Le débat sur les transferts fédéraux a des échos à Ottawa

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Charest et Harper - des bouffons qui se moquent avec légèreté de la péréquation ... inscrite dans la constitution canadian (Vigile)

Isabelle Rodrigue - L'affrontement entre Jean Charest et André Boisclair sur les transferts fédéraux au lendemain de l'élection du Parti québécois (PQ) n'a pas baissé d'un cran lundi, et a eu des répercussions jusque dans la capitale fédérale.
Ne se laissant pas démonter par l'attaque virulente du chef péquiste André Boisclair à son endroit, le chef du Parti libéral, Jean Charest, a maintenu, lundi, que les transferts financiers fédéraux pourraient être menacés advenant un référendum.
En parallèle de ce deuxième jour d'affrontement sur le même thème entre les chefs du PQ et du Parti libéral du Québec (PLQ), le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, a poursuivi sur le rythme qu'il s'impose d'une annonce quotidienne, cette fois en promettant l'abolition des commissions scolaires.
M. Dumont, qui faisait campagne au Saguenay-Lac-Saint-Jean, a indiqué qu'un gouvernement adéquiste abolirait la taxe scolaire pour transférer ce champ fiscal aux municipalités qui seraient alors responsables de l'entretien des bâtiments et du transport scolaire.
«On fait le ménage dans tout ce qui existe», a illustré M. Dumont, dont la suggestion a rapidement été dénoncée par la Fédération des commissions scolaires du Québec qui la trouve «utopique».
Si M. Dumont tentait d'imposer le thème de l'éducation en ce sixième jour de campagne électorale, le PLQ avait ciblé la santé en soulignant qu'il s'engageait à embaucher 1500 médecins et 2000 infirmières pour faire face aux besoins.
Quant au chef du PQ, de passage sur la Côte-Nord, il désirait parler de développement hydroélectrique et d'emplois dans les régions, régions négligées par le gouvernement libéral sortant, a-t-il argué.
Mais ce sont surtout les échanges musclés sur les transferts fédéraux qui ont retenu l'attention.
Pressé de questions lundi, M. Charest n'a pas eu d'autre choix que de s'expliquer.
S'il s'est fait un peu plus clair sur ses propos de samedi où il soutenait que les milliards de dollars destinés au règlement du déséquilibre fiscal ne seraient peut-être pas versés au Québec dans l'éventualité où le PQ prendrait le pouvoir, il a continué à entretenir l'inquiétude.
«Les choses continuent comme la veille le lendemain d'une élection (du PQ)», a admis le chef libéral, s'empressant néanmoins d'ajouter que les transferts fédéraux, notamment les paiements de péréquation, «n'existeront plus, ne seront plus là le jour où le Parti québécois fait un référendum et cherche à créer l'indépendance».
La veille, M. Boisclair avait vilipendé M. Charest, l'accusant de se livrer à du «chantage» avec la collaboration du premier ministre conservateur, Stephen Harper.
Lundi, il persistait. «Les accusations que j'ai faites, je les maintiens, a tonné M. Boisclair. Il y a des hommes politiques en fonction dans ce moment qui maintiennent de l'ambiguïté sur ce qui va arriver, au lendemain de notre élection, des transferts. M. Harper refuse de préciser sa pensée et M. Charest, sur le bout des lèvres, se résignerait apparemment à rappeler que l'argent va rester là. Je ne veux pas de déclaration sur le bout des lèvres.»
L'affrontement a eu des échos jusque dans la capitale fédérale où, aux Communes, le Bloc québécois a questionné le gouvernement sur ses intentions dans l'éventualité de l'élection du PQ le 26 mars. M. Harper s'est néanmoins bien gardé de mettre son nez dans la campagne électorale québécoise.
«C'est un débat intéressant», a dit M. Harper lors d'une conférence de presse portant sur l'Afghanistan. Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, qui doit déposer son budget le 19 mars, a néanmoins précisé qu'il n'y avait qu'une seule version du budget en préparation.
Le DGE sort les crocs
Le bureau du Directeur général des élections (DGE) a serré la vis pour la première fois de cette campagne, lundi, lançant un avertissement aux fédérations étudiantes qui s'apprêtent à faire une tournée des campus avec leur caravane du gel. Le DGE répondait à une plainte du Parti libéral.
Dans une lettre officielle, le DGE a indiqué aux étudiants qu'ils risquaient de contrevenir à la Loi électorale s'ils poursuivaient leur tournée. L'avertissement n'a pas eu l'effet escompté, les fédérations indiquant avoir l'intention de poursuivre leurs activités tout en faisant preuve de prudence.
Par ailleurs, Québec solidaire a plaidé une fois de plus, lundi, pour que sa porte-parole Françoise David soit présente dans le débat télévisé des chefs, allant jusqu'à inciter le DGE à plonger dans la discussion.
Sur ce sujet, le bureau du directeur des élections n'a pas bronché. « Le directeur général des élections respecte complètement cette liberté des médias et n'interviendra pas dans les relations entre les partis politiques et le consortium des médias qui organise le débat des chefs», a déclaré le porte-parole du DGE, Denis Dion.


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