Les éteignoirs qui nous gouvernent

Recomposition politique au Québec - 2011



Bernard Fournelle - Il ne faut pas s'arrêter de vivre et de respirer, mais force est d'admettre que les prochaines années se dérouleront sous le signe de la morosité. John-James Charest est au volant du Québec pour deux ans et les "canadians" ont confié le Canada à Stephen Harper jusqu'en 2015, au moins. C'est vous dire que l'innovation, une vision dynamique de l'avenir et le développement social, ce n'est pas demain la veille. Nous sommes entrés dans une période de stagnation pour ne pas dire une période de régression.
Lors du récent G8 à Deauville dans la France de son ami Sarkozy, notre premier ministre "canadian" a démontré toute son ouverture sur le monde en faisant son spectacle solo sur le conflit israélo-palestinien: il est maintenant le sous-fifre de Bibi Netanyahu.
Lors de l'ouverture de la session au Parlement à Ottawa, toutes ses brillantes idées auront été étalées pour rendre le Canada semblable à nos voisins du Sud de l'époque George W. Avancez en arrière comme nos valeureux chauffeurs d'autobus, du temps jadis, se plaisaient à le dire.
Et il ne faut pas compter sur la royale opposition de sa majesté pour défendre les intérêts du Québec. La question posée par les commentateurs de la scène politique est plutôt de savoir à quel jour et à quelle heure le NPD implosera.
Les médias officiels: journaux, radio, télé? Ils sont tous, ou à peu près tous, aux mains de la droite bien-pensante, c'est ce que nous appelons la convergence. Il ne faut pas compter sur eux pour servir d'opposition. Ils ne l'ont jamais fait à l'exception de quelques chroniqueurs allumés.
Il reste les médias sociaux ou les médias citoyens pour limiter les dégâts. Des exemples dans le monde nous démontrent qu'ils ont un certain pouvoir.
L'Islande a ses volcans qui jettent un brouillard sur une partie du continent européen, au Canada nous devrons composer avec un smog parlementaire permanent où la gouvernance s'apparentera à une gestion à la petite semaine. Le Canada et le Québec qui étaient considérés comme des boutiques exotiques et spécialisées sont maintenant devenus de simples dépanneurs de quartier, je m'excuse auprès du propriétaire du dépanneur de mon quartier.
En tenant compte des actions passées de notre premier ministre "canadian", il ne faut pas compter sur lui pour apporter les réponses adéquates aux problèmes d'aujourd'hui. Il privilégie le modèle néolibéral, le modèle qui nous confronte à toutes les crises depuis un certain temps. L'idéal émancipateur et le modèle de solidarité pour l'être humain, ce n'est pas sa tasse de thé: il fantasme sur la privatisation, la spéculation, le libre-marché, la sécurité délirante, le droit et l'ordre, les armes à feu, les sables bitumineux, entre autres.
Il nous impose sa révolution conservatrice en s'appuyant sur 23,9 % de la population canadienne, tel est le résultat du 2 mai dernier. Moins d'un Canadien et Québécois sur quatre a voté pour son parti. 72,1 % de la population n'a pas appuyé son programme.
En espérant que le purgatoire provenant d'Ottawa, que nous vivrons dans les prochaines années, permettra à une nouvelle génération d'émerger et de définir une vision plus dynamique de l'avenir.
Pour ce qui est de notre premier ministre québécois, le temps fait son oeuvre. La question est de savoir s'il tiendra le volant jusqu'à la fin de son mandat. Les sondages, même ceux qu'il tente d'influencer, prévoient un désastre de magnitude 9 sur l'échelle de Richter. À plus ou moins 15 % de satisfaction à son égard, il y a sûrement des Libéraux qui doivent appréhender un désastre. Pourront-ils lui indiquer la porte de sortie?
Bernard Fournelle
Granby


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