Qui d'autre que le peuple canadien-français fera un jour l'indépendance?

Les nationalistes: Canadiens-français ou Québécois?

Faudrait-il revenir à l'ancienne appellation?

Tribune libre

Qui d'autre que le peuple canadien-français fera un jour l'indépendance?

Certainement pas les anglos ni les allos. Par conséquent, les nationalistes devraient-ils alors revenir à l'appellation "canadien-français" pour désigner le peuple composé d'enracinés allant jusqu'à 10 générations établies sur la terre de nos ancêtres? C'est ce peuple qui ressent le besoin naturel et légitime de s'affranchir de la domination du Canada anglais.

Toutes les tentatives pour convaincre les anglos-montréalais et les allophones se sont avérées vaines, avec la conclusion qu'on ne pourra jamais compter sur eux pour atteindre l'objectif d'un pays bien à nous à l'image ce que nous sommes. Ils forment un obstacle majeur et monolithique à notre désir légitime d'émancipation. Et leur accroissement en nombre par le biais de l'immigration massive fait diminuer d'autant nos chances de voir notre rêve se réaliser de notre vivant.


Sur les Plaines d'Abraham à Québec
Le terme canadien-français gagnerait sans doute à être revalorisé en ce qu'il exprime utilement l'idée de la continuité de notre identité maintenue à travers les siècles. Rappelons que l'expression a été utilisée dès le départ par opposition au conquérant anglais qui s'installa dans le Haut-Canada.


L'inconvénient du mot "Québécois" tel qu'on l'emploie présentement est qu'il inclut les ennemis de la nation, ceux qui y font obstacle activement ou passivement. À la rigueur, on peut l'employer au sens large pour désigner tous ceux qui habitent au Québec, mais il me semble devenu inapproprié pour représenter notre peuple et notre culture, et surtout ceux qui oeuvrent héroïquement pour lui faire le cadeau de l'indépendance.

En reprenant le terme canadien-français, ce serait une manière de dire sans détour à nos adversaires: "vous ne voulez pas faire l'indépendance avec nous, et bien nous la ferons sans vous".

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Réjean Labrie564 articles

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Réjean Labrie, né en 1954, est originaire de Québec. Il a fait une partie de sa carrière dans la fonction publique provinciale.

Il tire une grande fierté d’être un enraciné de la 10ème génération en sol natal. Son élan nationaliste se porte sur la valorisation de la culture québécoise et sur la préservation de l'identité culturelle québécoise et de sa démographie historique.

Il se considère comme un simple citoyen libre-penseur sans ligne de parti à suivre ni carcan idéologique dont il se méfie comme des beaux parleurs de la bien-pensance officielle.

L'auteur se donne pour mission de pourfendre les tenants de la pensée unique, du politiquement correct, de la bien-pensance, toutes ces petites cliques élitistes qui méprisent le peuple.

L'icône d'identification montre les fortifications de Québec qui symbolisent notre caractère irréductible et notre résilience face à l'adversité.

Ses quelque 555 articles publiés en ligne ont été lus plus d'un million de fois par tous ceux qui ont voulu partagé sa réflexion s'étendant sur une période de plus de 10 ans. À preuve que l'intérêt pour une identité nationale québécoise affirmée ne se dément pas, quoi qu'on en dise.





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17 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    20 décembre 2010

    M. Jacques et sa nation civique me fait rire un peu même si cette idée est très répandue. Seulement le principe de faire la souveraineté du Québec pour inclure nos Anglos me semble assez futile puisqu'en en faisant des Québécois à part entière, le Québec continuerait d'être full-bilingue dans nos institutions et ailleurs aussi, comme maintenant. Aussi bien demeurer comme nous sommes là...des Canadiens.
    Les Irlandais sont devenus souverains en 1921 et ils ont adopté la langue gaélique comme première langue nationale mais presque personne ne la parle. Ils avaient commencé une période de prospérité mais ils viennent de se planter économiquement en anglais.

  • Archives de Vigile Répondre

    20 décembre 2010

    Tout pétri de ridicule propagande péquiste, voilà comme je vous vois M. Jacques. Pour vous comme pour le PQ, le piège serait l’ethnie alors que la plupart des pays d’Europe reposent sur elle. Bien sûr qu’il y a des minorités en Pologne, en Finlande, en Slovénie ou en Slovaquie, mais c’est toujours à une seule ethnie que ces États réfèrent. Le problème identitaire du Québec est précisément qu’il ne réfère à aucune ethnie, qu’il ne réfère plus aux Canadiens-Français : le Québec est comme le Canada, bilingue, neutre ou pluraliste, et il l’est toujours davantage.
    Mais là où vous vous trompez encore plus M. Jacques, c’est en croyant, toujours selon le mensonge péquiste, que les Canadiens-Français ne formeraient qu’une ethnie. Les Canadiens-Français forment une nation politique depuis 1763, depuis qu’un traité international leur accorde des droits particuliers et donc une personnalité juridique en propre. Cette nation n’a cessé de s’étoffer et s’affirmer au fil des différents régimes (Durham lui-même reconnaît notre existence), une nation dont la souveraineté se trouvait depuis 1867 partagée de manière assez complexe et assez peu praticable entre le fédéral et le Québec. Un partage si peu avantageux qu’il devenait évident que, pour survivre en tant que nation, les Canadiens-Français se devaient au 20e siècle de concentrer le plus possible leur souveraineté nationale à Québec. C’est le plan de match avoué lorsqu’en 1967 les États généraux du Canada français proclament que :
    1° Les Canadiens-Français constituent une nation.
    2° Le Québec constitue le territoire national et le milieu politique fondamental de cette nation.
    3° La nation canadienne-française a le droit de disposer d’elle-même et de choisir librement le régime politique sous lequel elle entend vivre.
    Tiré de L’Action nationale, février 1968
    Il ne restait donc plus qu’à faire du Québec notre État national, relever concrètement le «Canada Français», c’est-à-dire, un État qui réfèrerait à notre seule ethnie et qui cumulerait les parts de notre souveraineté nationale que nous avions cru bon ou que nous avions été contraints jusqu’alors de partager entre Ottawa et Québec. Mais ce n’est pas ce que les péquistes ont fait, ils nous ont provincialisés, colonisés davantage, ils nous ont «québécisés» plutôt que nationaliser le Québec à notre avantage.
    Pourquoi? Parce que les chefs péquistes, en bons libéraux cité-libristes, détestent l’ethnie, l’ethnie canadienne-française plus que tout, un peu comme vous peut-être. Elle serait la cause, bien plus que la Conquête, de nos supposés retards, de nos faiblesses, de tout ce qui va mal en fait. L’Anglophone au contraire, est pour eux l’assurance d’un esprit moderne, démocratique, dynamique, progressiste. C’est pourquoi le dessein péquiste nous a mené à incorporer les anglophones dans notre définition nationale. Pas question d’en faire une minorité étrangère comme on en retrouve partout ailleurs, non, ils devaient devenir une constituante fondamentale, fondatrice d’une nouvelle nation commune, et ils le sont devenus aujourd’hui que vous vous en rendiez compte ou non.
    Mais vous avez touché du doigt l’obstacle fondamental à un retour du «Canadien-Français» : cette honte, cette haine de notre ethnie. Si on a honte de ce que nous sommes, de nos origines, du simple nom de nos propres parents, si on ne peut plus en appeler spécifiquement de notre ethnie, comment voulez-vous être forts, être fiers, être distingués parmi les autres? C’est n’est pas pour rien que notre vie nationale est aussi insipide, nous n’avons plus rien à célébrer. Et pourquoi faire l’indépendance? Pour partager un État avec de vertueux anglophones ou d’ambitieux allophones, pour prouver notre ouverture d’esprit en accueillant toujours plus d’étrangers, en plaçant un Michael Sabia aux affaires ou en souhaitant le couronnement d’un Amir Khadir? Ben voyons M. Jacques, c’est ce qu’on fait déjà.
    RCdB

  • Yann Jacques Répondre

    19 décembre 2010

    Il me semble que l’idée de nation ethnique est un piège dans lequel les canadiens-français sont enfermés depuis la conquête. Une nation ethnique ne possède pas de territoire ou n’est associée à aucun territoire puisqu’elle est ethnique. Une nation ethnique ne peut compter que sur sa natalité pour se perpétuer. Impossible, par définition, d’intégrer de nouveaux membres puisque l’appartenance nationale est basée sur l’appartenance ethnique. Dans ces conditions, la nation ethnique canadienne-française est condamnée à la minorisation puis à la disparition dans l’ensemble canadien et surtout anglo-américain. C’est dailleurs là le pari cannadien-anglais. La seule façon de faire l’indépendance est de la faire sur une base territoriale. Seule la nation québécoise peut faire l’indépendance, basée sur le territoire et les frontières du Québec. On parle donc ici de nation civique et non de nation ethnique. C’est le nationalisme québécois qui soutend l’action de la grande majorité des indépendantistes (PQ, Bloc québécois, Québec solidaire, …) et c’est contre le nationalisme québécois et aucun autre que se battent avec acharnement le Canada-anglais et les fédéralistes québécois. Ils ont bien compris qu’ils n’ont rien à craindre du nationalisme ethnique canadien-français - bien au contraire, ils l’utilisent pour décrédibiliser le projet indépendantiste - mais tout à crainde du nationalisme civique québécois dont l’objectif est de réaliser, sur le territoire du Québec, un pays de langue française en terre d’amérique, incluant tous les citoyens québécois souhaitant vivre dans un pays francophone, quelque soit leur origine ethnique.
    La contradiction entre nationalisme québécois et la présence d'anglophones au Québec est à mon avis un faux problème. Il existe de nombreux pays dans le monde avec des minoritées extra-nationales (allemands et français vivant en Italie, suédois vivant en Finlande, allemands en Pologne, etc...). Les Québécois n'ont pas de raison de cesser d'être des québécois, ni des francophones parce qu'il y a des anglophones vivant au Québec. La présence de minorités francophone et germanophone en italie n'empêche pas les italiens d'être italiens - on n'y parle pas encore d'italiens italophones, d'italiens fancophones ou d' italiens germanophones -. Les vrais problèmes au Québec sont plutôt : le poid politique de cette minorité extra-nationale, la présence d'un parti de gouvernement dédié aux intérêts de cette minorité plutôt qu'aux intérêts du Québec, l'intégration d'une partie des immigrants à cette minorité, le grand nombre d'institutions québécoises dédiées au intérêt de cette minorité plutôt qu'aux intérêts du Québec et des québécois, le refus d'une partie des québécois - y compris parmis les indépendantistes - d'assumer leur caractère francophone (nous ne sommes pas des québécois francophones mais des québécois, point. Nous n'apprenons pas de langue seconde parce que nous n'avons qu'une langue; nous apprenons des langues étrangères, etc).
    Y. Jacques

  • Lise Pelletier Répondre

    19 décembre 2010

    M.Labrie
    Moi je ne serais pas contre le fait de redevenir Canadienne-Française si ce retour à l'origine de ce que nous êtions nous redonne un pouvoir supplémentaire sur le Canada anglais.
    Ce sujet doit resté en priorité dans la tribune de Vigile afin qu'il soit accessible au plus de lecteurs possibles pendant plusieurs jours et que ceux-ci puissent y ajouter leurs points de vue.
    Merci à Gébé Tremblay et M.Beauchesne pour leurs explications ainsi qu'à vous M.Labrie
    Lise Pelletier
    je vais suivre la suite de ces discussions, de toute façon, je les suis toutes, toujours très instructif pour moi de naviguer sur Vigile.net

  • Archives de Vigile Répondre

    19 décembre 2010

    M. Bousquet pourquoi toujours faire l'enfant? Il y a deux Canadas depuis au moins 1763: le Canada Français dont l'aventure commence avec Cartier en 1534 et qui sera conquis en 1760, et le Canada Anglais qu'on faisait remonter au traité d'Utrecht (1713) avant l'annexion de Terre-Neuve et qui remonterait plutôt aujourd'hui aux «découvertes» de Cabot en 1497. En quoi serait-ce nouveau? On a pu dire, les Indes, les Espagnes, les Russies, pourquoi ne dirait-on pas les Canadas. De Lorimier lui-même évoquait «les Canadas» dans son testament.
    Le Canada Français n'a formellement survécut que dans les limites du Québec parce c’est là seulement que nos ancêtres ont pu y conserver leurs lois civiles. Du reste, le Canada Français «coast to coast» n'a jamais été qu'un rêve compensatoire utile pour neutraliser un séparatisme latent (et nous pousser aussi à évangéliser le reste du continent), et dans les faits, ça n'a jamais pu tenir au-delà des institutions paroissiales ou religieuses. Ces institutions aujourd'hui amoindries, il ne reste plus hors Québec que des franges de populations francophones, c'est-à-dire ayant connaissance plus que l’usage du français, voilà tout.
    Le drapeau national des Canadiens-Français est le fleurdelysé. Duplessis a longtemps hésité avant de le faire adopter justement parce que c’était notre drapeau… Il suffirait donc de suivre son courageux exemple, et continuer à transformer le Québec en État national canadien-français. Le Canada Français pleinement rétabli en lieu et place de la «Belle Province», cela signifierait la fin de la Conquête, cela voudrait dire que nous n’aurions plus à supporter le partage obligé d’un État avec nos conquérants comme c’est le cas dans le Canada multiculturel mais aussi surtout dans le Québec pluraliste… je ne sais pas si vous vous en rendez compte.
    RCdB

  • Archives de Vigile Répondre

    19 décembre 2010

    Ce fut bien là le piège de la grande illusion, celle de la nation civique. Nous serions tous des Québécois, francos, anglos comme allos. Nous allions tous les intégrer. Comme nous nous aimions.
    Mais le piège s'est refermé et l'alouette s'est fait plumer non seulement par les anglos, mais aussi par les allos dont la plupart n'ont que faire de notre Histoire, de notre identité, de notre culture et de notre langue.

  • Archives de Vigile Répondre

    19 décembre 2010

    M.RCdB suggère de renommer la « Province of Quebec », le Canada Français et que le Canada Français soit juridiquement et politiquement circonscrit au Québec, les Canadiens francophones qui résident à l’extérieur du Québec n’auraient alors rien à dire sur l’avenir de celle-ci.
    Admettons l’idée. Ça voudrait dire qu’il y aurait un Canada français, le Québec et le Canada anglais, le reste du Canada actuel ? Deux Canada ?
    Nous redeviendrions des Canadiens français et pourrions alors reprendre notre hymne nationale, le O Canada en français et le drapeau à feuille d’érable verte « celui que notre Patriotes francophones avaient choisi en 1903, voir adresse Internet suivante :
    http://www.collectionscanada.gc.ca/confederation/023001-6020-f.html
    Le Ô Canada nous a été pris pour être adopté comme hymne national du Canada. La musique a été écrite par Calixa Lavallée, et les paroles par sir Adolphe-Basile Routhier.
    Il a été chanté pour la première fois le 24 juin 1880 lors d'une célébration de la Saint-Jean-Baptiste pendant la Convention nationale des Canadiens Français, dans la ville de Québec, mais n'est devenu l'hymne national du Canada que le 1er juillet 1980, un siècle après.

  • Archives de Vigile Répondre

    19 décembre 2010

    Intéressante en effet, cruciale en fait. Si on ne réussit pas à s’extirper de la québécitude, de cette équivoque identitaire québécoise qui ne fait que reconduire l’ancienne équivoque canadienne sur laquelle aussi on a entretenu tant d'illusions, notre nation disparaîtra, indépendance ou pas. Il faut absolument que le Québec réfère unanimement à notre nation historique, et je ne vois d’autre moyen plus simple et plus efficace que de renommer la «Province of Quebec», le Canada Français. Cela fait, la charge identitaire, les motivations et les actions d’un tel État deviendraient évidentes à tous : le Canada Français ne pourrait que servir les intérêts de la nation canadienne-française, et tous ceux qui choisiraient d’y vivre devraient se plier à cet état de chose.
    Le principal obstacle semblerait consister ici en l’existence d’une diaspora canadienne-française, pourtant de par la Constitution, il me semble clair que le Canada Français a toujours été juridiquement et politiquement circonscrit au Québec (et toléré dans l’enceinte du Parlement fédéral). Si certains ont voulu croire autre chose et favoriser indument notre expansion hors Québec (pour des motifs religieux notamment), cela ne change pas la réalité juridique et géopolitique du Canada Français. On pourrait voir les Canadiens-Français hors Québec un peu comme les Allemands disséminés en Europe orientale au cours du Moyen-Âge et de l’époque moderne : ils devraient être bien accueillis advenant qu’ils désirent retrouver leur patrie d’origine, mais d’ici là, ils n’ont rien à dire sur l’avenir de celle-ci.
    Mais il y a bien d'autres obtacles, le plus grand étant la haine et le mépris de nos origines dans lesquels nous baignons depuis 40 ans.
    RCdB

  • Archives de Vigile Répondre

    18 décembre 2010

    M. Bousquet, notre identité comme nation n'est pas un calcul politique. Laissez ça au PQ et à Québec Solidaire (pour l'instant).
    Nous sommes ce que nous sommes.
    Lorsque je me dit Québécois, je veux dire descendant des Canadiens français. L'orientation politique n'a rien à voir. Nos traîtres ou meurtriers ne sont pas moins Canadiens français. L'héritage c'est l'héritage.
    Il y a beaucoup de personnes dans le monde, surtout aux USA qui auraient le droit de voter en tant que descendant de Canadien français. Contrairement à ceux dans le ROC, ils ne sont pas dans une position embêtante (citoyen fédéral canadien), au contraire voudront faire honneur à leur racine et à la mémoire de leur ancêtre en rendant la nation indépendante. À nous de revigorer leur mémoire.
    Ne pas confondre nationalité(citoyenneté) et nation(peuple). Il n'y a pas de nationalité au Québec car ce n'est pas encore un pays. Il y a des nations reconnues : Amérindiennes, Inuit, et la Québécoise (Canadiens français). Les autres sont des résidents québécois ou simplement des québécois(lieu). Les immigrants et anglos sont très conscients que leur identité au Québec n'est que de lieu, car ils possèdent déjà leur identité de nation d'origine. C'est pourquoi la presque totalité se disent montréalais ou montrealers.
    Ceux qui nient la nation québécoise doivent alors nier les nations amérindiennes et inuit pour être consistant avec leur raisonnement.
    Ce n'est pas à des partis politiques de déterminer si une nation existe ou pas, ni même de la définir. C'est l'histoire et l'héritage de chaque personne qui détermine ça. Si on perd son histoire on perd sa nation, biensûr.
    Il reviens aux Québécois de se rappeller leur histoire. Pas à l'État. L'État doit leur donner les moyens pour le faire parcontre.

  • Gilles Verrier Répondre

    18 décembre 2010

    Cette discussion est intéressante. Se définir comme Québécois répondait à un besoin d'être inclusif et universel, avant même hélas d'être nous mêmes reconnus. L'adoption rapide de l'appellation québécois s'est accélérée avec la fondation d'un parti qui portait ce nom, PQ, avec l'idée de lier le national davantage au territoire qu'à l'ethnie. Chez les premiers Québécois des années 1960, on voulait aussi exprimer le bris historique d'avec la communauté canadienne-française de l'Amérique hors Québec qui, elle, ne se voyait pas autrement que comme minorité. Contrairement à ceux du Québec, majoritaires sur un territoire politique défini. Je pense que de dévaluer l'identité historico-culturelle du groupe porteur, le seul groupe humain qui a un intérêt profond dans cette cause, est une erreur funeste. Elle témoigne de l'intériorisation chez notre élite politique de la culpabilisation identitaire induite dans leur esprit par les défenseurs du multiculturalisme du Canada anglais. Avec le mal qu'éprouve le PQ de se sortir de l'affaire Michaud aujourd'hui, on voit bien que nous avons perdu la bataille de la doctrine nationale... pour l'heure en tout cas.
    Je pense de plus en plus, avec d'autres, qu'en se définissant davantage comme groupe ethnique minoritaire au Canada, nous acquérons un avantage politique qui est celui de pouvoir jouer la carte que jouent avec succès tous les groupes minoritaires qui jouissent de la protection et de la bonne presse. Avec nous on sera moins gentil, mais le combat politique qu'il permettra en ferait ressortir leurs contradictions, nous mettrait, nous, sur l'offensive. Le territoire défini par le Québec est certes incontournable, mais la réconciliation avec nos frères et soeurs néo-français (possiblement très symbolique au début) serait souhaitable. Plus décisive est la puissance du groupe ethnique fondateur et majoritaire sur un territoire qui permettrait d'entraîner à sa suite tous ceux qui le désirent. C'est à ce stade que notre quête de reconnaissance devient inclusive, en associant les autres le plus possible à notre destin. Il faudrait d'abord se décider à assumer notre propre destin singulier avant de même penser pouvoir attirer les «autres» à s'y joindre en masse !!!
    Cela rejoint en partie, je crois, les idées du RC de Beauchesne, mais je ne suis pas sûr que les éléments de la gauche traditionnelle, allergique au nationalisme, comme je doute qu'on en trouve à QS, pourraient comprendre ça... Si le PQ a des problèmes avec qui nous sommes, QS n'en a peut-être pas moins. Mais c'est une autre histoire...
    GV

  • Archives de Vigile Répondre

    18 décembre 2010

    C’est en effet M. Labrie, le seul moyen pour se distinguer à nouveau face au pluralisme identitaire québécois. C’est aussi le seul moyen pour sortir du «citoyennisme» péquiste et envisager enfin une véritable nationalisation de cet État colonial que demeure toujours «The Province of Quebec».
    RCdB

  • Archives de Vigile Répondre

    18 décembre 2010

    Mon dernier message s'adressait à M. Gébé Tremblay.

  • Archives de Vigile Répondre

    18 décembre 2010

    Vous me semblez d’accord avec nous avec ce que vous écrivez ici mais nous avons tous un « motton» dans notre gruau. Quand nous nous prenons pour des Canadiens-français, ce que je préfère, nous sommes devant le fait que les Canadiens-français incluent aussi ceux de l'extérieur du Québec qui sont presque tous fédéralistes.
    Si nous ne faisons voter que les Canadiens-français à nos prochains référendum, faudrait aussi ceux de l'extérieur du Québec, qui en sont, sur la souveraineté du Québec, nous risquons de le perdre et si, comme le fait le PQ, nous nous prenons pour des Québécois, nous devons inclure les Québécois anglophones aussi puisque « Québécois francophone » n'a jamais été pas une nation. Nous risquons, avec le vote de nos anglophones, de perdre aussi.
    Que l'on se vire à gauche ou à droite, nous sommes pris dans le jus ou dans le jeu ou dans les deux.
    Est-ce que je comprends mal l'affaire à faire ?

  • Archives de Vigile Répondre

    18 décembre 2010

    Je ne l'ai jamais abandonné.
    Les Innuits du Nunavick au Québec n'incluent pas les non-innuits dans leurs élections pour un gouvernement autonome, ni les Montagnais, ni les cris.
    Aux élections en Italie, les italo-québécois qui n'ont jamais mis les pieds en Italie ont droit de vote ! Pas moi ! Pourtant, il y a du monde pour lui dire qu'il est aussi Québécois que moi ! Quel droit l'Italie lui donne que j'ai pas ? Pourquoi j'ai pas aussi des droits identitaires au Québec moi aussi, que lui a pas ?
    La nation Québécoise a été reconnue et décrite par celui qui l'a présentée au parlement à Ottawa comme étant les descendants de ceux qui se disaient Canadiens, puis Canadiens français, et maintenant Québécois. C'est à dire les descendants des fondateurs.
    Celà veux dire que nous avons le droit comme les autres nations au Canada de faire un référendum strictement entre NOUS pour un gouvernement autonome ou indépendant et prendre notre droit acquis sur le territoire.
    Mais le PQ n'a jamais voulu se battre pour ça. Il s'écrase sur la moindre petite attaque politicorrecte. Il suit une directive extérieure.

  • André Taillon Répondre

    18 décembre 2010

    Les hommes qui, par leurs sentiments, appartiennent au passé et, par leurs pensées à l'avenir, trouvent difficilement place dans le présent.
    Bonald (Louis, vicomte de)

  • Archives de Vigile Répondre

    18 décembre 2010

    Vous avez plusieurs bons point ici, le premier est qu'il est assez étrange de vouloir réaliser l'indépendance du Québec pour des Québécois anglophones de Westmount, du West Island, de l'Outaouais des Eastern townships et d'ailleurs, plus ou moins bilingues, qui votent toujours contre le principe.
    L'idée d'une souveraineté full-inclusive, comme suggéré par le PQ et Québec solidaire, est une idée de source canadienne. Si nous réalisons la souveraineté inclusive, ça va vouloir dire qu'elle a de fortes chances d’être bilingue et multiculturelle sauf que limitée au Québec, à la place d'être limitée au Canada, coast to coast.
    Au début de l'idée d'indépendance québécoise, c'était pour libérer les Canadiens-français, pas les Anglos québécois...me semblait.
    Pour finir, c'était NOUS les premiers Canadiens, qui avions choisi la feuille d'érable et le O Canada comme signes nationalistes, et nous irions leur laisser le nom Canada pour nous nommer Québécois ? C'est quoi cette idée là ?

  • Archives de Vigile Répondre

    18 décembre 2010

    Depuis l'époque de la Nouvelle-France,
    les Québécois ont défini leur identité en
    fonction de facteurs sociaux et historiques ayant
    façonné leur destinée collective. Depuis quatre
    siècles, ce questionnement identitaire a évolué,
    tantôt dans une relative sérénité, tantôt dans la
    turbulence. Les historiens et les sociologues en
    ont d'ailleurs abondamment traité. Cet objet
    d'étude est également un terreau fertile pour les
    linguistes : il est révélateur de constater qu'il y a
    eu quantité d'appellations pour désigner les francophones
    du Québec depuis le début de la colonie
    (Canadiens, Bas-Canadiens, Canadiens français,
    Canayens, Québécois). L'étude de ces dénominations
    ethniques en fonction de paramètres linguistiques
    (date d'apparition, vitalité, connotations,
    etc.) peut livrer de précieux indices sur l'évolution
    de l'identité à travers le temps. Ainsi, le passage
    d'une appellation à une autre s'explique par des
    mutations, fines et subtiles, sur le plan des idées
    et des mentalités.
    Pour en savoir plus sur le sujet consulter le lien suivant:
    http://www.erudit.org/culture/cd1035538/cd1044555/6833ac.pdf
    Bonne lecture et découvertes.