PRIÈRE

Le maire de Saguenay se pliera au jugement, mais à contrecoeur

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Respect du jugement certes mais pour le reste, complètement bouché le maire

La mort dans l’âme, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a indiqué jeudi qu’il allait se plier à la décision de la Cour suprême interdisant la prière dans les conseils municipaux. Il s’en est pris du même souffle à l’indolence de Québec et d’Ottawa dans la défense des valeurs des « vrais Québécois ».

« On va arrêter la prière, c’est sûr. Mais je ne peux pas être en accord non plus, après m’être battu aussi longtemps », a-t-il dit.

Le maire aurait souhaité l’aide des gouvernements supérieurs pour défendre le prétendu droit à la prière des élus dans les conseils municipaux.

« Le gouvernement du Québec, on leur a parlé au début. La patate était chaude un peu et ce ne sont pas tous des braves », a lancé le maire catholique.

« Il faut être vigilant pour que nous, on conserve nos acquis, a-t-il enchaîné. Là, on est après s’effriter, surtout les Québécois. Les autres, je ne les ai pas vus se faire attaquer bien fort ces temps-ci et se défendre. Mais les vrais Québécois, avec notre histoire, on n’est pas tellement actifs pour se défendre. »

Le maire Tremblay ne comprend visiblement pas les principes à l’oeuvre dans l’arrêt unanime rendu mercredi par la Cour suprême.

Selon la Cour, le droit à la liberté de conscience et de religion, garanti par la Charte canadienne des droits et libertés, exige de l’État « qu’il ne favorise ni ne défavorise aucune croyance, pas plus que l’incroyance ».

« Tout le monde veut que l’État soit neutre, mais être neutre, ce n’est pas nécessairement rejeter les religions », estime au contraire le maire Tremblay.

Intervention réclamée

M. Tremblay invite les gouvernements à intervenir pour préserver les valeurs et traditions religieuses du Québec. Il invite le premier ministre, Philippe Couillard, à résister à la tentation de décrocher le crucifix de l’Assemblée nationale.

Les propos alarmistes du maire Tremblay ont trouvé un écho jusqu’à Louiseville. Le maire Yvon Deshaies, déjà favorable au retour de la peine de mort, craint d’être submergé par les femmes portant le niqab ou la burka.

« Maintenant, il faut que les Québécois se tiennent debout et disent : ça fait. Tantôt, nos Québécoises vont se promener avec le niqab. […] On va se faire envahir et on ne sera plus chez nous », a prédit le maire Deshaies.

Tout comme la Ville de Saguenay, Louiseville respectera la décision de la Cour suprême.


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