Le «premier député indépendantiste du Québec», François Aquin, s’est éteint

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Ces grands qui nous quittent

L’avocat et «premier député indépendantiste du Québec» François Aquin n’est plus. Il s’est éteint cette semaine à l’âge de 88 ans.


Originaire de Ville-Émard, dans le sud-ouest de Montréal, il avait fait son cours classique au Collège Sainte-Marie et était entré chez les jésuites où il a fait son noviciat. Il a plus tard été diplômé en droit à l’Université de Montréal ainsi qu’à l’Université McGill). Il a été admis au Barreau du Québec en 1956.


Dans son avis de décès, où on résume sa carrière, on rappelle qu’«il s’est fait connaître sur la scène politique du Québec, notamment en tant que président de la Fédération des jeunes libéraux du Québec (1959-1963), puis de la Fédération libérale du Québec (1963-1964)».


«Élu député libéral dans Dorion en 1966, il quitta le parti le 28 juillet 1967 et devint le 1er député indépendantiste du Québec. Il participa à la fondation du Mouvement Souveraineté-association en 1967. Il quitta la politique en 1968 pour retourner à la pratique du droit et de l’enseignement.»


Le 3 août 1967, quelques jours après sa démission du Parti libéral et de son caucus qui formait alors l’opposition officielle, il avait expliqué devant ses collègues de l’Assemblée nationale les raisons de sa démission, en outre sa perception de la signification du voyage tout récent du Général de Gaulle au Québec et de sa déclaration controversée «Vive le Québec libre!».


«Je n'ai pu, en conscience, approuver la déclaration du parti [libéral] concernant le voyage du président de Gaulle sur la terre du Québec», a-t-il dit, qualifiant la déclaration des libéraux qu’il venait de quitter de «reproche voilé mais direct au président de la République française, attaque partisane contre le chef de l'État du Québec, surenchère électorale [...]».


«Le voyage du président, les propos qu'il a tenus, la franchise avec laquelle il est allé au fond des choses constituent un événement historique et un pas en avant dans l'accomplissement de notre destin. [...] Le général de Gaulle n'est pas venu ici nous dire quoi penser ni quoi faire. Il est venu offrir l'appui de la France à la marche de notre évolution nationale. Pourquoi refuser la main tendue?»


L’année suivante, après avoir quitté la politique, Me Aquin a pratiqué le droit jusqu’en 2012 et a été chargé de cours à la Faculté de droit de l’Université de Montréal de 1969 à 1989. «Souvent conférencier, il était également l’auteur de nombreux articles et ouvrages, souligne son avis de décès. En 2009, il a reçu la distinction d’avocat émérite du Barreau du Québec. Il était aussi Fellow de l’American College of Trial Lawyers.»


Un hommage lui sera rendu le dimanche 3 décembre à 20 h au complexe funéraire Urgel Bourgie, rue Beaumont, à Ville de Mont-Royal. La famille recevra les témoignages de sympathie de 17 h à 20 h le même jour.


Selon l’ouvrage «La Mémoire du Québec», François Aquin était le cousin de l’écrivain, cinéaste et intellectuel québécois Hubert Aquin décédé en 1977.