Les langues officielles, un « disque qui saute » depuis 50 ans?

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Il faut arrêter de se mentir : le Canada est un pays anglophone


Un homme s’approche de nous avec un grand sourire. « Ah! Vous êtes arrivés… » s’exclame-t-il avec un accent qui semble être celui des Acadiens.




Ivanoh (le photographe de Radio-Canada) et moi-même attendons sur un banc, devant un café de la rue Sherbrooke où nous devons rencontrer Mélanie Joly, ministre des Langues officielles, pour discuter de l’état des lieux, 50 ans après l’entrée en vigueur de la loi faisant du Canada un pays bilingue, le 7 septembre 1969.


C’est par ici, on vous attendait, dit-il en tendant le bras pour nous montrer le chemin vers l’intérieur d’un édifice.


Surprise, je lui demande pourquoi l’entrevue n’a plus lieu dans le café.



Vous n’êtes pas inspecteur en bâtiment?, demande-t-il perplexe.


Non! Nous sommes journalistes et nous attendons la ministre des Langues officielles pour une entrevue sur un sujet qui doit bien vous toucher. Vous êtes Acadien?


Non, Franco-Ontarien. Je viens de Cornwall. Je suis déménagé au Québec pour pouvoir vivre en français, explique l’homme dans la quarantaine. Ma mère n’aimerait pas ça entendre ça, elle qui s’est battue pour l’école en français en Ontario et pour vivre dans sa langue maternelle. Mais, en Ontario, c’est plus symbolique que d’autre chose... le français, si vous voyez ce que je veux dire!, dit Geniev Mondoux. C’est important la francophonie au Canada, parce qu’on est heureux quand on peut vivre dans sa langue maternelle!


Je baisse les yeux pour prendre son nom en note. Il m’interpelle.


R’garde-moi bien..., dit-il. Il cligne des yeux. R’garde! Il cligne à nouveau des yeux.



L’assimilation, elle va se faire vite comme ça. Vite comme mes yeux qui clignent. Moi, j’ai un peu arrêté d’y croire…


Geniev Mondoux


Geniv Mondoux a commenté la situation des langues officielles avec la journaliste Émilie Dubreuil.<br>

Geniev Mondoux, un Franco-Ontarien vivant à Montréal.


Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers




Geniev Mondoux s’engouffre dans le hall d’entrée de l’immeuble. L’attaché de presse de Mélanie Joly m’envoie un message texte. Ils auront une dizaine de minutes de retard.


Ivanoh en profite pour aller faire du repérage, trouver un lieu pour faire une photo de la ministre.


J’en profite pour sortir le Journal d’André Laurendeau, qu'il a tenu, de 1963 à 1968, pendant la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, et que je traîne avec moi depuis plusieurs semaines.


Peu s’en souviennent, mais la loi sur les langues officielles est basée, en grande partie, sur les recommandations de cette commission codirigée par André Laurendeau, intellectuel québécois alors bien connu. C’est lui qui en avait eu l’idée et qui l’avait réclamé dans son éditorial du Devoir en 1962, se souvient son petit-cousin, le journaliste Marc Laurendeau.


1963. Les premières bombes du FLQ explosent à Westmount, le Rassemblement pour l’indépendance nationale voit le jour. Lester B. Pearson, premier ministre du Canada, est conscient qu’un malaise profond se manifeste. Cette commission d’enquête confiée à André Laurendeau et à Davidson Dunton devait établir le diagnostic et trouver ensuite la recette pour guérir, ni plus ni moins, le Canada de son mal-être identitaire.


Le fils d’André Laurendeau, Yves, que j’ai rencontré à la mi-août dans la maison de pierres qui a vu grandir son père, qualifie, lapidaire, cette commission, d’extraordinaire occasion ratée.


Il explique : Pour lui, l’important, c’était que la nation canadienne-française – il n’aurait pas dit encore québécoise – puisse s’affirmer et s’épanouir dans la Confédération canadienne. Et c’était, je pense, probablement, plus encore que la question précise du bilinguisme, la raison qui l’avait fait entrer dans cette aventure-là.


Il affiche un visage serein.<br>

Yves Laurendeau, fils d'André Laurendeau


Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers




Les anglophones à l’époque demandent déjà : ''What does Quebec want?'', mais eux-mêmes ne se posent pas la question, raconte le journaliste Marc Laurendeau, petit-cousin d'André Laurendeau. Il raconte dans son journal qu’il y a une incompréhension. Une attitude du genre : j’veux rien savoir. Et ça le décourage. Lui n’est pas un souverainiste, il désire l’égalité entre les deux peuples fondateurs.



Dans son journal, André Laurendeau évoque le fait qu’il rencontre une résistance hors du Québec à reconnaître le principe de deux cultures. Pourquoi pas plusieurs cultures?, lui répond-on dans l’Ouest canadien. Pourquoi le français plus que l’ukrainien? Les francophones en situation minoritaire s’ouvrent sur leurs peurs de disparaître, les nationalistes au Québec lui confient leur sentiment d’être incompris dans ce pays à majorité anglophone, les anglophones du Québec évoquent la protection de leurs droits individuels et de leurs institutions…


Mélanie Joly arrive sur ces entrefaites.


Comme André Laurendeau l’a fait, il y a plus de 50 ans, la ministre a entamé l’hiver dernier une tournée de consultation (forums, tables rondes et symposiums) partout au Canada pour prendre le pouls, écouter, comme le chantait Vigneault, « vos parlers et vos dires, vos propos et parlures ».


La ministre veut donner un coup de neuf à la loi pour qu’elle réponde aux nouveaux défis que posent les transformations de la société. J’en fais une mission, dit-elle. Elle a convaincu le premier ministre Justin Trudeau de rénover la loi adoptée par son père en 1969 pour lui donner plus de mordant. Il s’est d’ailleurs engagé formellement en ce sens, aux communes.


En fait, depuis le printemps 2018, la ministre Joly a pris le dossier des langues officielles à bras-le-corps. Elle a rétabli, par exemple, en novembre 2018, le programme de contestation judiciaire, sorte de bureau d’aide juridique spécialisé dans les droits linguistiques. Elle annonçait aussi récemment une injection de 60 millions de dollars d’argent frais dans le financement des écoles des minorités linguistiques.


Le constat de la situation que fait Mélanie Joly n’est pas imprégné de la langue de bois.


La ministre évoque le danger d’assimilation qui guette les francophones hors Québec. J’ai découvert des gens qui vivent en français tous les jours et se battent pour ce droit fondamental. Ses yeux s’embuent.



Je pense que la langue avec laquelle on exprime nos idées ou nos émotions, c’est ce qui nous donne le sentiment d’exister, d’avoir une place dans le monde. Quand on méprise ta langue, on t’enlève cette place-là et tu crains de disparaître.


Mélanie Joly


La ministre évoque la démographie. Le nombre de francophones au Canada augmente moins vite que la population canadienne dans son ensemble. Il faut donc, selon elle, encourager l’immigration francophone là où résident les Franco-Canadiens.


Même si la Loi sur les langues officielles n’entendait pas faire de tous les Canadiens des locuteurs de deux langues, mais bien de rendre les institutions fédérales bilingues, la ministre fait le constat suivant : Il y a 9 % des anglophones au Canada anglais qui sont bilingues. Ce taux n’a pas augmenté depuis 30 ans! Il faut trouver des façons d’augmenter le bilinguisme de la population.


Tu connais ça, le film Le jour de la marmotte?


Ça prend un boss, me résumait Serge Quinty, directeur des communications de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, à la mi-août, alors que l’organisme lançait une campagne pour que la question de la Loi sur les langues officielles soit au cœur de la prochaine campagne électorale.



Il n’y a pas d’institution qui gère la mise en application de la loi. Le commissaire aux langues officielles est un ombudsman. Son pouvoir est symbolique. Sinon, il y a le ministère du Patrimoine, mais il n’a pas d’autorité sur les autres ministères.


Serge Quinty


Tu connais ça, le film Le jour de la marmotte?, m’avait demandé Quinty lors de cette rencontre. Ben, c’est ça! Il évoque Keith Spicer qui a été commissaire aux langues officielles de 1970 à 1977 : cet homme-là avait de l’humour. Je me souviens d’un de ses rapports où il avait écrit quelque chose comme : ''Voici le moment de l’année où je commence ma longue danse rituelle d’indignation''. Quand on lit les rapports, année après année, on se rend compte que c’est toujours la même chose.


Au sommet du palmarès des délinquants : Air Canada. Le 22 août dernier, le transporteur était d’ailleurs condamné à verser 21 000 $ en dommages à deux francophones par la Cour fédérale pour des violations répétées de leurs droits linguistiques. Serge Quinty évoque recevoir de nombreuses plaintes de fonctionnaires fédéraux incapables de travailler en français.On leur dit que c’est plus efficace si tout le monde parle en anglais, que ça va plus vite. Bref, c’est un disque qui saute, , résume-t-il. Et à un moment donné après 5 ans, 30 ans, 50 ans, tu te dis que c’est peut-être la loi elle-même qu’il faut changer!


En arrière-plan, le centre-ville de Montréal.

Geoffrey Chambers, porte-parole du Québec Community Group Network


Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers




What about les Anglophones du Québec?


L’insatisfaction des communautés francophones hors Québec se vit aussi le long du Saint-Laurent, mais in English.


Habitué des tribunes anglophones (il écrit souvent des lettres d’opinion dans The Gazette et s'exprime au micro de la radio CJAD à Montréal), Geoffrey Chambers est le porte-parole du Québec Community Group Network (QGN), héritier du défunt groupe Alliance Québec. L’organisme agit comme porte-parole de la minorité anglophone du Québec.


Geoffrey Chambers évoque des dossiers importants pour les anglophones du Québec. Accès aux soins de santé ou à la justice, principalement. Le QGN s’est joint aux groupes francophones à l’extérieur du Québec pour réclamer une révision de la loi.


Chambers vient d’une famille illustre chez les Anglo-Québécois. Sa mère a été chancelière de l’Université McGill, son père a été député fédéral et son oncle est Charles Taylor (du rapport Bouchard-Taylor).


Les anglophones qui sont restés au Québec ont accepté le fait français, et le taux de bilinguisme des jeunes anglophones du Québec en témoigne. Nous avons donc fait du progrès depuis les années 50 où beaucoup d’anglophones ne voulaient pas apprendre le français; maintenant, ça n’existe plus... ou presque, dit-il en riant. Ce que nous voulons maintenant, c’est une loi qui soit plus que des vœux pieux, et nous suggérons la création d’un tribunal administratif.


Biculturalisme ou multiculturalisme? Là est la question


Graham Fraser, commissaire aux langues officielles de 2006 à 2016, passe l’été dans la maison de son enfance sur le bord du lac Massawippi que ses parents avaient achetée avec Frank Scott. Frank Scott? J’ai toujours dit que le véritable interlocuteur de Laurendeau, lors de la commission Laurendeau-Dunton, n’était pas Dunton, mais Scott, résume Graham Fraser qui travaille à l’édition commentée du journal de Frank Scott. Lui aussi tient un journal durant la commission, mais c’est plus pragmatique, moins littéraire que celui de Laurendeau...


Frank Scott est peu connu aujourd’hui, mais a eu une influence majeure sur l’issue que devait prendre la commission sur le bilinguisme et le biculturalisme. Professeur de droit à McGill, il est un penseur qui va beaucoup influencer Pierre Elliott Trudeau. Il est le précurseur de l’idée du multiculturalisme et de l’idée des chartes des droits.


Il était un fervent défenseur des libertés individuelles et ne verra pas du tout d’un bon œil que Robert Bourassa fasse du français, en 1974, la seule langue officielle du Québec. D’ailleurs, pendant la commission, il voulait que le reste du Canada devienne bilingue comme le Québec, explique Graham Fraser.


Frank Scott sera, en partie, responsable du fait que le projet de repenser le Canada que constituait la commission sur le bilinguisme et le biculturalisme débouche sur une loi qui écarte l’idée du biculturalisme et des peuples fondateurs.


Graham Fraser a, bien sûr, pas mal de choses à raconter sur les langues officielles. Lui aussi évoque le palmarès des fautifs, le disque qui saute, mais il est tout de même positif. On a fait beaucoup, beaucoup de chemin depuis 50 ans, dit-il.


Après l’entrevue, il m’envoie un courrier électronique.



Avec l’esprit d’escalier, j’ai pensé qu’on ne dit pas que la Code de la route est un échec à cause des accidents mortels sur l’autoroute 20...


Graham Fraser


Les deux peuples fondateurs, c’est la base - Mélanie Joly


Graham Fraser m’a parlé de la crise ontarienne, et il n’est pas le seul. Alors que Doug Ford vient de redonner le feu vert au projet d’université franco-ontarienne, après les compressions effectuées l’an dernier, l’abolition du commissaire aux services en français notamment, a sonné le réveil d’un certain endormitoir.


En évoquant ce souvenir, Mélanie Joly jure tout bas. Elle évoque cette phrase de Ford, rapportée par l’Ottawa Citizen.



Il y a 600 000 Franco-Ontariens, mais il y a aussi 600 000 Chinois et 600 000 Italiens en Ontario. On ne peut pas faire plaisir à tout le monde.


Doug Ford, premier ministre de l’Ontario


Quand j’ai entendu ça, je me suis dit : ''Aïe, ça va faire, là!'' Moi, ma vision du pays, elle est basée sur le fait qu’il y a deux peuples fondateurs et donc deux langues officielles. À cela s’ajoute, bien évidemment, l’important projet de réconciliation avec les peuples autochtones. Mais, les deux peuples fondateurs, c’est la base, c’est ce qui fait qu’on a une cohésion sociale. Il y a les Autochtones, bien sûr, et la Charte des droits.


50 ans après la commission sur le bilinguisme et le biculturalisme, cette notion des deux peuples fondateurs, qui hante notre histoire depuis la Confédération, ne cesse de refaire surface, qu’on la défende ou qu’on la nie.


On se souviendra que Justin Trudeau avait déclaré au New York Times en 2015 : « Il n’y a pas d’identité dominante au Canada [...] Il y a des valeurs partagées par tous, il y a le respect, la compassion [...] Ces qualités font que nous sommes le premier État postnational ».


Au lendemain du dépôt du projet de loi sur les langues officielles, au début de 1969, Pierre Elliott Trudeau estime que sa loi sur le bilinguisme a réglé la question.


Nous sommes heureux de tous les progrès qui ont été faits. L’égalité linguistique, je pense que c’est cela que les Canadiens français veulent. C’est ça l’égalité, pour nous. À partir de ce moment-là, je crois que [...] les Canadiens français n’ont pas besoin de pouvoirs spéciaux. La théorie des deux nations n’est pas politiquement ou constitutionnellement applicable, déclare-t-il alors.


Mais si Ottawa semble ainsi tourner la page sur le rapport d'André Laurendeau, Québec, lui, n'y voit qu'un début.



Au Canada, il y a deux collectivités, deux peuples, deux nations [...] Nous avons besoin d'une nouvelle entente sur les choses essentielles.


Jean-Jacques Bertrand, premier ministre du Québec


La photo a été prise devant la maison de Claude Ryan à Montréal.

Claude Ryan en mai 1979, alors qu’il dirige le Parti libéral du Québec. Il est en compagnie du premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau.


Photo : La Presse canadienne / PETER BREGG




Le rêve trahi d’André Laurendeau


En 1971, Claude Ryan, ardent fédéraliste, écrit dans Le Devoir un éditorial ravageur, intitulé « Le rêve trahi d’André Laurendeau ». Sa thèse : la Loi sur les langues officielles constitue une trahison des idées de réformes constitutionnelles de Laurendeau.


André Laurendeau ne se serait jamais engagé dans la commission sur le bilinguisme et le biculturalisme s'il n'avait eu l'assurance que l’organisme d’enquête, loin de se confiner aux seules questions linguistiques, aborderait également le problème plus fondamental des rapports entre les deux sociétés ou les deux nations, écrit celui qui deviendra chef du Parti libéral du Québec.


M. Trudeau fut prompt à s'emparer des recommandations relatives à la politique des langues, autant il demeura muet comme carpe sur les vues exprimées dans les "pages bleues" du Livre I. Que s'est-il passé au juste? Le rêve qui inspira Laurendeau a été ainsi amputé de sa dimension collective par la commission. Le problème crucial, écrivait Laurendeau, peut se formuler comme suit : comment intégrer le Québec nouveau dans le Canada d'aujourd'hui, sans restreindre l'élan québécois, mais aussi sans risquer l'éclatement du pays? La commission B.B. portera devant l'histoire la responsabilité d'avoir brisé, après la mort de son coprésident, l'engagement qu'elle avait pris de répondre à cette question, conclut Ryan, qui tentera quelques années plus tard de réanimer l’idée d’André Laurendeau avec son Livre beige.


Marc Laurendeau se souvient très bien de cet épisode.



Le rapport a été dénaturé! Trahi! On peut dire que la commission Laurendeau-Dunton, c’est l’histoire d’une trahison. C’est l’histoire d’une déformation, d’une récupération à des fins centralisatrices. C’est triste, très triste!


Le journaliste Marc Laurendeau


Dans un studio de télévision, l'animateur André Laurendeau est assis et regarde, l'air<br>sérieux, vers sa gauche.

André Laurendeau, alors qu'il animait l'émission « Pays et merveilles » à Radio-Canada. Photo prise en novembre 1958.


Photo : Radio-Canada / André LE COZ




50 ans de maux de tête


En 1968, André Laurendeau meurt d’un anévrisme au cerveau. Ça l’a tué, dit Godfroy, petit-fils de l’intellectuel qui est venu rendre visite à son oncle Yves dans la maison ancestrale.


Il a dit un soir à la seule femme qui siégeait à la commission : ''J’aimerais disparaître''. Est-ce que c’était dû à ce qu’il voyait déjà comme un échec? Je ne sais pas. Mais il a dit ça un soir de découragement? De lassitude? Je ne sais pas..., s’interroge, plus de 50 ans plus tard, son fils Yves.


Il naviguait entre deux récifs. Il y avait d’un côté Trudeau, dont les idées allaient triompher, et il pressentait que si les idées de Trudeau triomphaient, ça allait rendre furieux de nombreux Québécois et alimenter l’indépendantisme, explique Yves. Et Godfroy de conclure : Et ça donne de sérieux maux de tête!


Mon père rêvait d’un Canada qui accepte la différence, qui vit sa dualité linguistique dans le respect et l’harmonie, explique Yves Laurendeau.


Donc, pas au Canada, déclare son neveu, avec un sourire qui en dit long sur son scepticisme. C’est ce que beaucoup pensent, admet Yves Laurendeau.


Mélanie Joly, elle, n'a pas perdu la flamme.


La question de la langue, c’est le droit à l’existence, donc c’est une question politique qui suscite de l’émotion, explique-t-elle. La question des identités évolue. En plus, elle est complexe, qu’on pense aux Métis par exemple, qui sont à la fois des francophones et des Autochtones. Les jeunes sont fascinants à écouter sur ces questions-là. Ils sont nombreux à réclamer une identité bilingue.


L’attaché de presse de Mélanie Joly regarde sa montre et fait discrètement comprendre à la ministre qu’il est temps de partir. Nous sommes à l’aube d’une campagne électorale, après tout. Et qui dit que la langue ne pourrait pas se frayer un chemin dans les débats, comme elle sait le faire depuis 50 ans?