CHUM et CUSM

Les travaux repoussés après les élections

CHUM


Le gouvernement Charest donnera d'ici deux semaines le feu vert pour que les hôpitaux universitaires de Montréal se fassent en partenariats public-privé. Cette décision repoussera au-delà des prochaines élections les véritables travaux de construction.
Selon les informations obtenues par La Presse, les deux principaux acteurs dans ce dossier, Monique Jérôme-Forget et Philippe Couillard, ont convenu qu'un mémoire favorable aux PPP soit déposé dès la prochaine réunion du Conseil des ministres, la semaine prochaine. Il sera approuvé séance tenante ou la semaine suivante.
En se tournant vers un partenariat public-privé, Québec enclenche un très long processus d'appel d'intérêts dans le secteur privé. Des entrepreneurs internationaux sont susceptibles d'être intéressés. Il s'écoulera facilement un an, voire 18 mois, avant qu'un maître d'oeuvre puisse être choisi.
Il semble toutefois que la partie rénovation du CHUM sur le site de Saint-Luc, environ 80% du projet, devra se faire selon le mode habituel. Les risques de dépassements de coûts sont trop élevés pour intéresser le secteur privé. La construction plus pressante de l'Hôpital de Montréal pour enfants (Montreal Children's Hospital), un projet appuyé par les Shriners, forcera aussi le recours au mode habituel.
«Nous avons un préjugé très favorable pour la réalisation en mode PPP», a répliqué hier le ministre de la Santé Philippe Couillard au député péquiste Jean-Pierre Charbonneau. La veille, sans détour, le ministre des Finances Michel Audet avait laissé tomber que l'option PPP, pour ces deux projets, «est l'objectif du gouvernement».
Le député péquiste de Borduas n'a pas raté l'occasion de souligner le virage à 180 degrés de M. Couillard, rappelant une de ses déclarations de mai 2005. Le ministre de la Santé soutenait alors que la formule du PPP était «beaucoup trop complexe» pour des édifices existants comme le CHUM sur le site Saint-Luc. Selon M. Charbonneau, le PPP n'est pas la panacée qu'y voyaient les gouvernements néolibéraux il y a quelques années. Pour lui, cette formule risque de «décourager les donateurs, qui ne se précipitent pas pour le moment».
«Ce qui a découragé les donateurs, ce sont les six mois précédant l'élection de 2003, quand le Parti québécois était même incapable de confirmer la construction des deux hôpitaux», a répliqué M. Couillard.
Mardi soir, au conseil d'administration du CHUM, la direction a confirmé les informations de La Presse voulant que, selon l'estimation faite par le mandataire du gouvernement, Clermont Gignac, la facture du nouveau CHUM atteigne désormais 1,7 milliard, soit 600 millions de plus que ce qui était prévu il y a un an seulement. Avec les dépassements de 500 millions au CSUM, on atteint maintenant 1,1 milliard de plus que l'an dernier, 3,3 milliards au lieu de 2,2 milliards.
La présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, a vite stigmatisé les évaluations de l'an dernier. Il s'agissait selon elle de «guesstimates», un mélange d'estimations et de devinettes.


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