Le pharmacien et sa religion

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Chaque chose à sa place

Je suis aussi furieuse que quand j’ai entendu la nouvelle pour la première fois il y a quelques jours. Un pharmacien travaillant pour une pharmacie Jean Coutu de Longueuil a refusé de vendre une « pilule du lendemain » à une jeune femme qui s’est présentée à son comptoir, invoquant des raisons de convictions religieuses personnelles pour refuser le service demandé. Quel culot !

Nous reconnaissons tous le droit de ce brave homme de pratiquer la religion de son choix. Il peut être bouddhiste, musulman ou chrétien s’il le désire, mais dans ses fonctions de pharmacien, son rôle n’est pas de prêcher en faveur de sa religion préférée, mais bien de servir une clientèle qui n’a pas à subir l’effet de ses convictions religieuses personnelles.

On a bien tenté de nous faire croire que la laïcité n’était qu’une affaire d’État et qu’il suffirait que les fonctionnaires et autres employés de l’État soient soumis à des règles plus strictes pour que tout le problème soit réglé. C’est fermer les yeux sur l’habitude des religions de s’infiltrer partout. Il faudra bien avoir le courage, un jour, de rouvrir ce dossier, car il est évident que si nous ne faisons rien, le problème ne va pas se régler tout seul. J’imagine qu’il n’y a pas que la pharmacie qui puisse être touchée.

Le cas de ma mère

Ma mère est morte il y a 47 ans, le 1er août 1968 à l’hôpital Notre-Dame, d’un cancer des os qu’on a découvert après une chute sur un trottoir de Verdun et une fracture de la hanche. Ce malheur était arrivé trois mois auparavant alors qu’elle sortait d’un traitement chez un chiro pour sa hanche justement et qui n’avait pas pris la précaution de faire une radio pour vérifier l’état des os de son corps, la traitant pour arthrite, disait-il. Elle a connu trois mois d’atroces douleurs sous les soins d’un oncologue, un brave homme sûrement, mais avec des convictions religieuses catholiques si profondes qu’elles l’empêchaient de prescrire les drogues qui auraient pu la soulager faute de pouvoir la guérir. Le nombre de disputes que j’ai eues avec lui sans jamais arriver à lui faire comprendre que ma mère, une femme si fière, n’était pas croyante et qu’elle n’allait jamais accepter qu’on la laisse dans cet état. Mourir dans la dignité n’avait pas commencé à faire son petit bonhomme de chemin. Il faudra attendre 47 ans avant que l’on commence à en parler. Et l’oncologue croyait qu’il fallait souffrir pour gagner son ciel.

Je ne sais pas s’il y a encore des oncologues catholiques, mais je n’ai certainement pas besoin d’un pharmacien qui m’impose sa religion et à qui je n’aurais rien demandé d’autre que de faire son travail de pharmacien. La religion n’a pas sa place sur les lieux de travail, à la pharmacie comme dans les garderies ou les universités ou pire, en médecine. Qu’on pratique sa religion chez soi, ou dans les églises, ou à la mosquée, mais tout le reste est laïque.

Mon intention n’est pas de relancer le débat sur le sujet de la laïcité, mais il faut réfléchir au défi que pose le vivre-ensemble en se respectant les uns les autres. Ça devrait être la fin du « Mon Dieu est plus fort que le tien ». Ça ne nous mènera nulle part.

Les élections canadiennes

J’espère que vous ne vous attendiez pas à ce que je vous parle déjà des élections auxquelles nous serons convoqués après 78 jours de campagne électorale. On aura le temps. La politique et les politiciens en général prennent tellement de place, tout le temps, qu’on a le sentiment d’étouffer à force de les porter sur nos épaules. Ils sont envahissants et ma foi, pas drôles du tout.

La dernière nouvelle, c’est qu’il y aura 30 sièges supplémentaires à la Chambre des communes. Trente députés de plus à élire en octobre. Sauf que ce chiffre va réduire encore plus l’influence du Québec à Ottawa. Trois des nouveaux siègent seront ajoutés pour le Québec, 15 pour l’Ontario et le reste pour les autres provinces. Ça fait bien des années que le rapetissement du Québec est en marche. Les Canadiens s’essoufflent parfois, mais ils ne lâchent pas.

Il y aura des discours et des promesses qui vont être répétés jusqu’à plus soif pendant 78 jours. Moi, je me suis enregistré le discours du président Obama lundi dernier quand il a mobilisé toutes les bonnes volontés américaines pour combattre avec détermination les terribles effets du réchauffement de la planète. Sa plus belle phrase a été la suivante : « Nous sommes la première génération aux prises avec le réchauffement de la planète et nous sommes la dernière génération à pouvoir y changer quelque chose… car après, ce sera trop tard. » Pour moi, 78 jours de discours d’Obama, ce serait parfait parce qu’il parle vrai. Ça motive.


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