Les cailloux dans le soulier de Trudeau

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Le problème québécois de Trudeau






Ce n’est un secret pour personne. Le Québec revêt une importance encore plus grande qu’à l’habitude dans le cadre de la présente campagne électorale. Et c’est mal parti pour Justin Trudeau.




Le premier ministre sortant a déjà la lourde tâche de défendre son bilan. Il faudrait être totalement de mauvaise foi pour ne pas reconnaître qu’il y a des aspects positifs à retenir des quatre dernières années, mais il n’en demeure pas moins que la tâche ne sera pas mince.




Une dette totalement hors de contrôle, un discours incohérent sur l’environnement, un bilan mitigé sur la scène internationale, etc. Bref, Justin Trudeau ne peut rien tenir pour acquis. Cette fois-ci, sa belle gueule, l’émotion à fleur de peau et les beaux sentiments ne seront pas suffisants pour le reporter automatiquement au pouvoir.




Loi 21




Au Québec, la situation pourrait devenir encore plus complexe. Comme on l’a vu au cours des 48 premières heures de la campagne, le dossier de la loi 21 sur la laïcité de l’État pourrait heurter Justin Trudeau de plein fouet.




Au moment de chauffer les moteurs des avions et des autobus, le PLC semblait pourtant en excellente posture chez nous.




Le chef libéral espérait sans doute que sa position ambiguë quant à la soif de laïcité des Québécois lui permettrait de naviguer sans trop de difficultés au cours des 40 jours de la campagne. Or, il n’était pas question pour François Legault de s’en faire passer une p’tite vite.




Sans attendre, et avec un aplomb remarquable, le PM du Québec a exigé un engagement ferme de tous les chefs à l’égard de la nouvelle loi québécoise. Il n’en fallait pas plus pour que son vis-à-vis soit coincé.




C’est ainsi qu’hier, monsieur Trudeau a confirmé qu’il refusait d’écarter la possibilité de contester devant les tribunaux la loi sur la laïcité. Ce faisant, il démontre clairement que sa vision de notre société est diamétralement opposée à celle d’une vaste majorité de Québécois.




SNC-Lavalin




Puis, il y a le scandale SNC-Lavalin. Le premier ministre canadien espérait sans doute que la crise était belle bien derrière lui. Après tout, même un rapport dévastateur du commissaire à l’éthique qui le trouvait coupable d’avoir enfreint la loi n’avait pas réussi à freiner la remontée amorcée dans les sondages à grands coups de milliards en subventions tardives.




Mais l’actualité des derniers jours démontre que le chef du PLC n’est pas sorti du bois. Lors du Face-à-face de TVA, puis à l’occasion des deux autres débats, il aura à justifier ses agissements, au moment où la GRC enquête pour savoir si un acte criminel a été commis dans cette histoire.




La fameuse ligne de la protection des «bons jobs au Québec» pourrait finir par sonner faux, très faux. Justin Trudeau a deux gros cailloux dans son soulier. Et la marche pourrait être longue.