Le Canada, un « corps étranger » ? c’est pire que vous pensez!

Tribune libre

Le Canada, un « corps étranger » ? C’est pire que vous pensez!
16/12/2013 par Jean-François Lisée
http://jflisee.org/le-canada-un-corps-etranger-cest-pire-que-vous-pensez/
Quelle est-elle? Sans revenir au passé — crise d’octobre, imposition d’une constitution contre notre gré, pratiques antidémocratiques pendant les référendums de 1980, puis de 1995, scandale des commandites, etc. — la simple revue des dossiers courants est accablante pour notre voisin canadien:
Depuis 2004, et pour la première fois de notre histoire, une majorité de Québécois, toutes langues confondues, s’estiment d’abord Québécois, plutôt que d’abord canadiens.
Pire, l’attachement au Canada est en régression forte, surtout chez les 18-24 ans.
J’ai traité de ces questions en détail dans deux billets:
Ici pour la population en général
Ici pour les jeunes Québécois

Mais il y a aussi une tendance à la Déquébécisation du Canada, porté par le fait que, pour la première fois de son histoire, une majorité des Canadiens hors Québec (61 %) estiment que le Canada se porterait mieux si le Québec partait. (Voir ici)
C’est donc dire — et ne le prenez pas mal — que pour une part croissante de nos voisins, le Québec apparaît de plus en plus comme un corps étranger…

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Laurent Desbois92 articles

  • 64 193

Ex-franco-hors Québec, d’origines métis et acadienne, fier Québécois depuis plus de quarante ans, et canadian… par la force des choses et temporairement …. sur papiers seulement!





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3 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    17 décembre 2013

    Vous dites:
    "Pire, l’attachement au Canada est en régression forte, surtout chez les 18-24 ans."
    -Par contre, je me demande si ce n'est pas parce que l'attachement des 18-24 tend vers de plus grands blocs que le Canada, comme le bloc nord-américain par exemple, qui comprend les États-Unis; ou l'on peut avancer l'autre hypothèse qui serait que la société est devenue tellement individualiste qu'il n'y a plus de sentiment d'appartenance?
    Ne le remarque-t-on pas à la baisse d'intérêt des mêmes jeunes pour la culture francophone du Québec.
    Étonnant le nombre de jeunes qui n'écoutent que de la musique en anglais, ne connaissent que des artistes et des acteurs américains.
    Même les jeunes Québécois de souche qui font de la musique chantent de plus en plus en anglais.
    Et c'est la même chose au point de vue social et économique. Certains jeunes à qui j'ai parlé du revenu de citoyenneté universel que préconisait le regretté Michel Chartrand ne semblaient pas prendre au sérieux une telle mesure et en ricanaient.
    Moi, à cet âge-là, j'aurais pourtant pris très au sérieux une telle proposition de revenu universel et aurait souhaité sa réalisation.
    Le chacun pour soi et le "au plus fort la poche" du Système semblent avoir fait leur oeuvre chez notre "belle jeunesse".

  • Marcel Haché Répondre

    17 décembre 2013

    Pour le vertueux Canada,le Québec est une régression, un goulag de la pensée.
    Il suffirait qu'un gouvernement québécois décidé teste cette vertueuse et prétentieuse institution pour qu'elle s'écroule comme un tigre de papier.
    Nous agissons d'une certaine façon parce que Nous pensons encore comme si Nous étions au lendemain de la Conquête, la dernière conquête ayant été évidemment le référendum de 1995. Nous sommes encore dans une mauvaise spirale. Ce n'est pas étonnant que le Canada veuille Nous y maintenir. C'est plus étonnant que des indépendantistes veuillent toujours reprendre les vieilles batailles, et selon les mêmes stratégies qui Nous ont précisément précipité dans cette mauvaise spirale.

  • Jean-Claude Pomerleau Répondre

    17 décembre 2013

    Mon commentaire à Robitaille (Le Devoir) qui reprochait le ton employé par Lisée :
    ….
    La dynamique politique de la rupture
    Sans doute M Lisée aurait pu utiliser des termes plus neutres mais, il faut admettre qu’il ne fait qu’un constat.
    Le Canada se définit sans et contre le Québec. Avec le mandat de gouvernance souverainiste, le Québec entreprends de se définir sans égard pour le Canada. Dans la mesure où cette démarche est effective, nous aurons deux États qui s’éloignent l’un de l’autre (pour des raisons de divergences d’intérêts, qui guident la politique des États). Bref une dynamique politique de la rupture sur laquelle les acteurs politiques et les commentateurs n’ont que peu de prises, encore faudrait il qu’ils la comprennent.
    Pour ceux qui sont encore sur la fixation référendaire. Avec le mandat de gouvernance souverainiste, le seul qui suffit dans le cadre des institutions parlementaires britanniques pour faire la souveraineté, nous sommes dans un changement de paradigme : ce n’est pas le référendum qui mène à la souveraineté mais, la souveraineté qui mène au référendum.
    Tout dépendra de l’intelligence avec laquelle la stratégie de la rupture sera mené. Pour le moment le Parti Québécois part de loin, néanmoins il contrôle l’agenda…
    ...
    JCPomerleau