Le Rapport mondial sur le développement humain

Le Canada est épinglé par l'ONU pour sa performance en environnement

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De Kyoto à Bali

Ottawa -- Dans un geste d'éclat, l'Organisation des Nations unies (ONU) a épinglé le Canada hier pour sa piètre performance dans la lutte contre les changements climatiques.

Le Rapport mondial sur le développement humain rendu public hier par l'ONU s'attarde cette année sur le réchauffement de la planète, un phénomène qui pourrait miner le développement de plusieurs pays. Dans ce classement annuel des pays les plus développés du monde, le Canada passe cette année de la 6e à la 4e place, laissant les premières positions à l'Islande (1er), à la Norvège (2e) et à l'Australie (3e). L'Irlande est 5e, alors que les États-Unis sont 12e.
Avec des classements aussi avantageux, l'ONU n'hésite pas à montrer du doigt le Canada, l'Australie et les États-Unis pour leur inaction en matière de changements climatiques. Le Canada, seul signataire du protocole de Kyoto dans ce trio, écope davantage. Un encadré complet sur la situation canadienne permet à tous les pays de constater l'écart entre les paroles du Canada et ses actions.
«Le Canada est depuis longtemps un chef de file mondial pour les problèmes environnementaux en rapport avec l'atmosphère. Le maintien de cette tradition requerra des décisions ardues», peut-on lire. «Le Canada est peu susceptible de remplir ses engagements du protocole de Kyoto», ajoute l'ONU, qui mentionne que les GES ont augmenté de 27 % depuis 1990, alors qu'ils doivent baisser de 6 %.
Un cas extrême
Dans un autre chapitre du rapport, l'ONU apostrophe les pays développés, dont le Canada, qui se vante de faire des efforts importants pour combattre les gaz à effet de serre (GES). «Les objectifs ne seront crédibles que s'ils sont soutenus par des politiques claires. L'histoire dans ce domaine n'est pas encourageante. La plupart des pays développés sont en retard sur leurs objectifs selon le protocole de Kyoto. Le Canada est un cas extrême.»
L'ONU ajoute que les politiciens n'agissent pas conformément leurs discours. «Le changement climatique confronte l'humanité à la nécessité de changements radicaux. [...] Même si les gouvernements recourent à l'artifice de la "crise mondiale de la sécurité" pour décrire la question du changement climatique, leurs actions -- et leur absence d'action -- concernant la réforme de la politique énergétique ne correspondent pas à leurs déclarations.»
L'organisme mondial soutient que les pays riches doivent en faire plus. «Les pays développés doivent prendre les devants. Ils portent la responsabilité historique du changement climatique. Ils ont les ressources financières et les capacités technologiques nécessaires pour une réduction profonde et immédiate des émissions», dit l'ONU, qui ajoute que ce principe «ne veut pas pour autant dire que les pays développés n'ont rien à faire».
Réactions
À Ottawa, le ministre de l'Environnement, John Baird, a dit comprendre la réaction de l'ONU, mais rejette la faute sur les libéraux. «Je sais bien que l'ONU n'est pas heureuse avec les actions du Canada, avec le gouvernement précédent, parce que les gaz à effet de serre ont augmenté, a-t-il dit. C'est essentiel de faire notre part. Mais c'est aussi important d'avoir de l'aide. On a besoin des États-Unis, de la Chine et de l'Inde si on veut avoir une vraie lutte contre le réchauffement climatique.»
De leur côté, les partis d'opposition aux Communes estiment que Stephen Harper est le grand responsable de ce rapport peu flatteur. «Le Canada doit être un leader, un meneur et actuellement, au contraire, on fait partie du problème, mais pas de la solution», a dit le chef libéral Stéphane Dion.
Le leader du NPD, Jack Layton, juge le rapport de l'ONU humiliant pour le Canada. «C'est la première fois que l'ONU choisit le Canada [comme exemple] pour dire aux pays de changer de direction.»


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