a reproché de précipiter la course à la chefferie et on a qualifié son élection de « couronnement ».


Depuis le référendum de 1995, le mouvement indépendantiste est muselé. Au lieu de revenir avec un nouveau référendum, Lucien Bouchard a semé, au Parti québécois (PQ), la graine de l’attentisme. On a eu droit à une suite d’excuses pour ne pas s’engager sur la réalisation d’un référendum sur l’indépendance du Québec. Selon Bouchard, on devait attendre les conditions gagnantes. Bernard Landry parlait d’un horizon de 1000 jours. André Boisclair proposait une « boîte à outils » et Pauline Marois, la gouvernance souverainiste. Mais pas de référendum sur l’indépendance du Québec.


Sous le court règne de Pierre-Karl Péladeau au PQ, il y a eu des tentatives de convergence du mouvement indépendantiste. Le mouvement indépendantiste était constitué du Parti québécois (PQ), du Bloc québécois (BQ), d’Option nationale (ON), de Québec solidaire (QS) et des Oui-Québec. Elles ont échoué sous prétexte que Québec solidaire ne pouvait voir ni en peinture, ni en nature le chef du PQ. Depuis, Option nationale a été avalé par Québec solidaire (encore une fusion!) et le leader des « carrés rouges », Gabriel Nadeau-Dubois est devenu co-porte-parole de QS.


Lors de la course à la succession de Pierre-Karl Péladeau au Parti québécois, seule Martine Ouellet proposait une démarche référendaire parmi les candidats péquistes. Cette démarche indépendantiste passait par l’écriture d’une constitution qui aurait été soumis aux votes par référendum. L’acceptation de cette constitution québécoise aurait été l’acte de naissance du pays.


En devenant cheffe du BQ, il est évident que Martine Ouellet dérange l’establishment du Bloc, composé de partisans de Gilles Duceppe et de l’attentisme. Madame Ouellet est la personne qui peut souffler sur les petites braises indépendantistes qui sommeil sous la cendre froide de la débâcle de 2011 aux élections fédérales. Les médias ont mis l’épaule à la roue pour faire des commentaires odieux sur la nouvelle cheffe qui est la seule à parler d’indépendance, puisque le chef du PQ a repoussé à 2022, l’idée d’un référendum.


Pour les médias et les attentistes, il n’est pas possible d’être député à Québec et cheffe à Ottawa. C’est comme dire qu’un député ne peut faire la tâche de député et de ministre ou premier ministre en même temps. De plus, à deux reprises, sept élus de sa députation ont tenté de la dégommer de son poste de cheffe. Pour les sept députés, le rôle du Bloc est de défendre les intérêts du Québec. Le BQ a perdu les deux dernières élections en promettant de défendre les intérêts du Québec. Il semble donc évident que la population ne voit plus ce rôle pour le Bloc.


Les sept dissidents ont obtenu, de la direction du BQ, un vote de confiance en juin prochain. Il est assez rare de procéder à un vote de confiance avant qu’un chef n’ai passé le test d’une élection générale. Pour assainir la situation et pour être conséquent, les sept députés démissionnaires doivent mettre également leur tête sur le billot. Si Martine Ouellet gagne son vote de confiance, ils ne peuvent continuer d’être des députés du Bloc. Donc, ils doivent mettre leur siège en jeu. Si madame Ouellet gagne son vote de confiance, ils doivent démissionner en tant que députés, pas seulement en tant que membre du BQ. Ne pas démissionner, c’est de démontrer qu’ils veulent avoir les avantages d’avoir été élu député du Bloc québécois et de ne plus siéger pour ce quoi ils ont été élus! C’est l’avenir du mouvement indépendantiste qui est en jeu. Comment on pourrait me demander à l’avenir de voter pour des gens, qui au moindre désaccord, décident de siéger autrement que pour le parti auquel j’ai voté. Au Parti québécois, nous avons eu trop souvent les menaces de démission de René Lévesque lorsqu’il était chef.



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2 commentaires

  • Marc Labelle Répondre

    30 avril 2018

    En renonçant à la promotion de l’indépendance, les démissionnaires se sont privés de la seule référence qui puisse guider rationnellement la lutte politique.  La crise du BQ est une conséquence de la mise en sourdine suicidaire de l’indépendance par le PQ.  D’où le déroulement peinard actuel de la campagne électorale provincialiste du PQ.  Il ne suffira pas de promettre « plus d’État » aux électeurs pour se distinguer du PLQ ou de la CAQ.  Dans le régime politique actuel, toute réparation de notre État embryonnaire par un gouvernement péquiste serait de toute façon supprimée dès le retour au pouvoir des ultras fédéralistes.  Il faut donc attaquer le régime canadien colonialiste pour le remplacer positivement par la République du Québec.


     


  • François Ricard Répondre

    30 avril 2018

    En politique, seul le pouvoir permet de changer les choses.


    Les gens du Bloc sont actuellement proprement déconnectés de la réalité. Ils admettent que l'indépendance ne se fera pas à Ottawa.


    Nous sommes en pleine campagne électorale au Québec. Et plutôt que de contribuer de façon positive à cette campagne, ils continuent leurs tiraillements improductifs attirant sur eux les regards des médias fédéralistes qui, ils ont bien raison, se paient leur gueule


    Non seulement ils ne peuvent s'entendre mais en plus, manquant totalement d'intelligence politique, ils tiennent mordicus à étaler leurs dissensions sur la place publique. C'est à vous dégoûter de voter pour des gens aussi ineptes.